12.06.2007

Suggestions de lectures 5

Puisque vous avez désormais le temps en principe, je vous propose les lectures suivantes :

Un régime de président, par Dominique Rousseau

Vladimir Poutine, adepte de la "souveraineté limitée", par Daniel Vernet

11.06.2007

Sur la quatrième et la Cinquième République

Un  oubli de ma part : en rangeant mon disque dur j'ai trouvé ces schémas et organigrammes qui pourraient vous être utiles :

regimeparlementaire.JPG

regimepresidentiel.JPG

regimesemipres.JPG

legenderegimes.JPG

 4republique.JPG

5republique.JPG

legende.JPG

Bonus :

UE.JPG

09.06.2007

Suggestion de lecture 4

Lauriane vous propose d'accéder aux vidéos suivantes :

 http://www.dailymotion.com/video/xcfob_dessous-des-cartes...

http://www.dailymotion.com/video/x7l2v_le-dessous-des-car...

http://www.dailymotion.com/video/xnp5_asie-orientale-nepa...

http://www.dailymotion.com/relevance/search/dessous%2Bdes...

Il s'agit d'utiles présentations de questions traitées cette année.

Dernière proposition avant épreuve.

En principe, le blog ne devrait pas évoluer d'ici mercredi afin de rester cohérent en contribuant à votre repos avant l'épreuve :

Pour terminer, je vous propose un dernier croquis : 

Suggestion de lecture n°3

Dernière suggestion de lecture avant la pose du dimanche : Cet article du "Monde" concerne la leçon sur la 5ème République et son évolution. Cliquez ici :

08.06.2007

Quizz 3

Un dernier pour la route. Il concerne la Cinquième République.

Cliquez ici 

 

07.06.2007

Exposition sur la Déportation à Auch;

Pour les élèves de première et de terminale à voir à Auch aux Archives Départementales ( Hotel du Département)

L'exposition sur la Déportation proposée par l'ONAC ( Office National des Anciens Combattants). Les questions de la mémoire du Génocide et du procès de Nuremberg y sont posées de façon intéressante.

 

Suggestion de lecture 2

A la suite du cours sur la politique étrangère de la France : la France dans le monde , vous pouvez lire cet article du Monde sur la France et l'OTAN.

Quelle place pour la France dans l'OTAN ?, par Leo Michel

Valable pour les TS, les TES.

06.06.2007

Le monde et les relations internationales depuis 1970

Vous pouvez désormais vous tester sur le monde et les relations internationales de 1970 à nos jours :

cliquez ici

suggestions de lectures

Le Monde :

Poutine agite le spectre de la guerre froide

 Les cicatrices de la guerre de six jours

1967-2007 : la Palestine démembrée

Sommet du G8 : initiative de George Bush sur le climat 

Il y a soixante ans, le plan Marshall, par Daniel Vernet

05.06.2007

Quizz

Testez vos connaissances sur ce quizz concernant les modèles et leur confrontation

04.06.2007

Mars 68-juin 68 : quelle interprétation peut-on avoir de mai 68 en France ?

Un complément utile en TES comme en TS :


Comment interpréter les événements de mai 68 ?
En mai 68, la France est agitée par un mouvement d’une grande ampleur.
Comment interpréter les événements de mai 68 ?

I 22 mars-13 mai : d’abord une crise universitaire
a) Le contexte
National :
La crise correspond d’abord à l’arrivée en nombre de la génération du baby-boom dans des facultés mal préparées à l'accueillir. Le nombre d’étudiants et de lycéens à triplé à dix ans . Une partie du monde étudiant est alors parcourue par des idéologies d'extrême gauche qui contestent la société capitaliste. (trotskistes de la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), maoïstes de l'UJC-ML (Union des jeunesses communistes-Marxistes léninistes) et du Parti communiste marxiste léniniste français (PCMLF)).
International.
L’Allemagne de l'Ouest, l'Italie, les États-Unis, notamment, connaissent eux aussi des mouvements de contestation de la jeunesse. Il s'inscrit dans une crise internationale qui a pris naissance aux Etats-Unis : en septembre 1964, sur le campus de Berkeley, le Free Speech Movement lance la protestation contre la guerre du Viêt-nam.
b) Vers l’affrontement.
L'agitation estudiantine est animée par divers mouvements gauchistes et leurs leaders ( Cohn-Bendit, Jacques Sauvageot (UNEF) ). Des incidents éclatent en mars à la faculté de Nanterre. La multiplication des incidents à Nanterre conduit à la fermeture de l'université, le 2 mai. Des heurts entre étudiants et policiers à Paris déclenchent le mouvement. En quelques jours, les universités sont paralysées par la grève. Dans la nuit du 10 au 11 mai, une première « nuit des barricades » est l'occasion d'affrontements violents au Quartier latin.

II 13 mai-29 mai : une crise qui devient sociale.
a) La crise s’étend au monde du travail.
Pour protester contre la répression policière (500 arrestations), les syndicats organisent une journée de grève le 13 mai. La crise devient sociale, car les grèves se prolongent. En quelques jours, la plupart des entreprises françaises se mettent en grève et sont souvent occupées par leurs salariés. On compte 7 millions de grévistes déclarés (sans compter les salariés en chômage technique, ou bloqués par le manque de transports). Après une deuxième « nuit des barricades »le 24 mai, la crise sociale paralyse la France.

b) Les accords de Grenelle, une issue manquée.
Le Premier ministre, Georges Pompidou, négocie avec les syndicats et le patronat, mais les accords de Grenelle (27 mai 1968) qui prévoient des augmentations de salaires (SMIG augmenté de 35 %, salaires de 10 %, promesse de réduction de la durée hebdomadaire du temps de travail) n'enrayent pas le mouvement de grève. En effet, le jour même, la base ouvrière repousse ces accords et poursuit la grève. La crise semble totale et le régime est en danger.

c) L’union manquée.
Les étudiants de l'UNEF, avec le PSU et la CFDT, organisent un meeting au stade Charléty le 27 mai. 30 000 personnes y assistent, en présence de Pierre Mendès France (qui cependant ne prend pas la parole). Mais le PCF est très méfiant devant un mouvement qu'il ne contrôle pas. Enfin les partis de gauche ne parviennent pas à s’entendre. Les syndicats traditionnels se sentent débordés.

d) La contestation du modèle social.
La société de consommation est contestée. L'épanouissement de l'individu, son droit au bonheur sont exaltés. On s’oppose la rigidité des hiérarchies et à la discipline. Cela aboutit à une remise en cause du modèle autoritaire dans la famille, à l'école, dans l'entreprise, dans l'État, dans les Églises, dans toutes les organisations et structures sociales. C'est pourquoi les structures revendicatives anciennes, la gauche, les syndicats, sont en décalage avec ce mouvement nouveau.

III Une crise politique.
a) Une crise institutionnelle.
L'État semble incapable de maîtriser la situation. Le 29, De Gaulle « disparaît » durant quelques heures. On, apprendra par la suite que De Gaulle a rencontré à Baden-Baden le général Massu commandant en chef des armées françaises en Allemagne. (pour rétablir l’ordre par la force ?). François Mitterrand déclare le même jour qu'il est prêt à succéder à De Gaulle . La crise est devenue politique.

b) De Gaulle reprend la main.
A son retour le 30 mai, De Gaulle annonce à la radio qu'il dissout l'Assemblée. Le même jour, en fin d' après-midi, un impressionnant défilé rassemble ses partisans aux Champs-Élysées. L'opinion, d'abord plutôt favorable au mouvement de Mai s'inquiète d'une crise qui n'en finit pas. A l’occasion des élections législatives du 23 et 30 juin, l'Union pour la Défense de la République (UDR-parti gaulliste) - qui a remplacé UNR - obtient 294 sièges sur 487. C'est un triomphe pour la droite et, apparemment, les gaullistes sortent renforcés de l'épreuve.

Conclusion :
Mai 68 est donc en même temps ou plutôt successivement une crise estudiantine, sociale et politique. La France n’est pas le seul pays à être agité en 68 ,mais c’est le seul où cette contestation multiforme débouche sur une crise politique d’une telle ampleur. Le mouvement de mai 68 échoue parce que l’union de ses acteurs n’est pas faite et parce que De Gaulle joue habillement de l’inquiétude des français. On peut se poser la question des conséquences de mai 68 , de son héritage.

Quelques conseils :

 

Les dix commandements du candidat en Histoire-Géographie

1 Des impasses dans les révisions, tu ne feras pas.

2 Des plans détaillés de sujets, tu prépareras.

3 Tes  manuels, tu reliras.

4 Avant l'épreuve, tu te reposeras.

5 Ton matériel de cartographie, tu posséderas.

6 Le sujet, tu analyseras.

7 Dans ton développement, tu argumenteras.

8 A la problématique, tu répondras.

9 Ta copie, tu reliras.

10 L'ensemble des heures, tu exploiteras.

 

Application du commandement 2.

Attention les idées de préparation ne sont pas des pronostics. Mais il vous est fortement conseillé de préparer ces sujets pour ne pas vous trouver dans la situation suivante : j’en été sûr(e) mais je n’ai rien préparé.

 

Commençons par l’Histoire. Je rappelle que la majeure c’est 60 % de la note. 

   

Idées de sujets à préparer en Histoire TES :  

(épreuve longue)

Les modèles idéologiques et leur confrontation.  de 45 à nos jours.

Le monde depuis 1991 : un monde de paix  ou le monde depuis les années 70 .  

Proposition de plan :

I Vers de nouvelles relations internationales ( 1970 –1989)

Le rafraîchissement des relations entre les deux grands (l’invasion de l’Afghanistan, la crise des euromissiles).

L’apparition de nouveaux périls. (les conflits au Proche-Orient et dans le Tiers-Monde, l’affirmation de l’islamisme)  

II L’effondrement du bloc communiste. ( 1989-1991)

1989 : la fin des démocraties populaires

1991 : la dissolution de l’URSS.

III La mise en place d’un nouvel ordre mondial.

L’affirmation de la superpuissance américaine, un monde unipolaire.

Une vision du monde contestable et contestée.

Un monde qui n’est pas pacifié ( terrorisme international, Proche-Orient, menace nucléaire).

Autres sujets :  

L’évolution politique de la France de 45 à nos jours. La France de 45 à nos jours :  l’évolution politique.

La construction européenne. Vous pouvez aussi préparer une fiche sur les démocraties populaires ( 45-89)

Bilan et mémoire de la seconde guerre mondiale ( Avoir en tête, le bilan chiffré, définitions mémorisées)

Idées de sujets à préparer en Géographie TES

(Forte présomption de croquis). N’oubliez pas l’importance de la nomenclature.

La Russie : un espace en recomposition.

L’espace méditerranéen.

Mondialisation et interdépendance : une participation inégale. L’inégale participation du monde à la mondialisation.

La façade Atlantique de l’Amérique du Nord. Une interface dans la mondialisation. Ce sujet était initialement prévus pour la session de juin 2005 mais il n’a pas été donné.

Organisation du territoire et puissance de l’Union européenne.

La mégalopole japonaise. 

Idées de sujets à préparer en Histoire TS :  

Le nouvel ordre mondial  ou le monde depuis 1991.

La colonisation européenne et le système colonial ou origines et manifestations de la colonisation européenne.

La guerre froide (1947-1991)

1958-2007 :La cinquième république.

De 45 à nos jours : la France est-elle restée une grande puissance ? ( Voir dernière leçon)

Idées de sujets à préparer en Géographie TS :

Les centres d'impulsion d’une économie mondialisée ( sujet bac blanc)

La façade Atlantique des Etats-Unis : interface et centre d’impulsion.

La mégalopole japonaise : centre d’impulsion et interface.

Application des commandements 6, 7 et 8.

Analyse du sujet :

Je vous rappelle que le hors sujet est l’un de vos principaux défauts. Alors analysez le sujet et posez vous toujours la question suivante : suis-je bien en train de répondre à la problématique ? 

Quelle que soit la nature de l’épreuve vous devez analyser le sujet. La nature du sujet détermine, les plans des réponses organisées et des compositions, et la fin des réponses dans l’étude d’un ensemble documentaire.

La composition

Dans une composition  l’analyse permet de construire l’introduction. ( Rappel 1/5) du devoir)

Exemple :

En 68 des mouvements protestataires animent de nombreux pays. Ils succèdent au mouvement né en 64 aux Etats-Unis. Ils agitent également l’Allemagne de l’ouest, l’Italie. Mais, en France, le mouvement prend une dimension particulière. La révolte estudiantine aboutit à une paralysie de la France et à un profond trouble politique.

L’évolution des événements en mai-juin 68 permet-elle de proposer plusieurs interprétations cette crise ? ( Privilégiez une seule phrase).

Il apparaîtra que mai 68 est d’abord une crise estudiantine entre le 22 mars et le 13 mai. Ensuite avec l’appel à la grève des principaux syndicats, la crise prend une dimension sociale. Incapable de résoudre cette crise sociale, le gouvernement sombre dans une crise politique dont il ne sort qu’en juin à la suite d’élections législatives.

Lorsque vous rédigez votre première partie commencez par annoncer son contenu : 

                Les événements de mai 68, débutent par une crise estudiantine qui dégénère.

Dans les parties, adoptez la règle suivante : Un paragraphe = un argument + au moins un exemple.

L'agitation estudiantine est  animée par divers mouvements gauchistes (d'inspiration trotskiste, maoïste, anarchiste) et leurs leaders ( Cohn-Bendit, Jacques Sauvageot (UNEF) ).

  Des incidents éclatent  en mars à la faculté de Nanterre. La multiplication des incidents à Nanterre conduit à la fermeture de l'université, le 2 mai. En quelques jours, les universités sont paralysées par la grève.

Des heurts entre étudiants et policiers à Paris déclenchent le mouvement. Dans la nuit du 10 au 11 mai, une première « nuit des barricades » est l'occasion d'affrontements violents au Quartier latin.

Proposez une conclusion de partie et une transition . 

                Les premiers incidents ont donc lieu dans les facultés et aboutissent à de profonds affrontements. Face à ses violences comment réagissent les français? Quel que soit l’exercice rédigez simplement. Faites des phrases courtes. Faites « simple », c’est la technique la plus facile pour impressionner un examinateur.

La conclusion : Elle représente 1/5 du devoir.

Elle doit répondre clairement à la problématique.

N’hésitez pas à faire un bilan assez détaillé du développement. Pour valoriser votre copie adoptez pour faire le bilan du développement un autre plan pour reprendre les points essentiels de votre démonstration.

Creusez vous la tête pour proposer un élargissement du sujet pertinent. Il faut faire preuve là d’imagination et de logique.

Astuce : si une demi heure avant la fin de l’épreuve vous croyez avoir terminé, c’est là que vous avez des points à gagner. Mais attention ce n’est pas dans la conclusion que vous pouvez faire apparaître une idée nouvelle.

EED.

Dans les réponses aux questions, commencez par reprendre la question posée et en conclusion montrez que la réponse permet de répondre à la problématique.

1/             Les documents 1 et 2 se complètent dans le mesure où ils font apparaître les différents aspects des événements de mai 68. Le document 2 insiste sur l’origine estudiantine du mouvement et sur la dimension sociale acquise par la suite. Il évoque aussi les critiques politiques qui se manifestent à l’occasion de ce mouvement. Il s’agit de l’opposition au gaullisme par exemple.

Sur ce point, le document 1 complète le document 2 en décrivant la crise institutionnelle. En outre, il confirme le fait que mai 68 est aussi une crise sociale.

Les deux documents permettent donc d’interpréter mai 68 comme un mouvement à trois dimensions.

Il s’agit aussi dans les réponses de montrer que vous maîtrisez les notions.

Commentaire de document.

La présentation doit , même si ce n’est pas demandé, faire référence au contexte.

Ce texte est un extrait des mémoires de Raymond Aron publiées en 1983 par les éditions Julliard. Raymond Aron est un philosophe et sociologue français qui s’est attaché à refuser toute allégeance au marxisme et à promouvoir une pensée libérale. Il ne peut donc pas être soupçonné de sympathie pour les mouvements gauchistes de 68.

Dans cet extrait, l’auteur évoque François Mitterrand, or, celui-ci est alors au pouvoir( depuis 1981).

Les réponses doivent comprendre des paragraphes dont la structure est la suivante :

Un argument.

Une ou des citations du document.

Un complément. Il s’agit de confirmer ou de contredire le contenu du document.

                Dans cet extrait Raymond Aron donne une interprétation complète mais déséquilibrée des événements de mai 68.

                Il évoque en effet brièvement le mouvement étudiant. Il mentionne en effet « les palabres estudiantines » dans le dernier paragraphe. Il est vrai que les facultés de Nanterre ou de la Sorbonne sont agitées par de longs débats enflammés qui concernent la poursuite du mouvement, sa dimension politique et sociale. Mais , le mouvement étudiant revêt d’autres aspects. C’est en effet, dès mars 1968 dans les facultés que débutent les événements. Les affrontements avec les forces de l’ordre dégénèrent et dans un premier temps l’opinion publique se montre plutôt solidaire des étudiants. 

                Dans le premier paragraphe l’auteur met l’accent sur la dimension sociale du conflit.  Il parle d’ « explosion sociale », d’ouvriers qui « occupent  leur lieu de travail et entretiennent avec soin leurs machines ». il mentionne que la grève s’étend aux services publics. Il est vrai que suite aux violences policières, les syndicats annoncent une journée de grève le 13 mai. Cette grève finit par durer et  se prolonge jusqu’à la fin mai.

                Par contre l’auteur insiste sur la dimension politique des événements. En évoquant le « départ du Général « C. De Gaulle, Raymond Aron fait référence à la disparition de celui-ci parti rencontrer Massu, le 29 mai à Baden-Baden. En présentant les prétentions de F.Mitterrand dans le deuxième paragraphe, l’auteur n’ignore pas que celui-ci se présente le 29 comme un successeur possible dans cette période de vacance du pouvoir.

Dans cet extrait, l’auteur met  donc en avant la crise politique et institutionnelle que traverse la France. Il ne met pas de la même façon l’accent sur les différentes dimensions des événements de 1968.

L’oral.

Instructions officielles : B.O. 2003 n°7 du 12 février 2004 - sommaire

Durée : 20 minutes.
Temps de préparation : 20 minutes.
L’épreuve porte à la fois sur le programme d’histoire et de géographie. L’examinateur propose deux sujets au choix du candidat. Chaque sujet comporte une première partie, soit en histoire, soit en géographie, qui fait l’objet de l’interrogation principale et une seconde partie dans l’autre discipline qui fait l’objet d’une interrogation plus rapide.
Les sujets portent sur des thèmes majeurs ou ensembles géographiques du programme. Ces sujets peuvent être accompagnés d’une brève chronologie, de documents, d’une carte ou d’un fond de carte.
L’évaluation des réponses de chaque candidat est globale et doit utiliser tout l’éventail des notes de 0 à 20. L’examinateur évalue la maîtrise des connaissances et la clarté de l’exposition. Le questionnement qui suit l’exposé peut déborder le cadre strict des sujets proposés et porter sur la compréhension d’ensemble des questions étudiées.

Conseils évidents :

Au sortir des épreuves écrites, même si vous craignez la catastrophe, ne vous démobilisez pas.  Les vacances peuvent attendre pas le Bac.

Présentez vous en tenue correcte le jour de l’oral.

Montrez vous volontaire pas abattu (e), ni survolté( e).

Tenez compte des critères d’évaluation suivants :

Introduction                                                                                                                     

Présentation du sujet.                                                                                                    

Problématique                                                                                                                     

Annonce du plan                                                                                                                

Structure

Un plan adapté au sujet                                                                                                     

Des transitions claires permettant à l’auditeur de suivre le développement  

Précision des connaissances                                                                                    

Présentation

Expression orale correcte                                                                                               

Aisance , pas de gestes parasites                                                                                 

Conclusion

La conclusion fait le bilan du développement et répond à la problématique        

Elargissement du sujet.                                                                                                    

Réponses aux questions

Les réponses aux questions sont pertinentes                                                           

Les réponses aux questions sont argumentées         

03.06.2007

Testez votre maîtrise de la nomenclature

Vous pouvez tester vos connaissances toponymique sur ces deux thèmes :

La Russie.

Les Etats-Unis.

29.05.2007

"Les trente Glorieuses"

 Testez vos capacités en matière de commentaire d'un document à l'aide de l'exercice suivant.

Corrigé à la fin de la semaine.

« Les trente Glorieuses », Jean Fourastié, éditions Fayard, Paris, 1979.

 

« Rose et Pierre se sont mariés en 1940, peu après la défaite. Ils ont habité chez les parents de Rose ; en 1950, ils avaient 4 enfants et leur pouvoir d’achat leur a permis d’acheter, par annuités, un appartement composé d’une cuisine de 10 mètres carrés et de 3 pièces, au total, 60 mètres carrés, appartement jugé « suffisant » suivant les normes de l’époque. Bien entendu , le ménage n’a , en 1950, ni voiture , ni réfrigérateur, ni machine à laver, son équipement est rudimentaire, une cuisinière à charbon , un fer à repasser électrique, un aspirateur… Rose est maîtresse de maison à temps plein, et Pierre est comptable, il se rend à son travail en autobus…

 

Leur fils aîné, Stéphane, s’est marié en 1970 avec Séverine, dès leur mariage , ils ont loué un studio. Peu après ,ils se sont installés dans une petite maison comprenant une cuisine de 10 mètres carrés et 3 pièces comme leurs parents en 1950, mais leur superficie totale est de 80 mètres carrés. Ils n’ont qu’un seul enfant, la statistique les classe comme étant en état de « peuplement normal ». Ils ont tous deux , une profession salariée, les jours ouvrables sont acrobatiques parce que leurs lieux de travail sont à 10 et 15 kilomètres de leur domicile. Leur enfant vit la vie usuelle de l’enfant aujourd’hui, de crèche en baby-sitter et d’école en école. Ils ont une 5 CV et la batterie complète de l’équipement ménager. »

 

Questions :
1-Présentez le document , son auteur , son titre , son contexte.

 

2- Quelles sont  les transformations intervenues dans la société  en l’espace d’une vingtaine d’années ?

 

3- Comment, à partir de ce texte, pourriez-vous définir les trente glorieuses ?

27.05.2007

La politique extérieure de la France ( 1945-2007) : La France dans le monde.


La France est-elle une grande puissance ? Si oui, quels sont les aspect et les origines de cette puissance ? Comment a évolué la politique extérieure française ? Existe-t-il des constantes dans la diplomatie ? Quels sont les thèmes du positionnement de la France dans les relations internationales ?

I 1945 -1958 : De l'empire à l'Europe. Dissoudre l'empire colonial et construire l'Europe. La France cherche à se maintenir parmi les grandes puissances.
a) La construction de l'Europe, l'occasion d'un rapprochement avec l'Allemagne.
Au sortir de la Guerre, la France participe à l'occupation de l'Allemagne. Elle adopte alors une politique intransigeante vis à vis de l'Allemagne. Mais dès 1948, la France se retrouve, malgré ses réticences, dans l'obligation de participer avec les E-U et le R-U à ce qui a constitué l'embryon de la RFA : La trizone. En 1950, le ministre des affaires étrangères français Robert Schuman et Jean Monnet, réalisent une déclaration où ils envisagent la création d'une fédération européenne et où ils annoncent la mise en commun des productions d'acier et de charbon de plusieurs pays européens dont la France et l'Allemagne. C'est la CECA ( Communauté européenne du Charbon et de l'Acier) née en 1951 qui se profile ici (Allemagne, Belgique, Italie, France, Luxembourg, Pays-Bas. Côté allemand, ce rapprochement doit beaucoup à la volonté du chancelier Konrad Adenauer. ( Chancelier de 1949 à 1963 !). Si la France, accepte cette coopération dans le domaine économique, son Assemblée Nationale rejette par contre en 1954, le projet de CED ( Communauté européenne de Défense. Pour résumer, beaucoup de députés craignent la remise en cause dans ce domaine de la souveraineté française. Ce contretemps appelé à durer finalement ( on s'en rend compte aujourd'hui) ne remet pourtant pas en cause le rapprochement Franco-allemand. En effet en 1954, la France reconnaît la souveraineté totale de l'Allemagne. La construction d'une organisation économique se poursuit en Europe. En 1957, le traité de Rome établit un marché commun associant les 6 pays participant déjà à la CECA.
Conclusion : La France a donc un rôle majeur dans la construction européenne. Cette construction participe à l'établissement d'une paix durable entre la France et l'Allemagne.

b) Les relations avec les deux grands.
Pendant cette période, l'enjeu pour la France est de s'affirmer face aux deux grands vainqueurs de la seconde guerre mondiale. Elle y parvient partiellement, Winston Churchill contribue à la faire accepter parmi les puissances occupantes de l'Allemagne. La France obtient également un siège au conseil de sécurité de l'ONU.
La France fait partie des puissances occidentales ( Belgique, France, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni, Danemark, Islande, Italie, Norvège, Portugal, E-U et Canada) qui s'inquiètent de la progression du communisme en Europe et dans le monde. Elle signe en 1949, le traité de Washington qui donne naissance à l'Alliance Atlantique. Pour la période, il faut tenir compte de l'adhésion à l'OTAN également de la Grèce et de la Turquie (1952) et de l'Allemagne en 1955.
Les limites de la puissance française apparaissent cependant à l'occasion de la crise de Suez en octobre 56. En effet, la France comme le Royaume-Uni sont à cette occasion confrontés à la double opposition des Etats-Unis et de l'URSS qui les oblige à se retirer d'Egypte à la suite de leur opération " mousquetaire ".

c) Les conséquences sur la politique étrangère française du déchirement colonial.
Dans la crise de Suez, le contexte colonial, n'est pas à négliger. En effet, la France est engagée de puis 1946, dans des conflits coloniaux. Au total, entre 1946 et 1958, la France connaît 12 ans de conflits coloniaux (Indochine, Algérie, Madagascar). Or sur la question coloniale, la France subit les attaques de l'ONU, des Etats-Unis et de l'URSS. Ce fut notamment, le cas en octobre 56, quand la France capture par un détournement d'avion le leader indépendantiste algérien Ben Bella.

Conclusion : La France parvient à se maintenir dans le concert des nations mais les limites de son rayonnement sont déjà évidentes à l'heure où s'étiole l'empire colonial.

II 1958-1969 : Avec de Gaulle, l'affirmation de la politique d'indépendance nationale.
De Gaulle en tant que président de la 5ème république, mène la politique étrangère de la France. Dans ce domaine, il conserve de ses premières amours politiques et de son engagement dans la guerre, un attachement jaloux à la souveraineté nationale.

a) Les moyens d'une indépendance nationale.
Pour accroître la crédibilité de la France sur la scène internationale Il développe une politique de dissuasion nucléaire. En avril 1960, éclate la première bombe nucléaire Française. Il fait augmenter les crédits accordés à la défense. En 1963, il refuse un projet de force nucléaire multilatérale.
Cette politique d'indépendance passe également par un refus de l'hégémonie américaine. On parle souvent de 1966, mais dès 1959, la France retire ses forces navales méditerranéennes de l'OTAN. Elles seront suivies en 1963, par les forces de l'Atlantique. Enfin en 1966, la France retire l'ensemble de ses forces militaires du commandement intégré de l'OTAN. Les bases de cette organisation sur le territoire français sont d'ailleurs démantelées.

b) Une politique d'équilibre entre les deux grands.
Cette attitude est complétée par une politique d'équilibre entre les deux grands qui n'est pas sans provoquer la colère des Etats-Unis.
Ainsi en 1960, Nikita Khrouchtchev est en visite à Paris. En juin 1966, de Gaulle est à son tour en URSS. Il se rend également en Pologne en 1967 et en Roumanie en 1968. Entre temps en 1964, la France à reconnu la République Populaire de Chine. En 1966, comble des provocations, à Phnom Penh (Cambodge), de Gaulle prononce un discours où il condamne l'intervention américaine au Vietnam.

c) La politique européenne de Gaulle.
En ce qui concerne la construction européenne, de Gaulle est contre une Europe supranationale. Il s'inquiète également de l'influence des Etats-Unis en Europe. C'est pourquoi il s'oppose à l'intégration dans la CEE du Royaume-Uni. Il a certainement en tête cette déclaration faite par Winston Churchill " Sachez que chaque fois qu'il nous faudra choisir entre l'Europe et le grand large, nous choisirons toujours le grand large ".
De Gaulle, poursuit le rapprochement avec l'Allemagne. Par exemple en janvier 1963, est signé à Paris, un traité de coopération Franco-allemande.

d) La volonté de renforcer l'influence française dans le monde.
La coopération est renforcée. Une part importante du revenu national lui est consacrée. Dans le même ordre d'idée des accords de défense ou d'assistance sont signés avec des Etats africains, anciennes colonies pour la plupart.
De Gaulle soutien également les aspirations nationales. En juillet 1967, il affiche son soutien au mouvement indépendantiste du Québec. Il déclare, en effet, " vive le Québec libre ". Ce discours l'amène d'ailleurs à écourter son séjour au Canada.
Dans les années 60, la politique française devient favorable aux pays arabes. Par exemple, à la suite de la guerre des six jours en 1967, il condamne les annexions israéliennes. A cette occasion, il utilise une expression ambiguë qui continue à susciter de nombreux commentaires. Il déclare, en effet au sujet des israéliens : " un peuple d'élite, sûr de lui-même et dominateur ".

Conclusion : De Gaulle eu donc deux objectifs majeurs : maintenir pour la France le statut de grande puissance, préserver la souveraineté et l'indépendance nationale.

III Ruptures et continuité dans la politique étrangère française depuis 1969.
Les successeurs de Gaulle poursuivent-ils sa politique ?

a) Georges Pompidou.
Il poursuit de nombreux aspects de la politique Gaullienne. En 1970, il se rend en visite en URSS. En 1971, Léonid Brejnev lui rend la visite. La même année, il réalise une tournée en Afrique. Sous son mandat des armes sont vendues à la Libye. La politique de dissuasion nucléaire est maintenue.
Mais, il est favorable à une accélération de l'élargissement de la CEE.En 1972, les Français répondent positivement au référendum sur le principe d'un élargissement de la CEE au Royaume-Uni. En 1973, la Grande-Bretagne, l'Islande et le Danemark adhèrent à l'Europe.

b) Valéry Giscard d'Estaing.
VGE maintient le contact avec l'URSS. En 1974, Brejnev est en France. En 1975 VGE se rend en URSS et rendez vous compte, il fleurit la tombe de Lénine. En 1975, il réunit une conférence sur la coopération économique internationale. Il mène également une politique favorable aux pays arabes au moyen-orient. Sous son mandat, l'intégration croissante dans l'Union européenne se poursuit. Ainsi en 1979, a lieu la première élection du parlement européen au suffrage universel.

c) François Mitterrand.
Avec François Mitterrand se poursuit la politique franco-africaine des réseaux héritée en partie de l'ère gaullienne. Mais on assiste sous son mandat à un rapprochement dans les faits avec les Etats-Unis. En 1991, la France participe à la coalition pendant la guerre du Golfe. J-P Chevènement, ministre des affaires étrangères n'accepte pas lui cette attitude et démissionne. Sous son mandat débute la baisse des budgets militaires, les essais nucléaires sont d'ailleurs suspendus, même si la défense française reste basée sur le principe de dissuasion.

d) Jacques Chirac.
Jacques Chirac est un gaulliste, mais durant sont premier mandat, sa politique étrangère n'est pas tout à fait orthodoxe. Certes, il reprend en juin 1995, les essais nucléaires, mais en 1995, la France réintègre l'OTAN. La France s'engage à Nice à contribuer à la mise en place d'un corps d'armée européen (plusieurs dizaines de milliers d'hommes). L'influence de la France recule en Afrique et le couple franco-allemand bat de l'aile. La politique pro-arabe de la France est poursuivie au Proche-orient. Par exemple en 1996 ; Jacques Chirac répond sévèrement à un agent de sécurité israélien qui bousculait des journalistes alors qu'il bavardait avec des palestiniens dans le vieux jérusalem. La visite rendue par Dominique de Villepin à Yasser Arafat s'inscrit dans la même logique.
Il faut noter une petite inflexion de la politique étrangère avec Lionel Jospin ; car en 2000. En voyage officiel en Israël, le Premier ministre condamne les " attaques terroristes " du Hezbollah. Les étudiants de l'université de Bir Zeit lui jettent des pierres.
En 2003, Jacques Chirac adopte face aux Etats-Unis une posture gaullienne en refusant dans la crise irakienne le recours à la force avant la fin de la mission des inspecteurs de l'ONU. Cette attitude l'amène à se rapprocher de l'Allemagne.

e) Nicolas Sarkozy.
En ce début de mandat présidentiel, on peut se poser la question de savoir si la France va désormais se rapprocher des Etats-Unis et de l’Allemagne. Ce pays fut la première destination du nouveau président. Ce dernier reçut très rapidement, dans l’heure même de son élection, les félicitations de George W. Bush. On peut également se demander si la politique de la France au Proche-Orient connaîtra une nouvelle orientation moins ouvertement pro-arabe.

IV La France dans le monde aujourd'hui.
La puissance d'un Etat est déterminée par la combinaison de différents facteurs. Elle dépend ainsi de sa superficie, de la maîtrise du territoire, de son poids démographique, de ses capacités économiques et militaires, de son influence politique et de son rayonnement culturel. Alors, la France est-elle une grande puissance ?


a) La supertficie et le poids démographique ne font pas la puissance de la France .
La France, avec 550 000 km2, soit 0.7 % des terres émergées, est un Etat de taille moyenne. Sa superficie est complétée par la possession des DOM TOM (DOM : Martinique , Guadeloupe, Guyane, Réunion) qui ajoutent à la superficie métropolitaine 95 000 km2. Grâce à ses mêmess DOM TOM et à son littoral, la France possède une ZEE ( Zone Economique Exclusive) de 11 000 000 de Km2. ( 2ème rang mondial).
Avec 60 000 000 ( 62 avec les DOM TOM) d'habitants, la France ne représente que 1 % de la population mondiale.

b) Une réelle puissance économique.
La France est aujourd'hui au 5 ème rang mondial pour le RNB ( Le R-U lui a ravi le 4 ème rang ). La France est membre du G8 ( EU, Japon , RU, France, Italie, Canada, Allemagne, Russie).
C'est une puissance agricole. C'est le deuxième exportateur mondial de produits agro-alimentaires. C'est également la première destination touristique au monde avec 70 millions de visiteurs étrangers par an.On constate que ce développement économique se réalise surtout en partenariat avec les voisins européens puisque les 2/3 des échanges et 60 % des IDE se font dans la zone UE.

c) Une réelle influence politique.
Cette influence repose sur plusieurs éléments:
La France est membre permanent du conseil de sécurité à l'ONU . Elle détient donc un droit de veto. C'est de cette tribune qu'elle s'est opposée en 2003, au principe d'une intervention préventive en Irak . Elle est également membre de l'OTAN, dont elle a réintégré le commandement intégré en 1996. Sa puissance politique repose également sur les liens qu'elle entretient avec le tiers-monde et les anciennes colonies. En 2003, la France se situait au 3ème rang pour l'aide publique au développement ( APD). Elle représente en effet, 0.39 % du PIB français. Elle coopère avec les pays en développement. Cette coopération peut concerner le domaine de la défense. Ainsi, la France est intervenue en 2003 en Côte d'Ivoire.
Dans le domaine militaire , la France possède la dissuasion nucléaire.

d) Un rayonnement culturel existant mais limité.
Le Français est la 9ème langue du monde par le nombre de locuteurs ( 169 000 000 répartis sur une cinquantaine de pays). Désormais la Francophonie, organisation culturelle devient une institution politique. La France a des moyens de promotion de sa culture comme RFI, TV5 mais ses capacités ne sont pas comparables à celles des EU.

Conclusion : Malgré tout, sur la longue durée, on observe que l'intégration de la France dans l'Union européenne va croissante. On constate également que la France perd de son influence en Afrique.

Conclusion : La France est donc une puissance moyenne à vocation mondiale, compte tenu en particulier de ses choix affirmés en matière de politique étrangère. Sous de Gaulle, les pivots de la politique étrangère française sont établis. Si cette politique a connu quelques inflexions dans le domaine de la construction européenne, elle fait apparaître depuis 1969 quelques constantes (politique pro arabe, indépendance nationale, réconciliation franco-allemande).

Economie et société en France depuis 1945.

TES et TS


I L'évolution économique de la France.
a) la croissance.
La France connaît d'abord une phase de reconstruction, au cours de laquelle l'État encourage la production, planifie l'économie et nationalise des entreprises dans certains secteurs: La banque (1945-société générale-Crédit Lyonnais); l'énergie (1945-gaz,électricité; 1946-charbonnages).
De 1947 à 1973, la France profite d'une période de croissance exceptionnelle, celle-ci est de 5 % en moyenne par an.
On peut expliquer la croissance par le baby -boom, par le développement des crédits, de la publicité et par la modernisation de l'industrie.
L'état providence se développe : Sécurité Sociale (créée en 1945, généralisée par Giscard D'Estaing), création du SMIG (Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti) en 1950, allocations familiales, retraites, congés payés (3 semaines en 1956, 4 en 1969).
Etat providence : Expression qui désigne l'extension de l'intervention de l'État dans le domaine économique et social. Celui-ci est responsable de la croissance économique qu'il doit réguler (politique conjoncturelle) et du bien être social qu'il doit assurer (assurances sociales). Dans un sens plus restreint, cette expression désigne uniquement l'intervention de l'État dans le domaine de la protection sociale (l'État intervient pour protéger les individus contre les risques liés à l'emploi, la vieillesse, la santé et à la famille).
b) La crise.
Mais de 1973 à la fin des années 90, la France fut également touchée par la crise. La croissance fut ralentie et l'inflation progressa. Celle-ci atteignit 15 % en 1974 et 13,6% en 1980. Le chômage aussi augmenta : En 1974, on compte 450 000 chômeurs, en 1975, ils sont déjà 900 000, en 1981, le chiffre atteint les 1 600 000.
Plusieurs politiques économiques furent tentées : Des politiques de relance sous le gouvernement de Jacques Chirac (1974-1976) et sous celui de Pierre Mauroy de 1981 à 1982. Mais ce sont des politiques d'austérité qui s'imposent de 1976 à 1981 et de 1982 à 1997 Les dépenses budgétaires sont alors limitées. L'Etat se désengage, des privatisations sont entreprises durant les différentes cohabitations. Le gouvernement Jospin a tenté un compromis. Il poursuit la réduction du temps de travail. Il soutient la création d'emplois. Mais il cherche à limiter les dépenses de l'Etat et poursuit les privatisations. Aujourd'hui, même s'il s'en défend le gouvernement mène une politique d'austérité.
La situation actuelle est incertaine. Le taux de croissance annuel fut de 0,62 % en 2006. Le taux de chômage est en baisse. Pour mars 200è, il est officiellement de 8,3 %.
Politique de relance : politique de relance de l’économie basée sur le soutien à la consommation.


II L'évolution de la structure de la population française.
a) La population active.
La structure de la population active est modifiée. La proportion d'actifs dans le secteur primaire ne cesse de baisser (2,71 % de la population active-2007). C'est le secteur secondaire qui dans un premier temps a vu ses effectifs gonfler pour atteindre son apogée en 73. Mais la part des ouvriers dans la population active a, par la suite diminué (24,47 % de la population active-2007). Par contre, la part des actifs dans le secteur tertiaire connaît une progression constante(72,82 % de la population active-2007). On assiste donc à une tertiarisation de la société et de l'économie.
On observe aussi une féminisation de la population active : le Taux d'activité des femmes est de 63,4% . Le taux de féminisation est de 45.7% . Taux de féminisation :  part des femmes dans la population active.
Dans ce domaine, on observe également un recul du travail indépendant et une diminution de la durée de travail.

b) La réparation de la population.
Cette évolution s'accompagne d'une urbanisation croissante de la population française à la suite d’un long processus d'exode rural. Le taux d'urbanisation s'élève aujourd'hui à 73%. L'urbanisation est d'abord essentiellement verticale ( multiplication des habitats collectifs en immeubles) avant de s'épandre avec le développement de l'habitat pavillonnaire. ( 230 000 maisons individuelles construites en 77).

c) L'évolution de la structure par âge.
On assiste également à un vieillissement de la population. Ainsi, les moins de 20 ans représentent 25,7 % de la population française, les 20 à 59 ans, 53,9 % et les 60 ans et plus : 20,4 %. L'âge médian s'élève à 38 ans. On assiste cependant actuellement à un redressement de la natalité. L’ISF pour l’année 2006 est de 2 enfants par femme en âge de procréer.
ISF : Indice synthétique de fécondité. Nombre d’enfants par femme en âge de procréer.

d) Les composantes de la population française.
La population étrangère appelée pendant les "trente glorieuses" pour soutenir l'effort économique ( Elle passe de 1.7 d'étrangers en 54 à 3.4 millions en 75) , a complété la composition de la population française. Les étrangers sont au nombre de 3 510 000 ( chiffre 2004). ( Attention ne pas confondre avec le chiffre du nombre d’immigré ( 4,9 millions-2004-dernières données disponibles).

Etranger : définition juridique, personne n’ayant pas la nationalité française.

Immigré : Dans un pays d’accueil, personne ayant quitté son pays afin de s’installer sur le territoire.


III La progression du niveau de vie et l'évolution de la consommation
a) Les progrès du niveau de vie.
Grâce à l'augmentation des revenus (Salaire net moyen par salarié: 130 790 francs par an (19 938 euros)) et à la satisfaction de certains besoins comme ceux de santé, la croissance a permis une augmentation du niveau de vie. Cette élévation du niveau de vie permet une transformation du mode de vie des français.
Cela a des répercutions sur l'espérance de vie des français qui pour la première fois en 2004 dépasse les 80 ans . 80,55 ans en 2007.

b) Le développement de la consommation.
De 1947 à 1973, pendant la période dite des " trente glorieuses ", le baby-boom, la publicité, le développement du crédit permettent le développement de la consommation de masse et d'une société de consommation.
Société de consommation : Société des pays développés où la raison d'être principale est l'acquisition de biens matériels ou de services sans cesse renouvelés.
Crédit à la consommation : financement à court terme ( 2 ans maximum) accordé aux consommateurs, soit par le magasin vendeur, soit par un organisme financier en vue de l'acquisition d'un bien de consommation.
Bien de consommation : produits destinés à la consommation des particuliers par opposition aux biens d'équipement destinés à l'équipement des entreprises.

c) L'augmentation de la consommation de loisirs.
Ne serait ce que sur la période de 1959-1975, le budget des loisirs a augmenté de 50 %. Cela s'explique par la baisse du temps de travail  et l'augmentation du pouvoir d'achat. Nombreux sont les Français qui partent en vacances. Les français ont pris en moyenne 39 jours de congés payés en 2006. En 1995, la proportion de français de 15 ans et plus qui ont quitté au moins 4 jours leurs domiciles pour des raisons de vacances est de 68,4 %. D'autres loisirs se développent : La pratique régulière de sports, le bricolage (En 1995, par exemple, les dépenses de bricolage s'élevèrent à 89 milliards de francs )
On assiste aussi au développement de la télévision.
Le niveau d'équipement en télévision a progressé : En 1959, 9 % des foyers disposent d'un poste de télévision, en 1969, ils sont 70 % et en 1995 le taux s'élève à 96 %. On y consacre beaucoup de temps : en 1995 les téléspectateurs de 15 ans et plus, ont passé en moyenne 3h 15 min ( 2006)  devant leur petit écran. Progressivement, on a observé une diversification de l'offre télévisuelle. Le nombre de chaînes augmente.


Conclusion : Les loisirs deviennent des produits de consommation de masse.

IV Les transformations culturelles.
a) L'évolution de la place de la religion dans la société française.
Au sortir de la guerre, l'église catholique est très présente dans les années 50 elle baptise 9 enfant sur 10.
On observe cependant un processus de déchristianisation en particulier à partir des années 60. Le rôle moral de l'église est contesté et les mentalités changent. Aujourd'hui une question se pose à l'occasion de la mort du pape Jean Paul II assisterait-on à un regain du sentiment religieux ? cela n'est pas évident. Aujourd'hui 30 % des français se disent non croyants.
Avec l'immigration, l'islam devient deuxième religion de France. Mais comme pour la religion catholique la pratique reste minoritaire. Même si la communauté musulmane, comme la communauté judaïque deviennent plus visibles dans la société.

b) L'accès à l'éducation.
Un développement de l'accès à l'éducation.
Il y a en France 14 millions d'élèves et d'étudiants. L'état s'est fixé pour objectif d'amener 70 % d'une classe d'âge au Baccalauréat.En 1950, seul 30 % d'une classe d'âge accédait au Bac. En 70, seul 20% d'une classe d'âge l'obtient. En 2006, la proportion de jeunes qui ont obtenu le baccalauréat a atteint  63,8 %.On assiste donc à une massification de l'enseignement.
L'ECOLE et l'égalité des chances.
Des progrès ont été effectués. Par Exemple: entre 1960 et 1980, la proportion d'enfants d'ouvriers entrant en seconde est passé de 20 % à 30%.
Cependant, on observe que l'école est un instrument de reproduction des élites. La probabilité pour un enfant d'ouvrier d'avoir le bac général n'a pas bougé depuis le début des années 1980, elle est toujours de 15 %. On constate une sur-représentation des enfants de chefs d'entreprises, des cadres, etc ..dans les classes préparatoires aux grandes écoles qui donnent accès aux fonctions de responsabilité, de décision, d'encadrement.
L'ECOLE et l'intégration.
Grâce à l'obligation de scolarisation de tous les enfants résidents en France, l'école est considérée comme une machine à intégrer.
Ainsi, les enfants d'immigrés constituent 10 % des effectifs des écoles et 7 % des effectifs dans les collèges et lycées.
Cependant, l'école ne parvient pas à effacer toutes les difficultés de ces enfants qui pour certains ne maîtrisent pas totalement la langue. Ainsi l'Académie de Créteil qui compte 20 % des élèves d'origine étrangère en France est aussi la dernière pour l'accès au Bac.
Conclusion : L'accès à l'éducation s'est développé mais le système éducatif ne réduit pas les inégalités sociales.

Conclusion :
Avec la croissance le niveau de vie a augmenté, état providence s'est développé, l'exode rural a entretenu la modification de la structure de la population active. Pour soutenir cette prospérité la France a fait appel à une main d'œuvre venue le plus souvent des anciennes colonies. Si la crise a provoqué une hausse du chômage et une réévaluation du rôle de l'Etat dans la société, elle n'a pas empêché la poursuite de profondes mutations comme le vieillissement de la population, la baisse séculaire du temps de travail.

 

 

La France de la V ème République : une république gaullienne ?

TS

La IV ème République chute avec la guerre d'Algérie. Le 13 Mai 1958, à l'annonce de la nomination à la présidence du conseil du MRP Pierre Pflimlin, réputé favorable à des négociations , des européens et des militaires favorables à l'Algérie française provoquent des émeutes à Alger. Est constitué un comité de salut public présidé par le général Massu. De Gaulle se présente comme un recours possible. Le 1 juin 1958, il est investi président du conseil . Les hommes politiques français craignent alors une guerre civile. Le 2 juin 1958, l'assemblée l' autorise à préparer une nouvelle constitution. Le 28 septembre 58 , 80% des français acceptent la nouvelle constitution.

La 5ème République correspond-elle aux vœux de son géniteur? Si oui, la 5ème République survit-elle, dans l'esprit, après le départ de De Gaulle du pouvoir ?


I La 5ème République : une démocratie doublée d'un régime présidentiel.

La 5ème République a eu son lot de critiques. Certains y ont vu une "monarchie présidentielle" susceptible de remettre en cause les principes démocratiques. Est-ce réellement le cas ?
Le texte a été préparé par le juriste Michel Debré sur la base des thèses exposées par de Gaulle dans son discours de Bayeux du 16 juin 1946. Le général y demandait la restauration de l'autorité de l'État par un renforcement du pouvoir exécutif.
a) Un régime représentatif :
On vote au suffrage universel. Le président, les députés et les sénateurs sont élus.
Les pouvoir sont partagés.
Le président détient avec le gouvernement le pouvoir exécutif.
Le gouvernement, composé du premier ministre et des autres ministres est à la charnière entre les deux pouvoirs. Il est chargé de déterminer et de conduire la politique de la Nation.
Le parlement constitué de deux assemblées détient le pouvoir législatif.
Remarque :Pour être adoptée une loi doit être votée par l' Assemblée et le Sénat .Si à la suite des "navettes " du texte de loi entre les deux assemblées, si celles- ci sont en désaccord , l' Assemblée Nationale a le " dernier mot". Les pouvoirs de l' A.N l' emportent donc sur ceux du Sénat.
La 5ème République a donc les caractéristiques d'une démocratie.
b) Des caractéristiques d'un régime présidentiel.
De Gaulle affirme là les principes de son discours de Bayeux.
Les pouvoirs exécutifs du président sont forts. Le président est élu pour 7 ans. En 1962, de Gaulle cherche à renforcer la légitimité du président en le faisant élire directement au suffrage universel. Le chef de l'État est chef suprême des armées. Il nomme les ministres dont il préside le conseil. Il peut consulter le pays par référendum. Enfin l'article 16 , lui donne les pleins pouvoirs en cas de crise grave. Il peut dissoudre l'Assemblée Nationale. Ces prérogatives sont nombreuses et les pouvoirs du chef de l' état sont considérables. C'est la raison pour laquelle certains ont qualifié la 5ème République de "monarchie présidentielle ".
référendum : droit pour les citoyens de se prononcer directement sur les questions d'intérêt national
c) Les aspects d'un régime parlementaire.
Cependant, l ' A. N. peut renverser le gouvernement à la suite d'une motion de censure ou d'une question de confiance.
Motion de censure : proposition déposée par au moins 10 % des députés, provoquant la démission du gouvernement si elle est acceptée à la majorité absolue des députés .
Question de confiance : Le gouvernement engage sa responsabilité devant l'Assemblée Nationale pour mesurer son adhésion à la politique qu'il mène. Elle provoque la démission du gouvernement si la majorité des députés ne vote pas sa confiance au gouvernement.
Le gouvernement est donc contrôlé par l'Assemblée Nationale.
Conclusion : La 5ème République met donc en place un régime "semi- présidentiel".Certes, les pouvoirs de l’exécutif et du président en particulier sont renforcés mais son gouvernement peut être renversé par l' Assemblée Nationale.

II 1958- 1969 :La 5ème République : une République gaullienne.

Entre 1958 et 1969 , de Gaulle a utilisé toutes les prérogatives du président. Il a incarné la fonction et la fonction à été assimilée au personnage.
Il dissout l'Assemblée à deux reprises en 1962 lorsque l'assemblée est hostile à son projet de réforme constitutionnelle en en 1968 , pour renforcer sa majorité et sa légitimité face à la protestation de mai 68.
Il utilise également l'article 16, le 22 avril 1961 pour faire échouer le putsch des généraux ( Challe, Jouhaud, Salan et Zeller)
Le référendum lui sert à consulter la population sur les grands sujets en passant au dessus des partis. Il l'utilise à quatre reprises, en 1961 sur le principe de l'autodétermination de l'Algérie, en avril 1962, sur l'indépendance de l'Algérie (90 % de oui), en octobre 1962, sur la révision de la constitution, en avril 1969, sur la réforme des régions et du Sénat.
Ce dernier référendum lui est fatal puisque les français se prononcent à 53,2 % contre ce projet. Ceci entraîne la démission du général de Gaulle.
La question qui se pose est alors de savoir si cette république peut perdurer après le départ de son principal inspirateur.

III La 5ème république après le départ de Gaulle. (1969-2007)
Ce paragraphe peut faire l'objet d'un long développement car la durée de vie de la 5ème République donne un premier élément de réponse à la question posée ( la 5ème République survit-elle dans l'esprit au départ de son inspirateur ?)
Ensuite, on peut se demander si cette république a été maintenue dans l'esprit du gaullisme , c'est à dire marquée par la prééminence de l'exécutif. Cette question invite à une nouvelle interrogation sur la nature de ce régime qui n'est peut-être pas strictement présidentiel et dont les français font un usage particulier en pratiquant l'alternance.
a)La prééminence du président
Les présidents successifs utilisent leur prérogatives.
Les référendums :
Pompidou propose un référendum en 1972, sur l'élargissement du marché commun à la Grande-Bretagne (réponse positive). Mitterrand en propose deux :1988 (sur l'évolution de la Nouvelle Calédonie) et 1992 (sur le traité européen de Maastricht (51 % de oui)) .en 2000 , les français ont à se prononcer pour ou contre le quinquennat. Le mandat d'un président passe alors de 5 à 7 ans. En 2005, on soumet au Français, l’adoption du traité constitutionnel européen. Mais ils refusent majoritairement le TCE.
Remarque: Le quinquennat est censé permettre d'éviter les situations de cohabitation. Il faudrait pour cela que le calendrier des élections législatives corresponde systématiquement à celui des élections présidentielles. Or nombreux sont les cas de modification des calendriers ( dissolutions de l'Assemblée, mandat de président de la République écourté en cas de maladie ou de décès par exemple, etc...)
Les dissolutions de l' Assemblée :
A deux reprises pour obtenir une Assemblée conforme à la majorité présidentielle , F. Mitterrand dissout l' assemblée. En 1981, il obtient une majorité absolue , en 1988 , la majorité relative. A son tour, en avril 1997, J. Chirac dissout l' assemblée. C'est pour lui un échec .
Cl: Finalement chacun des successeurs de de Gaulle, et même un de ses adversaires les plus acharnés sur ce thème de l'organisation des institutions, endosse l'habit de président de la V ° république et utilise les prérogatives attachées à la fonction?.
b) L' Assemblée reste importante dans le fonctionnement des institutions:Les cohabitations.
C'est une grande nouveauté .
La cohabitation traduit la situation politique dans laquelle le président de la république et le premier ministre n' appartiennent pas à la même coalition politique. Le terme fut inventé le 16 sept 1983 par Édouard Balladur dans un article du Journal Le Monde . On en compte trois : 1986-1988: Mitterrand/Chirac .
1993-1995 : Mitterrand / Balladur .
1997-2002 : Chirac /Jospin.
En principe dans ce cas de figure : Le pouvoir exécutif est partagé entre le Président qui a pour domaine réservé la diplomatie et la défense, et le gouvernement chargé de l' économie et de la politique sociale . En réalité chacun empiète sur le pouvoir de l'autre.
Conclusion: la 5ème République est donc plus souple qu'il n' y parait .
c) 1974 –2007 après la continuité, les français pratiquent l'alternance.
1969-1974 : la continuité avec G. Pompidou, un gaulliste à la barre.
Dans le domaine politique , il continue le travail de modernisation des infrastructures françaises . Le SMIC est mis en place. Dans le domaine de la politique étrangère , il y a une petite inflexion , puisqu'il est favorable lui à un élargissement de l'Europe à la Grande-Bretagne.
1974- 1981: première rupture, Valery Giscard D'Estaing , un libéral à l' Élysée.
VGE assume cette rupture avec le gaullisme, il cherche d'ailleurs à donner cette image d'un président moderne. Sous son mandat des réformes importantes sont mises en place: Libéralisation de la contraception, loi Veil sur l'I.V.G, le divorce par consentement mutuel, la majorité à 18 ans. En politique étrangère , c'est un européen convaincu. Dans le domaine économique , il garde d'abord un gaulliste au poste de premier ministre : Jacques Chirac. Celui -ci répond à la crise par une politique de relance. En 1976 , c'est la rupture entre les deux hommes. Chirac démissionne, il est remplacé par le libéral Raymond Barre qui, lui, mène une politique d'austérité.
1981-1995 : les années mitterrand.
Parmi les grandes mesures adoptées sous son mandat, il faut citer: l' abolition de la peine de mort, la retraite à 60 ans, les 39 h payées 40 , la décentralisation (1982) .Seulement ses gouvernements successifs sont confrontés à la crise. De 1981 à 1982, Pierre Mauroy mène une politique de relance et maîtrise l'inflation. A partir de 1982, est fait le choix de la rigueur. (voir leçon sur les transformations économiques et sociales).
Les socialistes ayant perdu les élections législatives de 1986 et 1993, F. Mitterrand est confronté à deux cohabitations. La première est marquée une politique de rigueur et une première vague de privatisations (TF1 Paribas Saint-Gobain). La seconde connaît une nouvelle vague de privatisations( BNP , ELF, Rhône-Poulenc, U.A.P)
1995-2007. Jacques Chirac, président.
Les élections présidentielles de mai 1995, permettent au gaulliste Jacques Chirac de devenir président. Il tente avec son premier ministre Alain Juppé de réduire la dette de l'État en augmentant les impôts et en tentant de réformer la sécurité sociale et les retraites. Elles ne peuvent aboutir face à un mouvement social de grande ampleur.
En 1997,Jacques Chirac décide finalement de dissoudre l'Assemblée Nationale pour conforter sa majorité. Mal lui en prend ,car il échoue. Est alors mise en place une nouvelle cohabitation, au cours de laquelle Lionel Jospin et son gouvernement mènent une politique qui combine des mesures qu' on peut qualifier de gauche ( 35 h, CES , etc) et des mesures plutôt libérales ( poursuite des privatisations ). Il est à noter qu'en 2000, les français acceptent le quinquennat. Si le chômage baisse pendant cette période, Lionel Jospin ne parvient pas à s'attirer les faveurs de la majorité des français. Il perd les élections présidentielles de 2002.
A partir de 2002, le gouvernement de J-P. Raffarin , engage une politique dont les priorités sont les suivantes: la sécurité, la décentralisation et la réduction des dépenses de l' État. Dans ce domaine, la politique peut être apparentée à une politique d'austérité même si le gouvernement s'en défend. J. Chirac, lui , comme la plupart des présidents de la 5 ème République consacre le début de son nouveau mandat à la politique étrangère en faisant de la France, le leader des pays hostiles à une intervention armée en Irak avant la fin de la mission des inspecteurs de l'ONU.
En 2005, après l’échec du référendum sur le TCE , J-P Raffarin est remplacé par Dominique de Villepin qui peine à réaliser certaines réformes comme celle du CPE.

2007 : L’élection à la présidence de Nicolas Sarkozy.

Le nouveau président de la république a fait toute sa campagne électorale sur le thème de la rupture. Il appartenait cependant à la majorité présidentielle et au gouvernement. Il a également donné des signes ostentatoires de fidélité au gaullisme.  Les signes de ruptures ou de continuité seront donc à observer dans les domaines suivants : réforme de l’Etat, politique étrangère, sécurité, politique sociale.

Conclusion: La 5ème République est donc une démocratie. Certes, conformément aux souhaits de De Gaulle, elle renforce les pouvoirs du président, mais l'Assemblée a encore son mot à dire. Les cohabitations en témoignent. Les français utilisent donc les possibilités offertes par cette constitution pour pratiquer entre 1974 et 2002 l'alternance ou la cohabitation. Certains estiment ces situations parlisantes. C’est dans cet esprit qu’est adopté le quinquennat afin que la majorité présidentielle corresponde à la majorité parlementaire. Depuis  2002, c’est le cas. Quelque part le souhait de De Gaulle de ne pas voir l’action présidentielle et gouvernementale limitée par le législatif trouve là sa réalisation. Cependant l’absence de contrepouvoir peut poser question. Les élections législatives de juin 2007 confirmeront-elles la situation dans laquelle une majorité contrôle le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif ?

L'évolution politique de la France de 1945 à nos jours.


TES

 

A la suite du débarquement, le 6 juin 1944, Laval et Pétain sont emmenés par les Allemands à Sigmaringen. Là en août 1944, une Commission gouvernementale française est créée pour poursuivre la politique du régime de Vichy. Mais, dés juin, de Gaulle met en place le gouvernement provisoire de la République Française (GPRF). Ce gouvernement doit préparer la transition et rétablir des institutions démocratiques. Une question se posait alors : fallait-il rétablir les anciennes institutions, celles de la 3ème République ou en créer d'autres ? En réalité la plupart des hommes politiques, même parmi ceux qui furent des figures de la troisième République, pensent nécessaire la mise en place d'une nouvelle constitution. Les Français sont d'ailleurs d'accord. Le 21 octobre 45, ils sont 96 % à répondre oui à la question posée à l'occasion d'un référendum : Voulez -vous que l'assemblée élue à ce jours soit une assemblée constituante ? Une Assemblée constituante est en effet une assemblée élue et rassemblée dans des circonstances exceptionnelles. Elle a pour fonction de rédiger une constitution. Sa tâche s'achève lorsque la constitution est rédigée puis acceptée par le peuple.


L'Assemblée établie, il fallait définir le régime à mettre en place. Il s'agira donc dans cette leçon de répondre aux questions suivantes: Quelle fut la nature des régimes mis en place entre 1946 et aujourd'hui ? Comment ces régimes ont-ils fonctionné ? Quels débats d'idées ont animé la vie politique pendant cette période et quels partis politiques se sont affrontés? Plus précisément, on peut se demander si c'est la vision gaulliste de la 5ème république qui s'est imposée. Quand ce fut le cas, le système politique mis en place a-t-il perduré après le départ du général de Gaulle ?


I La 4ème République, un régime parlementaire mais instable pour exorciser Vichy et rebâtir la France (1946-1958).
a) une naissance difficile.
La préparation de la constitution donna lieu à des débats houleux. Les communistes et les socialistes étaient pour une assemblée unique toute puissante. De Gaulle, comme il le déclarait dans le discours de Bayeux était pour un exécutif fort et pour une gouvernance au-dessus des partis. Face à cette opposition, de Gaulle démissionne en janvier 46.
Deux assemblées constituantes, deux projets et deux référendums furent nécessaires pour créer cette nouvelle constitution. Finalement, le 13 octobre 46 , la constitution de la 4ème république est adoptée à une faible majorité: 53 % oui. Pour certains, comme de Gaulle, elle n'est adoptée que du bout des lèvres.
b) La constitution de la IV république: un rejet de Vichy.
La 4ème République est un régime démocratique.
Le suffrage est véritablement universel depuis 1944, puisque les femmes ont obtenu le droit de vote .
Les pouvoirs sont séparés.
L'Assemblée Nationale (dont les députés sont élus pour 5 ans ) détient le pouvoir législatif. Elle seule vote les lois Elle contrôle aussi le pouvoir exécutif puisqu'elle investit et peut renverser le gouvernement grâce à une motion de censure.
Motion de censure
: Proposition déposée par un groupe de députés pour manifester leur opposition au gouvernement. Si la motion est votée par la majorité des députés, le gouvernement est renversé.
investiture : Système de nomination du chef de gouvernement sous la 4ème République. Le président du conseil se présente devant l'Assemblée Nationale et lui demande de lui accorder sa confiance. Si la majorité des députés la lui accorde, il est investi. Il s'agit donc d'un régime d'assemblée puisque ce régime est fondé sur le contrôle de permanent du gouvernement par une assemblée élue au suffrage universel.
Le conseil de la république n'a qu'un rôle consultatif. Il n'émet qu'un avis.
Conclusion: L'Assemblée Nationale détient beaucoup de pouvoirs sous la 4ème République.
c) Le fonctionnement politique de la 4ème République.
- L'importance des partis.
Pour que ce système fonctionne, il faut qu'à l'assemblée une majorité cohérente soutienne le gouvernement. Pour cela sont donc constituées des coalitions.
A la libération s'impose le Tripartisme (coalition des trois partis qui dominent la vie politique française à ce moment : le PCF, la SFIO, le MRP)
Section française de l'internationale ouvrière (SFIO) : Parti socialiste
Mouvement Républicain Populaire (MRP) : Parti constitué pour beaucoup par des résistants chrétiens, il a pu apparaître comme le parti de la fidélité au général de Gaulle.
Mais en 47,les communistes se désolidarisent du gouvernement à cause du blocage des prix et des salaires et de la politique coloniale. De plus, le parti communiste aligne son attitude sur les grandes orientations du Kominform.
En 1947, le Rassemblement du Peuple Français ( RPF )est crée par de Gaulle. Il affirme son attachement à la souveraineté nationale et a pour objectif la conquête du pouvoir pour établir un régime à exécutif fort. Ce parti connaît un certain succès. L'opposition se polarise donc également autour de ces deux partis.
A partir de 1947, les socialistes et le MRP forment une nouvelle coalition avec les élus du centre et de droite. C'est la Troisième Force.
Troisième Force : Coalition des forces politiques entre 1947 et 1951 à l'exception des partis communistes et des gaullistes.
Entre52 et 54, le gouvernement est dominé par le centre-droit. Par exemple, en mars52, Antoine Pinay devient président du conseil. Il débute une importante réforme dont l'objectif et de réduire le déficit budgétaire grâce à l'emprunt. Mais dès le 22 décembre, il est amené à démissionner.
En1954, un radical Pierre Mendés France s'impose, Félix Faure un autre radical lui succède. Aux élections législatives de 1956, le front Républicain constitué par les socialistes et une partie des radicaux. Le socialiste Guy Mollet devient donc président du Conseil. Le pouvoir penche donc vers le centre gauche.
Seulement, il faut noter l'émergence de l'extrême droite. En effet, en 56, 52 députés de l'Union de la Défense des Commerçants et des Artisans (UDCA), parti réactionnaire mené par Pierre Poujade sont élus.
Poujadisme : Revendication corporatiste développée dans les années 50 par les partisans de Pierre Poujade; au départ, il s'agit essentiellement d'artisans et de petits commerçants exclus de la croissance et exaspérés par les tracasseries fiscales. Ils seront rejoins par quelques partisans de l'Algérie française. C mouvement compte dans ses rangs un certain Jean-Marie Le Pen.
Conclusion: La 4ème République est marquée par l'importance des coalitions politiques mais l'opposition est animée avec virulence par des partis comme le Parti Communiste, le RPF et l'UDCA.
d ) L'instabilité ministérielle.
Entre 46 et 58, on compte 25 gouvernements successifs. Cette instabilité fut un des principaux défauts de la 4ème République. Certains considèrent que cette instabilité se traduit par une immobilité politique, les gouvernements craignant l'opposition de l'Assemblée. Il convient de nuancer cette opinion.
Instabilité ministérielle : situation politique dans laquelle les gouvernements, ne pouvant s'appuyer sur une majorité stable, sont fréquemment renversés par l'Assemblée Nationale.
e) Les oeuvres et les difficultés de la 4ème République.
La 4ème République fut confrontée à plusieurs grands chantiers, la question est de savoir si elle fut assez solide pour atteindre ses objectifs et surmonter les difficultés .
- La reconstruction économique et sociale et la modernisation de la France. Dans ce domaine, le bilan est plutôt positif. Des nationalisations sont réalisées dans différents secteurs ( les transports (Air France), l'énergie (Charbonnage de France, EDF-GDF), l'automobile Renault). Des plans définis par l'État fixent les objectifs à atteindre. La sécurité sociale est également mise en place (celle-ci est créée en 1945). Pierre Mendés France poursuit l'oeuvre de modernisation des structures économiques de la France.
- La lutte contre l'inflation. Antoine Pinay y parvient provisoirement.
- La construction de l'Europe. C'est sous la 4ème République avec des hommes comme Robert Schuman ou Jean Monnet que débute la construction européenne. Cette entreprise est réalisée d'abord dans le domaine économique avec la mise en place de la CECA (Communauté européenne du Charbon et de l'Acier) en 1951. Mais par contre le projet de créer une communauté européenne de la défense (CED) échoue. En effet, l'Assemblée Nationale rejette le projet. Les communistes, les membres du RPF, quelques libéraux et quelques socialistes (minoritaires) s'opposent à cette tentative.
-La décolonisation.
La 4ème République survit à la guerre d'Indochine
Le conflit débute avec la proclamation par Hô Chi Minh en 1945 de l'Indépendance du pays. A partir de 1946, la guerre ouverte éclate. Le gouvernement français refuse de négocier mais le viet-minh se renforce.
Diên Biên Phu tombe le 7 mai 1954. Pour la première fois, une puissance coloniale est battue par une guérilla dans une bataille de type classique. Le gouvernement de centre-droit de Joseph Laniel est renversé. Le 18 juin 1954, Pierre Mendés France devient président du conseil. Il promet de régler la question indochinoise en un mois. Le 20 juillet, il signe les accords de Genève avec le viet-minh.
La 4ème république survit donc au conflit indochinois mais pas le gouvernement de Joseph Laniel. Cela traduit les faiblesses des institutions face à ces graves crises coloniales. Mais déjà, une nouvelle guerre coloniale s'annonce.
La guerre d'Algérie provoque la chute de la 4ème République.
En 1945, les premiers troubles éclatent à Sétif. En 1954, les Algériens nationalistes fondent le FLN: Front de Libération Nationale. En novembre des attentats visent des français. C'est le début de la guerre d'Algérie. Au début, le gouvernement souhaite maintenir l'Algérie française. François Mitterrand, ministre de l'intérieur de Pierre Mendés France, déclare d'ailleurs en novembre 1954 : " L'Algérie c'est la France". Progressivement, le débat politique se cristallise autour de la question algérienne. En février 1955, les événements entraînent la chute du Gouvernement de Pierre Mendés France. En 56, l'effort de guerre s'intensifie.
Seulement, le 13 mai 1958, à l'annonce de la nomination à la présidence du conseil du MRP Pierre Pflimlin, réputé favorable à des négociations, des européens et des militaires favorables en Algérie française provoquent des émeutes à Alger. Est constitué un comité de salut public présidé par le général Massu.
De Gaulle se présente comme un recours possible. Le 1 juin 1958, il est investi président du conseil. Les hommes politiques français craignent alors une guerre civile. Le 2 juin 1958, l'assemblée l'autorise à préparer une nouvelle constitution. Cela marque la fin de la 4ème République.
Le 28 septembre 58, 80% des français acceptent la nouvelle constitution.


Conclusion: La 4ème République chute à cause du problème algérien.
La décolonisation est donc le point noir du bilan de la 4ème République. Elle est, en effet, confrontée à deux guerres de décolonisation. Elle ne survit pas à la seconde. C'est de Gaulle qui profita de l'échec algérien pour s'imposer au pouvoir et liquider une 4ème République. Lui et les gaullistes n'auront de cesse de critiquer l'instabilité, la faiblesse et la soumission aux partis de ce régime. Cependant, le bilan de la 4ème n'est pas entièrement négatif. C'est elle qui, après la guerre, a assumé la reconstruction et assuré l'établissement de la démocratie. Elle a permis également la modernisation de la France.

II La 5ème République.

a) une démocratie doublée d'un régime présidentiel.

La 5ème République a eu son lot de critiques. Certains y ont vu une "monarchie présidentielle" susceptible de remettre en cause les principes démocratiques. Est-ce réellement le cas ?
Le texte a été préparé par le juriste Michel Debré sur la base des thèses exposées par de Gaulle dans son discours de Bayeux du 16 juin 1946. Le général y demandait la restauration de l'autorité de l'État par un renforcement du pouvoir exécutif.
1. Un régime représentatif :
On vote au suffrage universel. Le président, les députés et les sénateurs sont élus.
Les pouvoir sont partagés.
Le président détient avec le gouvernement le pouvoir exécutif.
Le gouvernement, composé du premier ministre et des autres ministres est à la charnière entre les deux pouvoirs. Il est chargé de déterminer et de conduire la politique de la Nation.
Le parlement constitué de deux assemblées détient le pouvoir législatif.
Remarque :Pour être adoptée une loi doit être votée par l' Assemblée et le Sénat .Si à la suite des "navettes " du texte de loi entre les deux assemblées, si celles- ci sont en désaccord , l' Assemblée Nationale a le " dernier mot". Les pouvoirs de l' A.N l' emportent donc sur ceux du Sénat.
La 5ème République a donc les caractéristiques d'une démocratie.
2. Des caractéristiques d'un régime présidentiel.
De Gaulle affirme là les principes de son discours de Bayeux.
Les pouvoirs exécutifs du président sont forts. Le président est élu pour 7 ans. En 1962, de Gaulle cherche à renforcer la légitimité du président en le faisant élire directement au suffrage universel. Le chef de l'État est chef suprême des armées. Il nomme les ministres dont il préside le conseil. Il peut consulter le pays par référendum. Enfin l'article 16 , lui donne les pleins pouvoirs en cas de crise grave. Il peut dissoudre l'Assemblée Nationale. Ces prérogatives sont nombreuses et les pouvoirs du chef de l' état sont considérables. C'est la raison pour laquelle certains ont qualifié la 5ème République de "monarchie présidentielle ".
référendum : droit pour les citoyens de se prononcer directement sur les questions d'intérêt national
3. Les aspects d'un régime parlementaire.
Cependant, l ' A. N. peut renverser le gouvernement à la suite d'une motion de censure ou d'une question de confiance.
Motion de censure : proposition déposée par au moins 10 % des députés, provoquant la démission du gouvernement si elle est acceptée à la majorité absolue des députés .
Question de confiance : Le gouvernement engage sa responsabilité devant l'Assemblée Nationale pour mesurer son adhésion à la politique qu'il mène. Elle provoque la démission du gouvernement si la majorité des députés ne vote pas sa confiance au gouvernement.
Le gouvernement est donc contrôlé par l'Assemblée Nationale.
Conclusion : La 5ème République met donc en place un régime "semi- présidentiel".Certes, les pouvoirs de l’exécutif et du président en particulier sont renforcés mais son gouvernement peut être renversé par l' Assemblée Nationale.

b)  1958- 1969 :La 5ème République : une République gaullienne.

Entre 1958 et 1969 , de Gaulle a utilisé toutes les prérogatives du président. Il a incarné la fonction et la fonction à été assimilée au personnage.
Il dissout l'Assemblée à deux reprises en 1962 lorsque l'assemblée est hostile à son projet de réforme constitutionnelle en en 1968 , pour renforcer sa majorité et sa légitimité face à la protestation de mai 68.
Il utilise également l'article 16, le 22 avril 1961 pour faire échouer le putsch des généraux ( Challe, Jouhaud, Salan et Zeller)
Le référendum lui sert à consulter la population sur les grands sujets en passant au dessus des partis. Il l'utilise à quatre reprises, en 1961 sur le principe de l'autodétermination de l'Algérie, en avril 1962, sur l'indépendance de l'Algérie (90 % de oui), en octobre 1962, sur la révision de la constitution, en avril 1969, sur la réforme des régions et du Sénat.
Ce dernier référendum lui est fatal puisque les français se prononcent à 53,2 % contre ce projet. Ceci entraîne la démission du général de Gaulle.
La question qui se pose est alors de savoir si cette république peut perdurer après le départ de son principal inspirateur.

c)  La 5ème république après le départ de Gaulle. (1969-2007)
Ce paragraphe peut faire l'objet d'un long développement car la durée de vie de la 5ème République donne un premier élément de réponse à la question posée ( la 5ème République survit-elle dans l'esprit au départ de son inspirateur ?)
Ensuite, on peut se demander si cette république a été maintenue dans l'esprit du gaullisme , c'est à dire marquée par la prééminence de l'exécutif. Cette question invite à une nouvelle interrogation sur la nature de ce régime qui n'est peut-être pas strictement présidentiel et dont les français font un usage particulier en pratiquant l'alternance.
1.La prééminence du président
Les présidents successifs utilisent leur prérogatives.
Les référendums :
Pompidou propose un référendum en 1972, sur l'élargissement du marché commun à la Grande-Bretagne (réponse positive). Mitterrand en propose deux :1988 (sur l'évolution de la Nouvelle Calédonie) et 1992 (sur le traité européen de Maastricht (51 % de oui)) .en 2000 , les français ont à se prononcer pour ou contre le quinquennat. Le mandat d'un président passe alors de 5 à 7 ans. En 2005, on soumet au Français, l’adoption du traité constitutionnel européen. Mais ils refusent majoritairement le TCE.
Remarque: Le quinquennat est censé permettre d'éviter les situations de cohabitation. Il faudrait pour cela que le calendrier des élections législatives corresponde systématiquement à celui des élections présidentielles. Or nombreux sont les cas de modification des calendriers ( dissolutions de l'Assemblée, mandat de président de la République écourté en cas de maladie ou de décès par exemple, etc...)
Les dissolutions de l' Assemblée :
A deux reprises pour obtenir une Assemblée conforme à la majorité présidentielle , F. Mitterrand dissout l' assemblée. En 1981, il obtient une majorité absolue , en 1988 , la majorité relative. A son tour, en avril 1997, J. Chirac dissout l' assemblée. C'est pour lui un échec .
Cl: Finalement chacun des successeurs de de Gaulle, et même un de ses adversaires les plus acharnés sur ce thème de l'organisation des institutions, endosse l'habit de président de la V ° république et utilise les prérogatives attachées à la fonction?.
2. L' Assemblée reste importante dans le fonctionnement des institutions:Les cohabitations.
C'est une grande nouveauté .
La cohabitation traduit la situation politique dans laquelle le président de la république et le premier ministre n' appartiennent pas à la même coalition politique. Le terme fut inventé le 16 sept 1983 par Édouard Balladur dans un article du Journal Le Monde . On en compte trois : 1986-1988: Mitterrand/Chirac .
1993-1995 : Mitterrand / Balladur .
1997-2002 : Chirac /Jospin.
En principe dans ce cas de figure : Le pouvoir exécutif est partagé entre le Président qui a pour domaine réservé la diplomatie et la défense, et le gouvernement chargé de l' économie et de la politique sociale . En réalité chacun empiète sur le pouvoir de l'autre.
Conclusion: la 5ème République est donc plus souple qu'il n' y parait .
3. 1974 –2007 après la continuité, les français pratiquent l'alternance.
1969-1974 : la continuité avec G. Pompidou, un gaulliste à la barre.
Dans le domaine politique , il continue le travail de modernisation des infrastructures françaises . Le SMIC est mis en place. Dans le domaine de la politique étrangère , il y a une petite inflexion , puisqu'il est favorable lui à un élargissement de l'Europe à la Grande-Bretagne.
1974- 1981: première rupture, Valery Giscard D'Estaing , un libéral à l' Élysée.
VGE assume cette rupture avec le gaullisme, il cherche d'ailleurs à donner cette image d'un président moderne. Sous son mandat des réformes importantes sont mises en place: Libéralisation de la contraception, loi Veil sur l'I.V.G, le divorce par consentement mutuel, la majorité à 18 ans. En politique étrangère , c'est un européen convaincu. Dans le domaine économique , il garde d'abord un gaulliste au poste de premier ministre : Jacques Chirac. Celui -ci répond à la crise par une politique de relance. En 1976 , c'est la rupture entre les deux hommes. Chirac démissionne, il est remplacé par le libéral Raymond Barre qui, lui, mène une politique d'austérité.
1981-1995 : les années mitterrand.
Parmi les grandes mesures adoptées sous son mandat, il faut citer: l' abolition de la peine de mort, la retraite à 60 ans, les 39 h payées 40 , la décentralisation (1982) .Seulement ses gouvernements successifs sont confrontés à la crise. De 1981 à 1982, Pierre Mauroy mène une politique de relance et maîtrise l'inflation. A partir de 1982, est fait le choix de la rigueur. (voir leçon sur les transformations économiques et sociales).
Les socialistes ayant perdu les élections législatives de 1986 et 1993, F. Mitterrand est confronté à deux cohabitations. La première est marquée une politique de rigueur et une première vague de privatisations (TF1 Paribas Saint-Gobain). La seconde connaît une nouvelle vague de privatisations( BNP , ELF, Rhône-Poulenc, U.A.P)
1995-2007. Jacques Chirac, président.
Les élections présidentielles de mai 1995, permettent au gaulliste Jacques Chirac de devenir président. Il tente avec son premier ministre Alain Juppé de réduire la dette de l'État en augmentant les impôts et en tentant de réformer la sécurité sociale et les retraites. Elles ne peuvent aboutir face à un mouvement social de grande ampleur.
En 1997,Jacques Chirac décide finalement de dissoudre l'Assemblée Nationale pour conforter sa majorité. Mal lui en prend ,car il échoue. Est alors mise en place une nouvelle cohabitation, au cours de laquelle Lionel Jospin et son gouvernement mènent une politique qui combine des mesures qu' on peut qualifier de gauche ( 35 h, CES , etc) et des mesures plutôt libérales ( poursuite des privatisations ). Il est à noter qu'en 2000, les français acceptent le quinquennat. Si le chômage baisse pendant cette période, Lionel Jospin ne parvient pas à s'attirer les faveurs de la majorité des français. Il perd les élections présidentielles de 2002.
A partir de 2002, le gouvernement de J-P. Raffarin , engage une politique dont les priorités sont les suivantes: la sécurité, la décentralisation et la réduction des dépenses de l' État. Dans ce domaine, la politique peut être apparentée à une politique d'austérité même si le gouvernement s'en défend. J. Chirac, lui , comme la plupart des présidents de la 5 ème République consacre le début de son nouveau mandat à la politique étrangère en faisant de la France, le leader des pays hostiles à une intervention armée en Irak avant la fin de la mission des inspecteurs de l'ONU.
En 2005, après l’échec du référendum sur le TCE , J-P Raffarin est remplacé par Dominique de Villepin qui peine à réaliser certaines réformes comme celle du CPE.

2007 : L’élection à la présidence de Nicolas Sarkozy.

Le nouveau président de la république a fait toute sa campagne électorale sur le thème de la rupture. Il appartenait cependant à la majorité présidentielle et au gouvernement. Il a également donné des signes ostentatoires de fidélité au gaullisme.  Les signes de ruptures ou de continuité seront donc à observer dans les domaines suivants : réforme de l’Etat, politique étrangère, sécurité, politique sociale. 

Conclusion: La 5ème République est donc une démocratie. Certes, conformément aux souhaits de De Gaulle, elle renforce les pouvoirs du président, mais l'Assemblée a encore son mot à dire. Les cohabitations en témoignent. Les français utilisent donc les possibilités offertes par cette constitution pour pratiquer entre 1974 et 2002 l'alternance ou la cohabitation. Certains estiment ces situations parlisantes. C’est dans cet esprit qu’est adopté le quinquennat afin que la majorité présidentielle corresponde à la majorité parlementaire. Depuis  2002, c’est le cas. Quelque part le souhait de De Gaulle de ne pas voir l’action présidentielle et gouvernementale limitée par le législatif trouve là sa réalisation. Cependant l’absence de contrepouvoir peut poser question. Les élections législatives de juin 2007 confirmeront-elles la situation dans laquelle une majorité le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif ?

25.05.2007

Avis aux terminales

Le corrigé du bac blanc d'avrll est disponible dans les documents associés

20.05.2007

Un État et un espace en recomposition : la Russie.

Depuis le 8 décembre 1991, Fédération de Russie est le nom officiel de la Russie. C’est aujourd’hui encore, le plus vaste Etat du monde avec 17 075 400 km². Cet Etat est ce qui reste de l’URSS, l’une des deux grandes puissances de la guerre froide.


La recomposition de la Russie a-t-elle définitivement remis en cause sa puissance ?

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I La recomposition post-soviétique.

a) Les enjeux d’une recomposition territoriale.

La perte de superficie.

L’éclatement de l’URSS en 91 a fait perdre à la Russie un certain nombre de territoires. L’URSS comptait effectivement 22 Millions de km², la fédération de Russie n’en compte plus désormais que 17. L’URSS a donné naissance à 15 nouveaux Etats dont la Fédération de Russie.

La perte de ressources.

Cette fédération ne peut plus compter directement sur des régions agricoles importantes : l’Ukraine ( tchernozium , climat propice à la céréaliculture, le grenier à blé de l’ex-URSS), l’Asie centrale (coton). Mais elle ne contrôle plus, non plus, les ressources énergétiques d’Asie centrale (une partie du pétrole de la Caspienne, Bakou en Azerbaïdjan).

La perte du contrôle des routes des exportations

Désormais, par exemple, 90 % des exportations de pétrole russe vers Europe passent par l’Ukraine. La Russie doit s’acquitter 600 millions de dollars de droits de transit chaque année.

Les tensions territoriales.

Certaines parties de la Russie sont en rébellion contre le pouvoir central. On peut citer République de Sakha ( ex-Yakoutie ) et surtout la Tchétchénie qui a connu deux guerres 1994-1996 et 1999.


b)La remise en cause d’une puissance stratégique .


La perte du contrôle sur le proche étranger.

Sur le plan des alliances, la Russie est désormais entourée d’anciennes démocraties populaires ou Républiques de l’Ex-URSS devenues membres de l’OTAN (La Hongrie, la Pologne et la République tchèque en1999, la Bulgarie, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie en 2004). La Moldavie, l’Ukraine et la Géorgie ont fait part de leur volonté d’intégrer l’organisation.

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les EU ont installé des bases en Ouzbékistan, kirghistan Tadjikistan et Géorgie pour lutter contre Al Qaida.


Une puissance nucléaire affaiblie mais réelle.

Les difficultés financières de la Russie ne lui permettent plus d’entretenir une armée puissante. L’ état d’abandon des sous-marins nucléaires soviétiques dans le ports de Mourmansk ou la tragédie du Koursk en sont l’illustration.

Mais la Russie reste une puissance nucléaire majeure (la seconde) . Vladimir Poutine le rappelle régulièrement.


L’évolution du peuplement .

Question : le peuplement est-il un facteur de la puissance de la Russie?


La Russie connaît un certain déclin démographique :

Aujourd’hui, la situation en Russie est inédite : l’accroissement naturel est devenu négatif (solde naturel : –80000). La population est passée de 147 millions en 1989, à 142 millions aujourd’hui.

Un taux de mortalité assez élevé s’explique par une dégradation des conditions sanitaires, un nombre élevé d’homicides et de suicides, par un alcoolisme répandu et une surmortalité accidentelle ( route, travail) ( L’espérance de vie en Russie est faible : 72 ans pour les femmes, 59 ans pour les hommes).

La natalité baisse également, les classes en âge de procréer sont issues d’un processus de ralentissement de la natalité depuis 1950, et la situation sociale difficile n’incite pas les couples à faire des enfants.

Remarque 1 : Denis Eckert insiste sur le fait que ce déclin démographique ne date pas seulement de la période post soviétique. Il était perceptible avant 1991.

Remarque 2 : On parle de déclin démographique. Il faut cependant nuancer ce constat. L’ISF remonte 1,35 enfant par femme en age de procréer aujourd’hui contre 1,2 en 2003.

ISF : (indice synthétique de fécondité) Nombre de femmes en age de procréer.

Remarque 3 : la baisse de population n’est pas généralisée sur l’ensemble de la Russie. Certaines régions gagnent de la population : Moscou ( phénomène migratoire), républiques du Caucase ( croît naturel). A noter cependant, l’anomalie des résultats Tchétchénes qui sont peu crédibles) .


Ces 142 millions de Russes sont inégalement répartis sur le territoire.

- Dans le triangle St Petersbourg-Rostov- Omsk, donc dans la Russie d'Europe pour l'essentiel, on trouve les fortes densités (+ de 50hab/km2). Cette partie de l’Europe représente 80 % de la population.

- On a ensuite une bande de peuplement au sud de la Sibérie et le long des grands fleuves.

- Ailleurs les 2/3 du territoire sont vides avec moins de 1 hab/km2.


L’armature urbaine russe est très déséquilibrée.

La population urbaine en Russie a fortement augmentée, elle représente 74 % de la population mais le réseau urbain russe est très déséquilibré. 10 des 14 villes de plus d’1 million d’habitants sont localisées dans la partie européenne. Le réseau urbain est dominé par Moscou ( 14 millions) et Saint-Pétersbourg ( 5 millions).

Il manque en Russie, un réseau de métropoles régionales.


Remarque 4 : On observe des flux migratoires. Il ne faut pas exagérer l’ampleur du phénomène des pieds rouges. Russes demeurant dans les anciennes républiques de l’URSS désormais indépendantes.

Par contre , les flux migratoires internes des régions périphériques de Sibérie orientale, d’extrême orient ou du Caucase vers la Russie d’Europe sont relativement importants.


Cl : Le poids démographique de la Russie est donc remis en cause par son évolution démographique récente même si des signes positifs semblent perceptibles. Du point de vue du peuplement, on peut également parler de recomposition du territoire.


Conclusion : Il y a donc effectivement recomposition du territoire russe depuis 1991. Visiblement cette recomposition peut remettre en cause les manifestations de la puissance de la Russie.


II Contraintes mais aussi atouts du territoire soviétique.

Question : Le territoire de la Russie contribue-t-il à sa puissance ?


a) Les problèmes posés par les milieux.

Le milieu peut être difficile. Du point de vue du climat, la Russie est un pays nordique : 85% du territoire se situe au nord du 50°N ( la latitude de Dieppe ). Plus on va vers l'Est, plus la continentalité augmente, ce qui entraîne une forte amplitude thermique. Les précipitations sont plutôt faibles. Il fait froid partout en hiver et chaud partout en été ( les températures dépassent souvent 25°C en Sibérie). Les températures sont négatives pendant 5 moins à Moscou, 8 mois à Yakoutsk. Plus d’un tiers du territoire russe a des températures moyennes de janvier inférieures à –30°C. La durée de l’été s’amenuise vers l’est. Au printemps, c’est la saison des « mauvaises routes » ( Raspoutitsa).La fonte des neiges transforme les chemins en bourbiers.
Tout le pays se situe dans la zone tempérée continentale, à part les régions les plus proches de la mer Baltique ( nuances océaniques ), de l'océan pacifique ( plus humides que l'intérieur de la Sibérie sous l'influence de la mousson d'été), des régions situées dans le grand Nord ( climat polaire ) et des marges méridionales du pays (nuances désertiques).


Le relief pose un problème lorsqu'il accentue le froid de l'hiver .L’Oural n’est pas un obstacle majeur. Les hautes montagnes sont situées dans la partie sibérienne du pays et dans le Caucase, ce qui accentue le froid hivernal et rend les étés moins chauds. Les montagnes forment un arc de cercle périphérique qui isole la Russie des pays voisins, les pays du Caucase ou la Chine.


On distingue en Russie trois grands domaines bio-climatiques :

- Le nord est le domaine de la toundra ( formation végétale basse, mousses, lichens, adaptée au climat polaire).

- La taïga ( forêt boréale), principalement constituée de conifères et de bouleaux et la forêt mixte plus riche en feuillus forment la plus grande forêt du monde (2/3 du pays). Le bois est souvent évacué par flottage. Les sols bruns de la forêt mixte sont plus fertiles que les sols gris ( podzol) de la taïga).

- Au sud et à l’ouest, on trouve les Terres noires ( Tchernoziom) , célèbres pour leur fertilité.


Conclusion : les contraintes sont nombreuses mais elles peuvent éventuellement être dépassée grâce à des aménagements.


b) Le plus vaste état de la planète.

La Russie reste le plus vaste Etat de la planète, malgré l’éclatement de l’URSS : 17 M km2 (30 fois la France), 11 fuseaux horaires,10 000 kms d’ouest en est, 9300 kms de Moscou à Vladivostok par le transsibérien, à titre de comparaison, Los Angeles ou Johannesburg sont à 9000 kms de Paris.


Conclusion : le territoire Russe est grand, c’est un atout pour la puissance du pays mais cette immensité n’est un avantage que si le territoire est maîtrisé.


c) Les ressources de l’URSS.

Le sol :

On l’a vu, les sols sont très fertiles dans le triangle utile : « les Terres Noires » ou « tchernozium ou tchernoziom ». L’ agriculture est donc très développée en Russie d’Europe.


Le sous-sol :

Les ressources du sous-sol sont nombreuses et importantes :

Les gisements situés dans la partie européenne sont en cours d’épuisement.( Ex Donbass) Des mines ferment.

En Sibérie, on trouve 80% du charbon (Kouzbass + réserves de Sibérie orientale)

L’Oural est riche en fer d’une telle teneur qu’on observe une AMK (anomalie magnétique de Koursk). Il y a également des réserves de fer en Sibérie (Iakoutie).

On trouve également en Russie une grande quantité des minerais non ferreux.

De plus, en Sibérie centrale, le coût de l’hydroélectricité est si faible qu’on hésite plus à importer de la bauxite de Guinée pour y produire de l’aluminium. C’est un aspect de l’intégration dans la mondialisation.

L’exportation de toutes ces ressources procure à la Russie des devises.

Comme on l’a vu les gisements sont nombreux en Sibérie et en Extrême-Orient mais leur exploitation est souvent difficile et coûteuse.

Enfin et surtout avec 13% des réserves mondiales de pétrole et 45 % des réserves de gaz. La fédération de Russie est l’un des principaux fournisseurs d’hydrocarbures au monde. (Bakou I, II et III).


Les limites de l’exploitation des ressources.

L’exploitation des ressources est depuis longtemps extensive et intensive, sans préoccupations pour l’environnement. Les abus industriels, le gaspillage et le manque de précautions ont des conséquences dramatiques : 30 % des eaux destinées à la consommation sont impropres, 20 % des sols sont contaminés et la radioactivité est préoccupante sur de nombreux sites nucléaires.

Conclusion : les richesses de la Russie sont nombreuses mais elles ne constituent un atout que si des moyens de transport efficaces permettent de les écouler et si leur exploitation se fait dans l’optique d’un développement durable.

 

III Maîtriser son territoire et « le proche étranger » pour rester une grande puissance.

Moyens et limites de la politique menée dans le proche étranger. ( HS)

La Russie essaie de maintenir le contrôle de son proche étranger. En 1991, a été créée la CEI (Communauté des Etats Indépendants). Elle regroupe 12 des 15 Etats issus du démantèlement ( les Etats Baltes n’en font pas partie). Elle essaye de déstabiliser certaines de ses voisines en soutenant les minorités (arméniens du Haut Karabakh en Azerbaïdjan, Abkhazes en Géorgie).

Des tensions sont apparues avec l’Union européenne au sujet de l’enclave de Kaliningrad en 2002, de la Moldavie et de l’Ukraine en 2004 ( Révolution orange). Mais dans le même temps, l’Union européenne est un partenaire privilégié de la Russie ( 2000, partenariat énergétique afin d’augmenter les importations d’hydrocarbures en provenance de la Russie, 67 % des importations viennent de l’UE)



Le nécessaire développement des transports.

Les insuffisances des transports russes.

Le treillage du territoire russe est inégal. Le réseau de voies de communication terrestres est essentiellement organisé en étoile autour de Moscou. La navigation fluviale est importante en Europe (Volga et réseau des 5 mers [ Réseau de voies navigables mettant en relation mers baltique, blanche, noire d’Azov et Caspienne]), mais ne peut être que limitée en Sibérie, où les fleuves restent gelés trop longtemps et ont une orientation Nord-Sud, alors que les flux économiques sont plutôt Est-ouest. Le seul axe structurant le territoire est le Transsibérien achevé en 1914, complété dans les années 1970 par le BAM (Baïkal Amour Magistral). Ce réseau est désorganisé et vétuste car mal entretenu alors que les conditions climatiques rendent nécessaire un entretien soutenue. L’avion permet d'intégrer des espaces périphériques comme la Sibérie, mais les appareils comme les aéroports sont vétustes.

On note donc l’insuffisance des moyens de transport en Russie même si les travaux d’élargissement et de modernisation du BAM se poursuivent.

Contrôler la source, la pompe et le bout du tuyau : La géopolitique des tubes et des hydrocarbures.

Le contrôle du secteur de l’énergie.

Même si l’économie planifiée et collectivisée a été abandonnée. ( aujourd’hui plus de 70 % du PIB Russe est réalisé par des entreprises privées). L’Etat n’a conservé le contrôle de certains secteurs stratégiques comme l’énergie. Ainsi une entreprise comme Gazprom est dirigée par des oligarques fidèles à Vladimir Poutine.

Oligarques : hommes d’affaire puissants

Pour information, Gazprom est une société par action contrôlée par l’Etat qui possède 16 % des réserves mondiales de Gaz.

Conclusion : La Russie conserve donc avec ses réserves naturelles et le contrôle du secteur de l’énergie des atouts majeurs.


Le contrôle des conduites

En Tchétchénie , les autorités russes ont décidé la construction d’une dérivation Bakou-Novorossisk pour éviter une République désormais peu sure.

En Ukraine, l’année dernière, Moscou a accusé Kiev de pomper illégalement 9 milliards de m 3 de pétrole. La Russie a donc fermé temporairement les vannes en direction de l’Ukraine pour empêcher ces pratiques. Elle a également décidé la construction d’un oléoduc Samara-Novorossisk pour ne pas dépendre que de l’Ukraine.

Pour créer de nouvelles ouvertures, les autorités ont également décidé de créer un terminal gazier à Primorsk, mais la Baltique est régulièrement gelée en Hiver. Il existe donc un projet de gazoduc sous marin en collaboration avec l’Allemagne et la Finlande. Plus au nord le port de Mourmansk qui bénéficie des effets du gulf stream pourrait devenir un autre passage possible pour les hydrocarbures russes.

Enfin, il existe des projets de conduites pour satisfaire la demande asiatique.


Conclusion : Pour s’assurer un autre atout stratégique, la Russie cherche donc à sécuriser la route de ses exportations d’hydrocarbures.


De nouvelles logiques d'organisation de l'espace.


La Russie d’Europe : Un espace central et dominant.

Elle concentre l’essentiel des hommes des activités et des capitaux.

Elle est fortement métropolisée avec en particulier Moscou ( 14 millions d’habitants) et Saint-Pétersbourg ( 5 millions), mais aussi des villes de la Volga ( kazan, Samara, Volgograd)

On observe une domination de Moscou où se concentrent les pouvoirs politique, économique ( 20 % de la production de richesse nationale) et culturel et où s’expérimente aujourd’hui le libéralisme. Ville essentiellement tertiaire, Moscou reçoit 50 % des investissements étrangers en Russie. C’est aussi à Moscou que se manifeste l’enrichissement d’une nouvelle élite russe.

Cette Russie d’Europe possède un réseau de communication dense, amplifié par le système des cinq mers.

On trouve une région industrielle importante en reconversion autour de la Volga.

Les périphéries intégrées de Sibérie occidentale et le long du transsibérien.

- L’Oural, ancienne région d’industries lourdes, est aujourd’hui en crise; les ressources s’y épuisent et la reconversion est difficile.

- La Sibérie occidentale et méridionale, le long de l’axe du transsibérien regroupe 80 % de la population de Sibérie et se consacre à la production agricole et à l’exploitation des ressources en particulier dans la région de Bakou III entre Ob et Ienisseï.

Les périphéries éloignées, des réserves souvent délaissées.

- Dans le grand nord, la Sibérie orientale et l’ Extrême-Orient, les matières premières abondantes, mais leur extraction est difficile et coûteuse .

- On observe le dynamisme relatif de la façade littorale avec le port de Vladivostok, principale base navale russe du pacifique, qui cherche à développer la coopération transfrontalière avec la Chine en particulier .

- Dans ces régions les soldes migratoires sont négatifs.

- Il y a des tentations sécessionnistes comme dans le nord du Caucase.


Conclusion :

Depuis 1991, certains éléments de la puissance de la Russie sont remis en cause. Sa superficie est réduite, son poids démographique est amoindri. La Russie ne maîtrise plus certaines ressources ou certains accès. Son PIB est relativement faible. Son armée a perdu de sa superbe.

La Russie n’est donc plus une superpuissance. Mais le déclin de la Russie est loin d’être total. Ses ressources restent nombreuses même si les capacités de transport sont insuffisantes dans un espace ou la maîtrise du territoire est un défit permanent. La Russie reste une puissance nucléaire. Enfin, on observe une adaptation de la Russie aux nouveaux enjeux logistiques. Si certaines interfaces sont en déclin d’autres ouvertures se développent. La Russie d’Europe témoigne d’un certain dynamisme, Moscou en particulier attire des investissements et de la population. Des infrastructures de transport sont construites ou en projet. De nouvelles fenêtres sur le monde se développent.

A ce titre l’espace Russe peut-être considéré comme un espace en recomposition.

15.05.2007

La composition

Analyse du sujet :

Il faut déterminer :

La période ou la date à étudier.

L'espace concerné par le sujet.

Les mots clés du sujet . Il doivent être définis ( le vocabulaire doit donc être maîtrisé) , il faut aussi s'interroger sur le sens des mots de liaison ( ex: "et" dans un sujet de type comparaison)

Le contexte.

Il faut définir la nature du sujet. ( Voir fiche)

Il faut adopter une problématique adaptée au sujet .

Mobilisation des connaissances (au brouillon).

Il faut :

Enumérer les idées selon deux logiques, posez vous alors les deux questions suivantes:

Ces idées permettent-elles de traiter le sujet ?

Comment est-il possible de les classer ?

Regrouper les arguments par thèmes.

Pour chaque argument trouvez des exemples précis ( localisation sur une carte, biographie, évènement, chiffres, citations, etc..)

Rédaction du devoir.

Il faut :

Rédiger soigneusement en aérant le devoir ( sautez une ligne entre l'introduction et le développement, entre les parties , entre la dernière partie et la conclusion , allez à la ligne à la fin de chaque paragraphe)

Proposer un argument et ses exemples par paragraphe.

Soigner l'écriture et la rédaction ( orthographe et expression) . Rédigez entièrement le devoir , n'utilisez pas d'abréviations. Évitez la première personne du singulier ( je pense que )

Utiliser des mots de liaison.

L'introduction

Elle comporte trois parties matérialisées par des paragraphes:

Présentation du sujet :

Vous devez:

Situer le sujet dans le temps et l'espace.

Définir des mots importants.

Evoquer le contexte.

Une présentation du sujet est bonne lorsqu'elle guide naturellement le lecteur ( en général le correcteur) vers la problématique.

Problématique:

C'est l'interrogation principale du devoir. Elle peut être présentée sous la forme d'une phrase interrogative directe ou interrogative indirecte. Elle peut , dans le même paragraphe, être accompagnée par d'autres questions qui précisent la nature des interrogations.

Annonce du plan.

Elle est absolument nécessaire.

Elle est entièrement rédigée.

Elle doit être clairement distinguée de la problématique.

Le développement.

L'enchaînement des idées doit être logique. Placez donc les arguments de façon rigoureuse dans les différentes parties.

Chaque argument doit être accompagné d'exemples bien choisis.

A la fin de chaque partie , il faut proposer une conclusion partielle. Son rôle consiste à montrer que la partie est un élément de réponse à la problématique.

Proposez une phrase de transition entre chaque partie. Vous pouvez ainsi montrer que vous allez compléter l'analyse ou alors nuancer votre propos.

La conclusion

C'est un bilan du développement. Il faut donc récapituler les éléments clés du raisonnement.

C'est donc une réponse claire à la problématique.

La conclusion comprend un élargissement du sujet , une ouverture de la réflexion vers d'autres thèmes d'étude. Évitez à tout prix , les questions vagues sans rapport direct avec le sujet.

Enfin , les arguments nouveaux ou informations complémentaires n'ont pas leurs places dans la conclusion.

La relecture

Ou : comment ne pas perdre de points stupidement.

Un ou des totalitarismes ?

Le mot apparaît dans les discours de Mussolini au début des années 20 pour désigner le régime qu'il souhaite mettre en place. Dès 1923, G Amendola , un opposant du groupe libéral démocratique utilise cette expression pour dénoncer la mainmise du pouvoir fasciste sur l'Italie.Mais attention à cette époque, aucun véritable régime totalitaire tel qu’il sera défini plus tard, n’est établi. Mussolini qui s’est emparé du pouvoir à l’occasion de la marche sur Rome en 1922, n’obtient le monopole du pouvoir qu’en 1926 avec les lois fascistissimes. En 1922, Staline devient secrétaire général du PCUS, mais il n’entame sa marche vers le monopole du pouvoir à la suite de la mort de Lénine en 1924. En 1933, Hitler s’empare du pouvoir à la suite d’élections législatives en Allemagne dans un contexte de dépression économique et de montée du conservatisme politique.

C’est dans les années 1945-1950 que le totalitarisme est à nouveau défini pour désigner les régimes apparus dans les années 20-30, d’une part mais aussi pour stigmatiser les régimes contemporains qui se distinguaient du modèle de la démocratie libérale occidentale d’autre part.

Pb : Quelle définition peut-on donner du totalitarisme ? Existe-t-il un ou des totalitarismes ? Les régimes qualifiés de totalitaires sont-ils comparables ?

I Une dictature politique basée sur une idéologie totalisante.

Des dictatures.

L’Italie fasciste :

En 1922, à la suite d’élections législatives ratées, Mussolini organise « marche sur Rome ». Le Roi Victor Emmanuel III fait appel à lui pour former le nouveau gouvernement. Il n'y a d'abord que 4 ministres fascistes, la chambre des députés est maintenue. La presse d'opposition est autorisée. Mais la même année, les pleins pouvoirs sont votés par la Chambre des députés et le Sénat pour un an au bénéfice de Mussolini. En novembre 1926 à la suite de l’affaire Matteotti (1924), les lois fascistissimes sont votées par le parlement : Mussolini, désormais, contrôle plusieurs ministères. II n'est plus responsable que devant le roi, il peut légiférer par décret-loi, c'est à dire sans demander le vote du parlement. Le parlement n'a plus l'initiative des lois. Par ailleurs, le Sénat est maintenu mais sans pouvoir.

L’URSS stalinienne :

Pour prendre l'ensemble du pouvoir à la mort de Lénine en 1924, Staline secrétaire général depuis 22 élimine ses adversaires politiques, comme Trotski. Kamenev Zinoviev, Boukharine.

En 1936, est adoptée d'une nouvelle constitution. Le peuple vote pour des candidats uniques. Le parti communiste est le

parti unique. Staline contrôle toutes le nominations des cadres du parti.

L’Allemagne nazie.

A la suite de l’échec de la tentative infructueuse de prise de pouvoir par la force (Le putsch de la brasserie : 8 -9 novembre 1923), Hitler considère que la voie légale peut permettre aux nazis du NSDAP ( Parti National Socialiste des travailleurs Allemands) de s’emparer du pouvoir. Aux élections législatives de novembre 1932 , les nazis obtiennent 33,1%. Hindenburg, président de la République, fait donc appel à Hitler pour contrer la progression communiste. Hitler est nommé chancelier le 30 janvier 1933. Dès mars 33, le Reichstag lui vote les pleins pouvoirs pour quatre ans. En 1934, à la mort d’Hindenburg, Hitler devient Reichsführer. Il cumule les titres et les fonctions de président et de chancelier.

Conclusion : les trois régimes ont donc en commun d’avoir établi des dictatures caractérisés par l’exercice du monopole du pouvoir par un chef suprême et la mise en place d’un système à parti unique. De ce point de vue là les régimes sont comparables.

b) des idéologies foncièrement différentes.

Le fascisme : Il est intéressant de noter qu'à l'origine le fascisme affirmait un certain nombre de principes socialisants. Il furent abandonnés par la suite pour ne pas effrayer les industriels et les propriétaires fonciers. Le fascisme est avant tout une idéologie nationaliste. ( la nation considérée comme valeur suprême de l'ordre politique). Pour les fascistes, l'Etat prévaut sur les individus et leurs libertés. Les fascistes veulent un parti unique et un monde du travail organisé selon le principe du corporatisme. Le fascisme rejette le libéralisme, le communisme et la démocratie parlementaire.

Le nazisme : Nazisme est un terme construit à partir du sigle d'un parti. Les points communs entre le nazisme et le fascisme sont nombreux. ( préoccupations sociales des origines, primauté de l’Etat sur l’individu, nationalisme, rejet du libéralisme, du communisme et du parlementarisme). Mais le nazisme est avant tout une idéologie raciste. Dans Mein Kampf ( 1925-1926), Hitler développe une théorie basée sur la croyance en l’inégalité des races (la race aryenne étant considérée comme supérieure), sur un antisémitisme forcené, sur la volonté de conquérir pour la race allemande un espace vital (lebensraum).

Antisémitisme : haine des juifs.

Débat :

Le nazisme se distingue-t-il totalement du fascisme par son caractère raciste ? Cela est discutable. La conquête de l’Ethiopie, au cours de laquelle l’armée italienne utilise l’arme chimique, se fait au nom de la supériorité du peuple italien descendant de la Rome antique. L’Italie fasciste a également adopté des lois racistes et ségrégationnistes comparables aux lois de Nuremberg en 1938.

Le stalinisme :

Le stalinisme est plus une pratique qu’une idéologie. Cependant, il est possible de préciser quelques principes staliniens.

D’abord le stalinisme se présente comme un héritage du marxisme ( voir leçon sur les doctrines sociales) et du léninisme. Staline parle de Marxisme-Leninisme.

Il accorde donc une importance majeure au parti, guide et représentant des intérêts du prolétariat. Même si conformément à la théorie marxiste, la disparition de l’Etat est souhaitée et "prévue" au terme d’un long processus, Staline est partisan d'un État fort et autoritaire dans une phase intermédiaire. En outre Staline souhaite la disparition de la bourgeoisie.

Cependant le stalinisme prend également ses distances par rapport à ces deux références.

Alors que Marx faisait de la « disparition du travail » un but ultime, Staline exalte le travail. ( Stakhanovisme).

Ensuite, pour Staline le « socialisme [doit se réaliser avant tout] dans un seul pays ». Alors que Lénine et Trotski prônaient au contraire la révolution internationale.

Conclusion : les références idéologiques et les principes opposent donc fondamentalement le stalinisme du fascisme et du nazisme. Cependant, dans les faits, on retrouve le même poids de l’Etat dans les systèmes totalitaires.

II Le poids de l’Etat dans l’économie.

L’Italie fasciste.

Dans l’Italie fasciste, l’Etat intervient beaucoup dans l’économie. Les productions industrielles et agricoles sont encouragées ( Bataille du blé ( fin des années 20), assèchement des marais Pontins (1931)). L’Etat crée différentes institutions industrielles : AGIP ( Agence Générale Italienne du Pétrole) doit exploiter et distribuer le pétrole des colonies Italiennes. Ll’IRI (Institut pour la Reconstruction Industrielle-1933) contrôle les secteurs les plus importants comme la sidérurgie, la construction navale, les industries chimiques ou mécaniques. En 1934, l’état fait le choix de l’autarcie.

Autarcie : Politique qui consiste à vivre de ses propres ressources en réduisant le plus possible les échanges avec l’extérieur. Corporatisme : doctrine économique et sociale qui ne reconnaît pas la lutte des classes et les syndicats. Les travailleurs et le patronat d’un même secteur sont associés dans des corporations qui les représentent auprès de l’Etat

Stalinisme :

Staline abandonne la NEP. L’industrie est désormais organisée par des plans de 5 ans ( plans quinquennaux). Staline a deux grands objectifs :

Accélérer l’industrialisation : II y parvient en partie. Les réussites concernent essentiellement les industries extractives et de bases.

Collectiviser les campagnes : Des Kolkhozes et des sovkhozes sont mis en place.

Kolkhoze : ferme collective. Le revenu des kolkhoziens dépend du temps de travail et du revenu de l’exploitation .

Sovkhoze : ferme d’Etat. Chaque travailleur perçoit un salaire fixe.

Cette politique rencontre des réticences. La collectivisation est donc imposée.

Allemagne nazie :

Dans l’Allemagne nazie, l’Etat contrôle l’économie. De grands travaux sont réalisés. Des produits de remplacement sont crées :les ersatz.

Ersatz : produits de substitution.

L’objectif fixé est également celui de l’autarcie.

A partir de 1935-1936, l’économie est également organisée pour préparer la guerre. Les principes du traités de Versailles sont donc ouvertement bafoués.

Conclusion : Dans les trois totalitarismes, le rôle de l’Etat dans l’économie est donc majeur. Mais si l’Italie fasciste est interventionniste, les économies allemande et soviétiques sont clairement dirigées.

III Un projet de transformation de la société.

a) La mobilisation des masses par la propagande.

Dans l’Italie fasciste, la jeunesse est formée et endoctrinée dans des organisations telles que les « Fils de la louve » (4-8ans) ; les « balilllas » ( 8-14 ans); les « avanguardisti » (14-18 ans) ; les « jeunesses fascistes » ( 18-21 ans). Les loisirs des adultes sont aussi organisés dans le cadre du Dopolavoro (après le travail) qui promeut l'éducation physique, la formation artistique et culturelle et l'aide sanitaire et sociale). La propagande. Elle met en place un véritable culte du chef . Mussolini apparaît comme un penseur, un écrivain, une homme d'Etat, un législateur, un travailleur de la terre, un artisan. Le slogan est désormais: « Mussolini a sempre ragione». A CineCitta , les péplums doivent ranimer le souvenir de la Rome impériale

Dans l’URSS de Staline, la propagande entretient le culte du chef .Elle utilise la presse ( Pravda), les affiches, la peinture, le cinéma ( Eisenstein- Octobre-Ivan le Terrible (première partie) ). Ainsi se développe un véritable art officiel qui exalte le socialisme et le nationalisme. La jeunesse est encadrée. Les pionniers sont âgés de 7 à 14 ans,les adolescents de 14 à 18 ans sont rassemblés dans les komsomols.

Komsomols : jeunesses communistes.

On retrouve la mobilisation des mêmes moyens d’encadrement de la population dans l’Allemagne nazie. Les « jeunesses hitlériennes »( hitler–jugend) et les « ligues des jeunes filles allemandes » servent l’objectif d’Hitler de créer une jeunesse forte et disciplinée. Joseph Goebbels, ministre de la propagande, contrôle les moyens de communication : la radio, le cinéma. Il met à disposition de Leni Riefenstahl des moyens colossaux pour réaliser le « triomphe de la volonté » ou bien « les dieux du stade » . La réalisatrice a longtemps prétendu avoir réalisé de simples documentaires. Pour beaucoup, en réalité, elle exalte les valeurs du nazisme. Les loisirs de la population sont encadrés par le « kraft durch freude » ( la force par la joie) qui développe les activités sportives et culturelles pour la population. Cette propagande entretient le culte de la personnalité et fait d’Hitler l’incarnation du reich.

Conclusion : les trois régimes partagent la même volonté d’endoctrinement et mobilisent des moyens considérables dans des proportions inconnues jusqu’alors afin d’avoir une emprise totale sur la société. On retrouve dans les trois régimes la mise en place d’un culte du chef.

b) Le déploiement d’une extraordinaire terreur de masse.

Dans l’Italie fasciste sont mobilisés des moyens de répression de l’opposition. L'administration est épurée. La presse, la radio sont soumises à la censure, les syndicats et organisations politiques non fascistes sont interdits. La police politique, OVRA ( Organisation Volontaire pour la Répression de l'Antifascisme), et la Milice (Milice Volontaire pour la Sécurité Nationale ( MVSN) traquent les ennemis du régime. Les opposants sont envoyés dans les prisons ou les bagnes du sud de l'Italie (5000 personnes entre 1922 et 1943). Le fondateur du parti communiste, Gramsci, est condamné à 20 ans de prison et meurt d'épuisement en 1937.

En URSS, la répression s’étend à toute la société Les koulaks ( paysans riches) sont victimes de la politique de collectivisation. En Ukraine, en 1930-1932, des millions de paysans sont victimes d’une famine dont les origines ne sont pas naturelles. Au total, 1 800 0000 paysans furent déportés. C’est la dékoulakisation. Mais la terreur concerne également les membres du parti les cadres de l’armée. Ce sont les « Grandes Purges » de 1936 à 1939. Le NKVD et le goulag sont les instruments de cette répression.

Goulags :Camps de travail

NKVD: ( Commissariat du peuple à l'intérieur ) Police politique. Le NKVD est l'ancêtre du KGB (Comité de sécurité

d' Etat), crée en 1954.

Les estimations des victimes des goulags, des grandes purges et de la grande famine varient beaucoup, mais le chiffre revenant le plus souvent est de 20 millions de morts. Cependant pour Nicolas Werth, le nombre de morts de 1932 à 1939 n'excéderait pas les 9 millions.

La violence de masse est également mise en place dans l’Allemagne nazie. La gestapo chasse les opposants. Lorsqu’ils ont arrêtés ceux-ci sont envoyés dans des camps de concentration comme Dachau ( ouvert dès 33) ou Buchenwald. Jusqu’en 1941, ces camps sont destinés à l’internement des ennemis du régimes ou assimilés. ( communistes, sociaux démocrates, chrétiens militants, juifs à partir de 1938). Ces camps se transforment rapidement en camps de travaux forcés. La répression peut également concerner les membre du parti nazi. Ce fut le cas à l’occasion de la « nuit des longs couteaux » en juin 1934. 200 membres des SA furent exécutés.

SA (Sturmabteilung ) : Division d'assaut, organisation paramilitaire du NSDAP créée par Hitler en 1921 en réunissant d'anciens combattants, des officiers mécontents et des membres des corps francs sous l'autorité d'Ernst Röhm.

Mais l’Allemagne nazie se distingue avant tout par l’ampleur du crime génocidaire. Pour Raoul Hildberg, le génocide fit environ 5,5 millions de victimes juives et plus de 200 000 victimes tziganes. C’est l’une des conséquences de la mise en pratique de l’Idéologie nazie. C’est la raison pour laquelle certains auteurs parlent de violence congénitale du nazisme. ( Philippe Burrin in Stalinisme et Nazisme sous la direction d’Henry Rousso)

Gestapo : Geheim Staatpolizei, police politique secrète du pati nazi fondée en 1933.

Débat :

Certains auteurs ont assimilés les crimes du nazisme aux crimes du Stalinisme. (Stéphane Courtois, auteur de l’introduction du livre noir du communisme) :

Leurs arguments sont les suivants : Les bilans humains des deux totalitarismes seraient comparables.

Dans le stalinisme, le génocide de classe ( dékoulakisation, destruction de la bourgeoisie) serait l’équivalent du génocide de race.

Pendant les grandes famines de 1932-33, la mort de millions d’Ukrainiens serait l’équivalent d’un génocide.

D’autres auteurs, contestent cette assimilation rapide.

Nicolas Werth et J-L Margolin, d’autres auteurs du Livre noir du communisme, contestent les chiffres avancés par Stéphane Courtois.

Sur la famine des années 30, le point de vue de N. Werth a évolué. En 97, il considère que Staline est responsable des millions de victimes. En 2001 , s’il est toujours persuadé de la responsabilité stalinienne. Il considère plutôt que face aux résistances des paysans, la violence d’Etat a provoqué une désorganisation de la production agricole mal évaluée. La responsabilité serait moins directe. Il conteste également l’idée selon laquelle Staline serait ukrainophobe.

Remarque : Staline refusa cependant de venir au secours des sinistrés.

c) La société face au projet totalitaire.

Le projet totalitaire consiste à transformer la société conformément à l’idéologie dominante ? Les trois totalitarismes sont-ils comparables dans leur aptitude à créer des sociétés nouvelles ? En d’autres termes quelle est « la réponse sociale «  à la domination idéologique ? ( Heny Rousso).

La société italienne.

Le succès de Mussolini et de ses thèses fut vérifié à plusieurs reprises à l’occasion de différentes échéances électorales. Mais l’imprégnation de la société par le fascisme a connu des limites. D’abord parce qu’une institution aussi puissante que l’église a maintenu son influence sur la société, considérant d’un mauvais œil par exemple l’encadrement fasciste de la jeunesse. Elle légitima pourtant le régime en signant en 1929 les accords du Latran. (Les nominations du clergé sont soumises au contrôle de l'Etat. Les évêques prêtent serment au régime, l'église reconnaît Rome comme capitale de l'Italie, en contrepartie, le mariage religieux est reconnu comme officiel, la religion catholique devient religion officielle de l'Etat, la souveraineté du pape est reconnue sur la cité du Vatican.). Il est à noter également que beaucoup d'italiens disent adhérer au Parti National Fasciste Per Nececitta Familiare, PNF.

La société soviétique

Pendant longtemps on a mis en avant l’adhésion de la population au culte de Staline ( les enfants dénonçant leur parents pour protéger le régime et le petit père du peuple, les larmes sincères versées par les soviétiques à la mort de Staline). Cependant, des travaux assez récents amènent à évaluer à la baisse l’adhésion des soviétiques au stalinisme ( Elena Zubkova). Il semblerait que même pendant les heures les plus terribles de la grande terreur, la société civile a conservé une certaine autonomie, développant parfois des formes de résistance plus ou moins actives. ( 14000 émeutes recensées par la police politique en 1930, maintien du sentiment religieux , en 1937 , 57 % des soviétiques se déclarent encore croyants au recensement ).

La société allemande.

Le régime nazi est parvenu a maintenir un certain soutien populaire jusqu’à la fin . Cependant, cette adhésion s’est un peu effritée à partir de 42-43 quand il est devenu de plus en plus difficile de maintenir le niveau de vie des allemand dans le contexte de guerre. Cela n’a pas empêcher le nombre d’adhérents au parti nazi de passer de 2 M en 33 à 8 M en 1945. Il convient de noter cependant que si les ouvriers continuèrent d’adhérer de plus en plus nombreux. La proportion des personnes issues des classes supérieures est allée en diminuant.

Une résistance au régime nazi s’est cependant manifestée également. Le contrôle ne fut donc pas total. Notamment celui de la jeunesse. Arno klönne «  Jugendprotest und jugenopposition » , a démontré l’existence d’une jeunesse réfractaire à l’embrigadement, écoutant du jazz,faisant parfois le coup de poing contre les membres de la hilter-jugend. La rose blanche fut un groupe de résistance fondé par des étudiants Hans et Sophie Scholl ,Alexander Schmorell.

Conclusion :

Les trois régimes partagent donc un certain nombre de traits communs permettant de définir le totalitarisme. Il s’agit en effet de régimes basés sur une idéologie dominante, un parti unique, la dictature d'un dirigeant, une police imposant la terreur, un monopole des moyens de communication, un monopole de la force armée et une économie dirigée par l' Etat.

Cependant, si la comparaison entre les trois régimes est possible, elle ne permet de conclure à l’identité des trois totalitarismes.

Le nazisme se distingue avant tout par l’horreur du génocide. Même si l’utilisation politique de l’antisémitisme par Staline et les lois antisémites adoptées en Italie en 38 sont condamnables, elles n’atteignent pas le degré de cruauté de la politique génocidaire nazie.

Les régimes doivent être distingués pour une autre raison. Si il existe une parenté réelle entre le fascisme et le nazisme, ces deux idéologies rejettent le communisme dont les références sont complètement différentes.

En résumé, le concept de totalitarisme permet de comprendre des dictatures d'un type nouveau émergeant vers1920-1930, cependant les régimes décrits sont différents.

07.05.2007

La grande émission

Pour les élèves concernés, la grande émission, elle aura bien lieu le mercredi 9 mai. Préparez vos galettes. Le grand chef est prêt à vous accueillir.

06.05.2007

L’espace méditerranéen : une interface Nord/Sud

 

 Présentation générale de l’espace méditerranéen : - 3 800 km d’Est en Ouest

- 700 km de largeur maximale

- 18 États sur trois continents soit 200 millions d’habitants. Ou bien 25 Etats et 250 millions d’habitants.

- espace qui met en communication des continents mais aussi des océans

L’espace méditerranéen est-il un interface Nord/Sud ? Marque-t-il une réelle discontinuité entre le nord et le sud ? Est-il également un espace de contact entre la rive nord et la rive sud ? Peut-on réduire à cette opposition nord-sud l’interface méditerranéen ?

Proposition de croquis simplifié  

 Une proposition de collègue :

http://www.educreuse23.ac-limoges.fr/loewy/swf/Espace_med...

I Un espace marqué par des discontinuité.

a)                   Une opposition nord-sud du point de vue du développement.
Les pays européens du nord de la méditerranée sont en moyenne plus développés que les pays du Sud .
Mais dans cette répartition nord-sud, il y a des exceptions :
Israël est un pays développé sur la rive orientale de la méditerranée : IDH 0.905.

De plus le nord n’est pas développé de façon homogène.  En effet, au NO , l'IDH est en moyenne supérieur à 0.8. Sur le versant sud et oriental , il est compris entre 0.5 et 0.8.

Notez que le sous-développement du Sud de l'espace méditerranéen est relatif. Aucun IDH n'est inférieur à 0.6. C'est-à-dire un IDH moyen.

b) Une grande diversité culturelle.

On peut distinguer deux  grandes aires religieuses

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 Mais en réalité les aires religieuses s’interpénètrent à plus grande échelle. La réalité est donc plus complexe. Islam autochtone des Balkans, communautés chrétiennes du proche-orient. De plus les différentes aires religieuses sont divisées. on peut distinguer une Europe méditerranéenne catholique d'une Europe méditerranéenne orthodoxe. Au sud, l'Islam n'est pas uniforme. Certes, il y a 90 % de sunnites, mais il faut compter également avec des minorités chiites notamment au Liban.

La distinction est également linguistique :

Langues du Nord d’origine indo-européennes et langues du sud d’origine chamito-sémitique. Mais il existe des exceptions.La langue turque est ouralo-altaïque. Israël dispose d’une langue chamito-sémitique réinventée en partie au XX° s.

Cl : un espace marqué par des discontinuités mais qui ne peut se réduire à une opposition Nord-Sud.

c) Un espace de tensions géopolitiques.
Il y autour de la méditerranée de nombreux points chauds :
Il y a des tensions et des conflits internes liées à des revendications nationalistes : Corse.
Il est parfois difficile de distinguer les considérations internes et les enjeux interétatiques de conflits.
Maroc-Algérie-Mauritanie au sujet du Sahara occidental. Cette ancienne colonie espagnole partagée entre le Maroc et la Mauritanie fait l'objet d'un conflit entre le Front Polisario ( mouvement pour l'indépendance soutenu par l'Algérie), le Maroc et la Mauritanie.
Ex-Yougoslavie. Depuis 1991, dans la violence de plusieurs conflits, la Yougoslavie a éclaté en 5 Etats ( accords de Dayton (1995) : RFY (Serbie et Monténégro), Croatie, Slovénie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine).
Chypre : Peuplée à 80% de grecs et à 17 % de turcs, Chypre est déchirée en particulier à partir de 1974 à cause de l'affrontement des communautés et de l'intervention des Etats Turc et Grec. Depuis l'île est partagée. Le règlement de la question chypriote est un préalable de l'adhésion de la Turquie dans l'Union européenne.
Le Proche Orient : voir leçon.
Il faut noter également l'existence de conflits frontaliers entre la Libye, la Tunisie, et l'Egypte.
Remarque : l'eau peut également être aujourd'hui un enjeu de ces conflits. C'est le cas entre Israël, le Liban, et la Syrie au sujet du contrôle des eaux , du Yarmouk, du Jourdain et du plateau du Golan.
Des tensions existent également entre la Turquie et la Syrie au sujet de l'utilisation des eaux du Tigre et surtout de l'Euphrate.

II Un espace de contact mais où les flux sont inégaux.

a)                   Flux migratoires

Ce sont essentiellement des flux Sud-Nord. Car si les migrations politiques existent, elles sont minoritaires par rapport aux migrations économiques. Elles traduisent donc la recherche de meilleures conditions de vie dans le nord. 

Les champs migratoires  traditionnels sont en cours de recomposition. De nouvelles destinations se développent  : Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Suède.D’anciens pays de départ deviennent désormais des pays d’accueil. De plus l’espace méditerranéen sert de relais aux migrations en provenance d’afrique sub-saharienne comme on a pu le voir cette année à Céuta et Melilla ( enclaves espagnoles en Afrique du nord)

Historiquement : le nord a d'abord attiré la rive nord de la méditerranée, puis la rive nord a attiré la rive sud et enfin la rive sud attire l'Afrique subsaharienne.

b)                   Des flux touristiques.

espace méditerranée est un important espace touristique : La méditerranée reçoit 30%des touristes internationaux. La France reste la première destination touristique au monde.
- Dans l'espace méditerranéen, les principaux pôles sont les suivant : L'Espagne méditerranéenne ( 46 millions de touristes/an) , la France méditerranéenne (17 millions), la Tunisie ( 4 millions) , le Maroc ( 2.2 millions).

Les flux dominant sont des flux nord/nord.

Les flux Nord-Sud se développent en fonction de la proximité et de l’héliotropisme.

Si le tourisme se développe ce n’est pas sans poser des problèmes pour l'environnement : surexploitation des littoraux et concurrence pour l'eau.

c) Les flux commerciaux et financiers.
- La méditerranéen est un lieu d'échanges importants : par exemple, 60 % du pétrole importé en Europe transite par la méditerranée.
- Il existe d'importants échanges entre le nord et le sud. Ceux-ci sont d'ailleurs en hausse. Par exemple chacun des Etats du sud e la méditerranée réalise 60 % de ses échanges avec l'Union européenne. L'UE absorbe 80 % des exportations des PPM, et 50 à 60% des pays du moyen-orient.
- Mais ces échanges sont dissymétriques:
D'abord, dans l'espace méditerranéen, les flux dominant sont des flux N-N. Les flux N-S sont secondaires ( les exportations des pays du nord méditerranéen vers le sud représentent 4 % de leur activité commerciale) et les flux S-S ne représentent que 3 à 4 % des échanges dans l'espace méditerranéen.
Ensuite, les flux produits primaires ( des hydrocarbures en particulier) vont vers le nord, mais les pays de la rive sud importent aussi beaucoup de produits agricoles et de produits manufacturés. Par exemple, Egypte part des produits alimentaires dans les importations 27,4 %.L'Egypte importe plus de céréales qu'elle n'en produit .

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L’espace méditerranéen est également donc un espace de trafic maritime intense : 6000 navires transitent  chaque jour entre Suez et Gilbraltar. Mais l’espace méditerranéen est pour l’essentiel un espace de transit. 

Marseille  est le premier port méditerranéen avec 93 MT de marchandises. Mais ses insuffisances en matière de trafic de conteneur traduisent l’existence de  Hubs portuaires pour le trafic de conteneurs situés à proximité des principales routes de transit : cf Gioia tauro , Algésiras, Malte , Damiette.

1 Algésiras 18 785 Milliers de T

2 Gioia Tauro 17 897

3 Malte 14500

10 Marseille 5189 .

Les investissements de l'UE vers les PSEM, sont relativement faibles. Ils ne représentent que 5 % des IDE de l'UE vers les PPM. Mais , ils augmentent. Les avoirs de l'UE dans les PPM ( sauf Chypre et Malte) ont augmenté en moyenne de 19% par an entre 1994 et 1999.
PSEM : pays du sud de l'espace méditerranéen.

Conclusion : un espace méditerranéen animé par de nombreux flux mais des flux profondément dissymétriques.

III Les disparités se traduisent dans l’organisation de l’espace méditerranéen.

a)                   Une difficile intégration régionale. 
Il n'existe pas d' organisation rassemblant l'ensemble de pays de l'espace méditerranéen. Cependant, les relations entre l'UE et les PP M s'organisent . En 1995, la conférence de Barcelone, établit les bases d'une zone de libre échange ( horizon 2010) dans le zone méditerranéen. Des accords d'association sont signés avec le Maroc, la Tunisie, Israël, etc… Remarque : les PPM craignent que leur statut de pays atelier soit remis en cause dans le cadre d'une UE élargie.
PPM (pays Partenaires méditerranéens) : Pays méditerranéens qui sont liés à l'Union européenne par des accords de partenariat et de coopération.


b) Des espaces méditerranéens déséquilibrés.
On observe, le long du littoral méditerranéen une concentration de la population .
Dans l'espace méditerranéen , plus de 60% de la population vit à moins de 10 kms de la mer.
On observe également une tendance à la métropolisation . La métropolisation, c'est le processus de concentration des hommes, des activités et des fonctions dans les grandes agglomérations. On distingue, le long du littoral méditerranéen des mégalopoles de dimension continentale. Barcelone ( 5 millions d'habitants), Le Caire seule mégapole d'Afrique ( entre 12 et 15millions d'habitants).
Il faut noter également que les espaces littoraux sont attractifs. Au nord, on assiste à une manifestation de l'héliotropisme (attraction exercée par les régions ensoleillées) . Au Sud se poursuit un exode rural important dans un contexte d'inégal développement des régions.
On assiste donc à double processus de polarisation et d'anisotropie.
Polarisation : domination et attraction exercée par une agglomération.

Anisotropie littorale :
développement qui s'opère de manière axiale le long du littoral.

 

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c) Une typologie de l'espace méditerranéen.

L'Europe méditerranéenne et occidentale : le centre.
L'Arc Latin ( France -Italie-Espagne ) et la Grèce représentent 85 % du PIB méditerranéen. Ce centre a les attributs de la puissance : des métropoles dynamiques ( Madrid-Barcelone-Toulouse-Marseille-Lyon-Turin-Gênes-Rome), le tourisme et l'industrie y sont développés. L'intégration de ces régions dans le mondialisation est effective.
Les périphéries en voie d' intégration :
Il s'agit d'une part des pays de l'Est européen bordant la méditerranée. Pour certains ils intègrent actuellement l'UE ( Slovénie-Malte-Chypre). Ils connaissent cependant un retard de développement par rapport au reste de l'UE.
On peut associer à ces Etats européens, Israël dont le poids économique, politique et militaire est réel.
Les pays du sud de l'espace méditérranéen.
Ils souffrent en général d'un retard de développement, même si certains sont dynamisés par des activités comme la production manufacturière de faible VA mais à fort besoin de main-d'œuvre. Si les relations avec les pays du nord sont réelles elles restent secondaires.

Conclusion : L'espace méditerranéen est-il vraiment une interface nord-sud ?
Il convient de répondre point par point à cette question :
L'espace méditerranéen est un lieu d'échanges. Ces échanges sont intenses, mais ils peuvent être dissymétriques comme dans le cas du commerce, des flux migratoires et du tourisme.
Cette dissymétrie est d'ailleurs le reflet de fractures existant en particulier dans le domaine du développement entre le nord et le sud de la mer méditerranée.
Cependant, on observe à plusieurs reprises que l'opposition nord-sud est parfois réductrice. Une grand ediversité caractérise cette région. La rive nord comme la rive sud sont loin d'être uniformes.
Enfin, l'espace méditerranéen est un lieu de partenariat mais aussi de conflits. C'est même l'une des régions les plus conflictuelles au monde.
Donc oui l'espace méditerranéen est une interface nord-sud mais pas seulement.
 

24.04.2007

La troisième république dans les années 30.

La troisième république dans les années 30.

 

Pb : La République qui sort triomphante du 19ème siècle ( Leçon sur la Belle Époque) passe l'épreuve de la première guerre mondiale, est-elle pour autant assise définitivement dans les années 30 ?

I 1930-1936 : la France en crise.

a) La crise économique.

La grande dépression touche également la France à partir de 1931. Les productions agricoles et industrielles chutent. La balance commerciale est déficitaire. Le nombre de chômeurs augmente.

1932: 273 000 chômeurs.

1934:340 000

1936:500 000

Il existe plusieurs hypothèses susceptibles d'expliquer la crise des années 30 en France et en Europe :

1-La crise des années 30 naît en 29 aux États-Unis et contamine le reste du monde par la contraction des échanges et la raréfaction des capitaux investis.

2-Des signes de récessions liés à un déséquilibre entre l'offre et la demande étaient déjà perceptibles en Europe avant 29, la crise ne vient donc pas des EU.

Récession: ralentissement du rythme de la croissance.

Croissance : augmentation durable de la production de biens et de services.

b) La crise politique.

La troisième République est caractérisée par une grande instabilité ministérielle . 24 cabinets ministériels se succèdent dans les années 30 .

La république est aussi éclaboussée par l'affaire Stavisky

Affaire Stavisky: Serge Stavisky, directeur du Crédit municipal de Bayonne en 1931, il a détourné plusieurs millions de Francs en garantissant des emprunts avec des bijoux volés. Arrêté une première fois, il est libéré grâce à l'appui de députés, radicaux. Le scandale est révélé en 1933 part la presse. Stavisky est alors retrouvé mort à chamonix. (suicide ou assassinat ? ).

Le 6 février 34, ( voir vidéo) les ligues d'extrême droite et des associations d'anciens combattants profitent de ce contexte politique agité pour appeler à une manifestation contre le renvoi du préfet de Paris Chiappe soupçonné de complaisance à l'égard des ligues d'extrême droite. La manifestation réunit 100 000 personnes mais le bilan est tourd 15 morts et 2000 blessés. Elle entraîne la démission d'Édouard Daladier, le jour même de son investiture.

On peut interpréter le 6 février 34 de deux façons :

1- une simple manifestation qui tourne à l'émeute. Pour René Rémond, il s'agit d'une simple manifestation de rue sanglante que la mémoire collective aurait oublié si elle n’avait pas tourné à la tragédie

2- Un coup d'État préparé.

On peut en tous cas parler de mouvement séditieux puisqu'il y a révolte contre l'autorité de l'État. On peut également qualifier le 6 février d'opération de déstabilisation de la IIIème République ( Serge Berstein- Pierre Milza)

Les ligues : 1908: action française (anti-parlementariste, monarchiste ; groupe de choc les camelots du roi).(60000)

1927: les croix de feu ancien mouvement d'anciens combattants politisé- Mené par le colonel de La Rocque (100000 à 150000)

1924 -. jeunesse patriote , mouvement de t'industriel Taittinger pour un régime d'extrême droite (90000)

Le francisme de Buccard financé par le parfumeur P. Coty et Mussolini. (10000)

1925 les faisceaux de Georges Valois, inspirés par le fascisme italien.

Remarque : un groupe d'anciens combattants communistes, l'ARAC (Association Républicaine des Anciens Combattants) participe à la manifestation contre le gouvernement.

c) La crise sociale

En mai-juin se développe un important mouvement de grève.

Les grèves touchent 2 millions de salariés ( SB et PM). Antoine Prost relève que ces grèvent concernent 12 000 usines dont 9000 sont occupées par les employés.

Manifestations et motivations :

Pour Gérard Noirel, début mai, ce sont des grèves sur le tas plutôt bon enfant. Elles concernent des ouvriers qualifiés de l'aéronautique , l'automobile qui rejettent la taylorisation et l'évolution de leurs conditions de travail.

Fin mai, ce sont des ouvriers spécialisés, des employés peu qualifiées souvent non syndiqués qui débrayent. Le mouvement prend un tournant plus violent.

Conclusion : les temps sont difficiles d'un point de vue économique, politique et social et la république est en difficulté.

II L'expérience du Front Populaire.

Les communistes, les socialistes de ta SFIO et les radicaux interprètent le 6 février comme un coup d'État et décident de constituer une alliance contre le fascisme.

Débat :

La coalition de Front Populaire est elle une réaction spontanée au 6 février 34 ?

Pour Antoine Prost, la contre-manifestation à l'appel de la gauche française, le 12 février 34 marque bien la naissance du Front populaire dans les masses, sinon encore parmi les hommes politiques.

Mais la participation du PCF doit beaucoup au changement de cap de la diplomatie stalinienne. Désormais pour le Komintern, l’ennemi prioritaire n’est plus le socialisme mais le fascisme. Il prescrit une ligne de rassemblement populaire. Le feu vert de Staline aux dirigeants communistes pour un Front Populaire aurait été donné dès 1934 ( conférence d'Ivry);

Il semblerait également que la coalition de Front populaire soit une nécessité électorale, les forces de gauche ayant subi un échec aux élections législatives de mai 35.

Komintern : (Internationale communiste ou troisième Internationale) ensemble des partis communistes européens qui avaient rompu avec les partis socialistes. Elle est, en réalité, dirigée par le Parti communiste d'Union soviétique, pour servir les intérêts de Staline.

 

Aux élections de mai 1936, la coalition de Front Populaire est victorieuse et le socialiste Léon Blum forme un gouvernement- Seuls les socialistes et les radicaux y participent. Les communistes soutiennent seulement le gouvernement.

a)Les mesures du front populaire.

grandedepression.ppt

Le Front populaire adopte un certain nombre de lois et signe les accords de Matignon ( juin 1936). Ces objectifs sont les suivants :

Ranimer l'économie. Il s'agit de soutenir la consommation et la production en augmentant les salaires ( accords de Matignon, en créant l'ONIB (Office national du blé) et l'ONIV (Office national du Vin) qui achètent les productions agricoles à des prix fixés par l'Etat pour maintenir le revenu des agriculteurs. Ainsi, le prix du quintal de blé passe de 80 F. en 1935 à 140 F. en 1936.

Résorber le chômage. Une politique de réduction du temps de travail est alors menée. (loi sur la semaine de 40 heures, 15 jours de congés payés).

Intervenir dans l'économie : La création de l'ONIB en est déjà une illustration, mais il faut noter également que des nationalisations sont opérées dans l' armement ( août 36 loi sur la nationalisation des industries de guerre) La SNCF est également créée. Le fonctionnement de la banque de France est démocratisé ( elle n'est plus contrôlée par tes 200 familles)

Améliorer le bien-être et la sécurité des travailleurs :Les accords Matignon permettent aux ouvriers d'élire des délégués, des conventions collectives sont mises en place

Conventions collectives : Contrats conclus entre les représentants du patronat et des salariés d'une branche professionnelle sur les conditions de travail et de rémunération.

Léo Lagrange ( sous-secrétaire d'Etat au sport et aux loisirs) surnommé "Ministre de la paresse" par ses adversaires, favorise le développement des loisirs pour les catégories les plus populaires ( billets de train à tarifs réduits, auberges de jeunesse, aide au théâtre et aux associations culturelles).

b) Le bilan du Front Populaire.

Bilan économique

Le bilan économique du Front Populaire n'est pas bon

L'inflation reste forte, cela provoque une baisse du pouvoir d'achat des français. Après une légère reprise, la production, rechute et le chômage ne baisse pas.

Explications :

L'inflation s'explique par le fait que la demande a augmenté plus vite que l'offre, en effet, les quarante heures se sont soldées par une stagnation de la production, beaucoup d'entrepreneurs n'ayant pas compensé la perte d'heures de travail en embauchant ou en modernisant l'appareil de production.

L'inflation rend également les produits français moins compétitifs à l'exportation.

La dévaluation du franc annoncée le 26 septembre 36, ne parvient par à enrayer cette évolution.

En Février 37, Blum annonce donc une pause, c’est à dire l’abandon momentané des projets de réforme sociale.

Bilan social : il est plus positif. L'amélioration des conditions de vie et de travail des salariés est réelle.

c) la fin du front populaire.

Le gouvernement de Front populaire est confronté à plusieurs difficultés : la défiance des milieux d'affaire et du patronat( Dès juin 36 départ de capitaux vers la suisse- Entre 1935 et 1937, le stock d'or de la Banque de France fond de 50 -%.déstabilisation de la monnaie), la désaffection et les craintes d'une soviétisation exprimée par les classes moyennes, la déception des ouvriers à la suite de la non-intervention en Espagne et de la fusillade de Clichy ( Mars 37).

Fusillade de Clichy : Des contre-manifestants de gauche venus s'opposer à la manifestation d'un parti d'extrême droite le PSF (Parti social Français) sont victimes (6 morts et 200 blessés) d'une fusillade. Léon Blum et accusé d'être un fusilleur du peuple.

L'extrême droite est extrêmement agressive

Dès juin 1936, à la chambre des députés, le conservateur Xavier Vallat répond à la déclaration d'intention de Léon Blum : « Pour la première fois, ce vieux pays gallo-romain sera gouverné par un juif »

En novembre 36, Roger Salengro ministre de l'intérieur est accusé à tort par le journal "Gringore" de désertion pendant la guerre. II se suicide.

Dans l' " Action Française" Charles Maurras lance contre Léon Blum de véritables appels au meurtre.« ce Juif allemand naturalisé, ou fils de naturalisé... Il suffit qu’il ait usurpé notre nationalité pour la décomposer et la démembrer. Cet acte de volonté pire qu’un acte de naissance aggrave son cas. C’est un homme à fusiller mais dans le dos »

Les difficultés économiques et l'adhésion de plus en plus limitée d'une minorité de français entraîne la chute du Gouvernement de Front Populaire ( Juin 37 : Léon Blum demande les pleins pouvoirs financiers la droite et les radicaux renverse le gouvernement) qui malgré une tentative de rétablissement (Printemps 38 nouvelle tentative de Blum de créer un gouvernement de FP )est définitivement renversé en avril 1938. Le chef des radicaux Edouard Daladier, devient président du conseil. Entrent dans son gouvernement des hommes de droite (Paul Reynaud, Georges Mandel). Parmi les faits marquant de ce gouvernement , il convient de rappeler que Daladier signe en septembre de 38, les accords de Munich qui acceptent l'annexion par l'Allemagne d'une partie de la Tchécoslovaquie, en principe alliée de la France.

Ensuite, en novembre 1938, Paul Reynaud, ministre des Finances fait adopter par le gouvernement des décrets-lis qui autorisent le dépassement des 40 heures hebdomadaire de travail.

Pour Antoine Prost, la répression de la grève générale organisée contre l’abrogation de la semaine de 40 heures marque la fin du FP le 30 novembre 1938. La portée des 40 heures fut donc limitée dans le temps.

d) La mémoire du front populaire

Pourquoi malgré tout le Front Populaire a-t-il marqué les esprits ?

Le bouc émissaire du gouvernement de Vichy.

Pendant la guerre, le gouvernement de Vichy considère la III ème république et le FP en particulier comme responsable du désastre de 40. Les responsables politiques auraient laissé s'affaiblir la France. L'esprit du font populaire et qualifié d’esprit de jouissance par Pétain. C'est tout l'enjeu du procès de Riom. ( 19 février - 14 avril 42).

Une référence pour la gauche française.

Une référence sociale.

Certains ont retenu de 36 la conquête de mesures sociales par la lutte sur le terrain et la valorisation de la condition ouvrière qui s'en est suivie.

Une référence politique.

C'est la première participation des communistes à une coalition politique. Cette expérience est restée comme l'exemple d'une gauche unie face à un danger fasciste.

C'est également un tournant historique fondamental de voir associés un mouvement social à un gouvernement légalement désigné.
Un échec économique pour la droite.

Certains retiennent du Front Populaire, l'incapacité des réductions du temps de travail et de la relance par la consommation à rétablir la situation économique.

Conclusion : Il constitue un temps fort de la mémoire nationale. C'est un mythe mobilisateur de notre histoire contemporaine.

Conclusion: Dans les années 30, la troisième République est menacée. Elle traverse une crise économique, sociale et politique majeure notamment avec le développement de l'antiparlementarisme. Cette période est marquée par la violence de l'affrontement entre la gauche et la droite. Après l'épreuve du 6 février 34, le Front Populaire est présenté comme un sursaut face au péril fasciste. Malgré un programme ambitieux, le bilan économique du Front populaire se révèle négatif. Déstabilisé par l'hostilité de certains milieux économiques et politiques et par la désaffection croissante des ouvriers et des classes moyennes, le Front populaire connaît donc une fin rapide. Le FP marque cependant durablement les esprits. Certains retiennent l'ambition de expérience sociale, d'autres présentent le FP comme un repoussoir responsable de tous les maux de la France. Sur la fin de la période la république est confrontée aux menaces croissantes générées en Europe par les régimes totalitaires. Sera-t-elle assez forte pour endurer un nouveau conflit généralisé ?

31.03.2007

L'ONU dans les relations internationales de 1945 à nos jours.


Pour comprendre le rôle de l'ONU dans les relations internationales, il faut se rappeler du contexte dans lequel cette institution est née. Il s'agit de l'immédiat après-guerre. Il faut construire la paix, deux puissances victorieuses s'affirment, des peuples colonisés revendiquent leur indépendance.
Ainsi dès Février 1945, il est déclaré à la conférence de Yalta que :
" Nous sommes résolus à créer avec nos alliés aussitôt que possible une organisation internationale générale en vue de maintenir la paix et la sécurité. Nous croyons qu'une telle organisation est essentielle pour empêcher de nouvelles agressions et éliminer les causes politiques, économiques et sociales des guerres au moyen d'une collaboration étroite et permanente des peuples pacifiques ". C'est pour ces raisons que fut signée à San Francisco, le 26 Juin 1945 la Charte donnant naissance à l'ONU.
Dès 1947, H. Truman et Jdanov définissent les bases de la guerre froide, l'Inde devient indépendante, et l'ONU prévoit la naissance de l'Etat d'Israël. Les relations internationales seront donc marquées par les questions des relations entre les deux grandes puissances, par la décolonisation et par les conflits au Proche et au Moyen-Orient. En 1989, avec la chute du mur de Berlin débute l'effondrement du bloc de l'est. La donne politique internationale est complètement renouvelée.
Problématique : Quel fut le rôle des nations unies pendant cette période ? Comment l'ONU a -t-elle contribué à l'émancipation des peuples ? Quelle fut l'attitude des deux grands à l'égard de l'ONU ? Comment cette organisation a-t-elle géré les conflits du Proche et du Moyen-Orient ou l'après guerre froide ?

I 1945-1948. la mise en place du système onusien.
a) Les objectifs de l'ONU.
Dans la Charte de San Francisco sont définis les objectifs suivants : Maintenir la paix.
Contribuer au développement économique , social, et sanitaire des Etats.
Participer à la protection du patrimoine culturel des nations.
Garantir les droits de l'homme et le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes.
b) Ses institutions et ses moyens.
L'Assemblée Générale de l'ONU, comprend aujourd'hui 192 ( 2002) états membres . C'est le principal organe de délibération.
Le Conseil de Sécurité est le seul à pouvoir prendre des décisions . Il est chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationale. Il est composé de 15 états membres. Cinq d'entre eux sont membres permanents et ont un droit de veto sur les décisions du conseil : ( Chine , E-U, France Royaume -Uni , Russie). Les autres Etats sont membres non-permanents. Le Conseil de sécurité est le seul organe de l'ONU dont les décisions doivent être respectées par les Etats membres.
C'est aussi le seul organe international qui siège en permanence. Ses membres doivent être prêts à tout moment à se réunir en cas de crise. Lorsqu'une situation ou un différend est porté à l'attention du Conseil, celui-ci commence généralement par recommander aux parties de trouver une solution pacifique. Il peut aussi enquêter, servir de médiateur, ou définir les principes d'un règlement. Il peut également nommer des représentants spéciaux ou demander au secrétaire général de prêter ses "bons offices". Si les hostilités ont déjà éclaté, le premier souci du Conseil est d'y mettre fin le plus rapidement possible. Il peut enjoindre aux parties en conflit de déclarer un cessez-le-feu, imposer des sanctions diplomatiques ou économiques ou lancer une action militaire collective. Il peut aussi constituer des opérations de maintien de la paix, c'est-à-dire envoyer dans les zones de troubles des missions multinationales (groupes d'observateurs ou contingents militaires) qui s'emploient à atténuer les tensions et à séparer les forces ennemies pendant que l'on cherche à résoudre le conflit par la diplomatie. Ces "casques bleus" sont placés sous l'autorité du Secrétaire général et les parties en présence doivent consentir à leur intervention.
Les casques bleus sont constitués de troupes fournies par les Etats membres. Ils interviennent dans différents pays pour imposer la paix.
Le secrétaire général de l'ONU assure les fonctions administratives de l'ONU et peut jouer un rôle diplomatique . Depuis 2007, il s'agit de Ban Ki-Moon ( Corée du Sud) .Il est nommé par l'AG sur recommandation du conseil de sécurité.
Le conseil de Tutelle. Il a été créé en vertu du Chapitre XIII de la Charte des Nations Unies afin de surveiller l'administration des territoires sous tutelle et de faire en sorte que les gouvernements chargés de cette administration prennent les mesures qui conviennent pour préparer ces territoires à la réalisation des objectifs énoncés dans la Charte.
11 territoires furent placés sous régime de tutelle. De nos jours, ils ont tous accédé à l'indépendance ou se sont volontairement unis à un Etat pour constituer un pays indépendant. En 1994, le Conseil de sécurité mit un terme à l'accord de tutelle régissant le dernier territoire, Celui des Iles du Pacifique (Palaos),
Des organisations spécialisées s'occupent du développement .
Exemples :
Le PNUD ( programme des nations unies pour le développement) aide les pays du sud à améliorer leur situation économique et sociale.
L'ONUSIDA est une agence chargée de la lutte contre le SIDA.
L'UNESCO cherche à développer l'éducation , les sciences et à protéger le patrimoine mondial. Par exemple, en 1966, ont débuté les travaux de sauvetage de Venise sous l'égide de l'UNESCO.
Pour amener tous les Etats à garantir les droits de l'Homme, en 1948 a été adoptée la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen.
Conclusion : Le programme défini pour l'ONU était ambitieux . Des moyens et des institutions spécialisées furent mis en place pour atteindre ces objectifs. L'ONU est-elle parvenue à remplir ses fonctions dans un contexte difficile?

II 1947-1989 : L’ONU enjeu et actrice des relations internationales.
a) La contribution onusienne à la décolonisation.
L'AG de l'ONU devient la tribune des nouveaux pays indépendants et des peuples souhaitant le devenir. L'impérialisme y est souvent contesté.
Le conseil de tutelle est crée par la charte des nations unies pour permettre à des territoires d’accéder à l’indépendance.
En 1958, la France est mise en accusation aux Nations Unies en raison de sa politique algérienne, elle est attaquée par les Etats du Tiers Monde et les Pays communistes sans recevoir, sur ce point, l'appui des Alliés américains et des  Britanniques.
L'ONU contribue à la gestion des conflits issus de la décolonisation. En 1961 au Congo.
En 1965, des observateurs de l'ONU sont placés à la frontière entre l'Inde et le Pakistan.
L'ONU favorise également l'e développement du tiers-monde. Ainsi en 1964, fut créée la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement).
b) L'ONU dans la guerre froide.
Au début de la période , l'ONU peut apparaître comme l’instrument  de la  politique d'endiguement menée par les Etats-Unis contre l'URSS. En effet, de 1950 à 1953, les troupes américaines sous pavillon onusien interviennent en Corée. Le droit de veto utilisé par l'URSS est contourné car l'Assemblée Générale se saisit de la question.

 

C'est aussi le lieu d'affrontements et de joutes verbales entre les deux grands. Le 29 septembre 1960, lors de la quinzième session de l'Assemblée générale des Nations unies, Nikita Khrouchtchev (1894-1971) sort de ses gonds lors d'un discours du Premier ministre britannique Harold MacMillan (1894-1986). Pour se faire entendre , il se déchausse et frappe son pupitre avec sa chaussure.
Seulement, dans cette période l'ONU en retrait dans des conflits majeurs : au Vietnam, en Afghanistan.
Dans le même temps, à l'ONU s'affirme une troisième puissance. En 1971, la République populaire de Chine est admise à l'ONU où elle remplace Taiwan (la Chine nationaliste)
c) Des interventions nombreuses mais une autorité limitée au Moyen-Orient .
L'ONU se déclare favorable à la partition de la Palestine, le 29 novembre 1947 et propose une carte où Jérusalem est internationalisée.
En 1948, Israël est attaqué par ses voisins. A la fin de la guerre des observateurs sont envoyés pour surveiller le bon déroulement de la trêve.
Après l'affaire de Suez : la région du canal est contrôlée par les troupes de l'ONU. Nasser exige le retrait de ces troupes . Le 6 juin 1967, Israël lance une attaque préventive contre l' Egypte . C' est la guerre des 6 jours.
Le conseil de sécurité adopte alors à l'unanimité la résolution 242 sur le retrait des forces israéliennes des territoires occupés et l'établissement de la paix durable. Cette résolution n'est toujours pas appliquée par Israël.
Au Liban les casques bleus ne parviennent pas à maintenir la paix.
En 1988, Perez de Cuellar (secrétaire général) joue un rôle de médiateur dans le conflit Iran-Irak.
Conclusion : L'ONU participe au processus de décolonisation, elle est aussi un peu le jouet des deux grands dans le cadre de la guerre froide. Mais déjà s'affirme sont rôle dans le maintien de la paix. Dans ces domaines, l'ONU connaît des échecs et des réussites.

III De 1989 à nos jours : Des interventions mais une autorités limitée face aux conflits de l’après-guerre froide.
a) La mise à contribution des forces d’interpositions dans les conflits de l’après guerre froide.
Les guerres n'ont pas disparu avec la fin de la guerre froide.
En Europe
La résurgence des revendications nationales provoque également l'éclatement de certains Etats, comme le prouve la division de la République socialiste fédérative de Yougoslavie mise en place par Tito en 1946, en 5 États (Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, République fédérative de Yougoslavie ( Serbie-Monténégro ), Macédoine). Au cours du premier conflit dans cette région, la FORPRONU (FORCE DE PROTECTION DES NATIONS UNIES ) est mise en place entre 92 et 95 pour tenter de créer les conditions de paix et de sécurité nécessaires à la négociation d'un règlement d'ensemble de la crise yougoslave.
En Afrique
L'Europe n'est pas le seul terrain d'opérations. Les casques bleus interviennent aussi souvent en Afrique dans le cadre de conflits internes. Par exemple, depuis mai 2003 la Mission des Nations Unies en Côte d'Ivoire (MINUCI) intervient en Côte d'Ivoire.
Au Moyen-Orient
D'abord des opérations engagées par l'ONU au Proche-Orient sont encore en cours. L' Organisme (ONUST) des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve en Palestine est toujours en place.
Depuis mars 1978, la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) surveille la frontière entre Israël et le Liban.
Dans le Golfe persique, l'ONU a condamné l'invasion du Koweït par l' Irak en 1990 et la Résolution 678 autorise le recours à la force contre l'Irak si, le 15 janvier 1991 ce pays n'a pas évacué le Koweït. Par la suite (1991), la Mission d'observation de l'ONU à la Frontière entre le Koweït et l'Irak (MONUIK) fut mise en place. Soumis à l'embargo depuis 1990 (résolution 661 des Nations unies), l'Irak pouvait vendre depuis 1996 une quantité limitée de pétrole par phase de six mois en vertu du programme pétrole contre nourriture instauré par la résolution 986, du 15 avril 1995 afin de " répondre à titre de mesure temporaire aux besoins humanitaires du peuple irakien. "
b) un rôle désormais limité dans l'accès à l'indépendance.
L'ONU a amené le Timor oriental à l'indépendance . En 1974, le Portugal a essayé de mettre en place un gouvernement provisoire et une assemblée populaire qui détermineraient le statut du Timor oriental. Une guerre civile a éclaté entre les tenants de l'indépendance et les partisans d'une intégration avec l'Indonésie. Devant une situation qu'il ne pouvait maîtriser, le Portugal s'est retiré. L'Indonésie est alors intervenue militairement et a par la suite annexé à son territoire le Timor oriental dont elle a fait sa vingt-septième province. L'Organisation des Nations Unies n'a jamais reconnu cette annexion, et le Conseil de sécurité comme l'Assemblée générale ont demandé le retrait de l'Indonésie. Une mission de paix fut établie au Timor. Le 20 mai 2002 ( attention dans le cours j'ai dit 2003, c'était une erreur de ma part),  le Timor oriental est devenu une nation indépendante et le 192ème Etat membre de l'ONU.
Le conseil de Tutelle disparaît avec l’accession à l’indépendance des ïles Palaos ( EU) en 1994.
c) La question de l'autorité de l'ONU
Au début de la période l'ONU a pu apparaître comme dépendante des Etats-Unis. Ces derniers sont en principe les principaux contributeurs et Kofi Annan , secrétaire général des nations unies, élu en 1997 puis réélu en 2001 fut d'abord le candidat des Etats-Unis contre Boutros Boutros Ghali candidat des français.
Mais les Etats-Unis ont pris leurs distances vis à vis d'une institution qui s'est révélée peu servile. Déjà au Kosovo, en 1999, L'OTAN interviennent au Kosovo sans mandat de l'ONU. L'Union européenne a tenté de jouer un rôle moteur dans la gestion de la crise. Très vite cependant, les Etats-Unis via l'OTAN ont repris le contrôle du processus diplomatique et militaire. Le contrôle des opérations par le Commandement suprême allié en Europe, placé sous direction américaine et la confidentialité du choix des cibles lorsque le Pentagone mit en œuvre ses armes les plus stratégiques (bombardiers B1, B2 et missiles de croisière Tomahawk) illustrent cette suprématie des E-U dans l'OTAN. L'ONU a dû se contenter de fournir une force internationale de maintien de la paix (KFOR)
Cette défiance des Etats-Unis vis à vis de l'ONU fut confirmée par le refus des E-U d'attendre la fin de la mission des inspecteurs de l'ONU en Irak sur l'élimination des armes de destruction massive et par l'entrée en guerre sans mandat voté par les 15 membres du Conseil de Sécurité. Les Etats-Unis semblent bafouer le droit international en menant une guerre dite préventive et refusent à l'ONU un rôle dan le contrôle de l'après-guerre.
Aujourd’hui, le nouveau secrétaire général, le coréen Ban Ki-Moon a beau exporter les puissances du Proche-Orient à la paix. On sent actuellement les moyen de l’ONU plutôt limités.
Conclusion : Il apparaît que l'ONU est une organisation, qui reste nécessaire dans le contexte actuel en particulier pour la maintien de la paix. Cependant son autorité est remise en cause compte tenu de la faiblesse de ses moyens et de la défiance de la plus grande des puissances mondiales.
Conclusion générale : L'ONU a participé activement au processus de décolonisation. Elle a rempli et continue à remplir son rôle dans le maintien de la paix.
Cependant aujourd'hui, on peut dire que l'institution connaît une crise. Certains contestent son utilité , d'autres discutent de son efficacité , les derniers se sont interrogés sur son indépendance.

Moyen-Orient : Egypte , Turquie, Israël, Syrie, Jordanie, Liban, EAU, Iran , Irak, Koweït, EAU, Yémen , Qatar, Oman , Bahrein.
Proche-Orient : Egypte , Turquie, Israël, Syrie, Jordanie, Liban.

27.03.2007

Le Brésil : Un reflet de la diversité des Sud.

 

Le Brésil est un pays d’une superficie de 8 511 965 km2, avec une population de 172 559 000 habitants. Pour le développement, il se classe au 65ème rang mondial avec un IDH de 0.777. Mais la valeur de ces chiffres est à nuancer dans un pays qui pourrait être considéré comme le troisième des Etats-continents émergents avec la Chine et l’Inde. Par exemple dans le Nord-Ouest du Brésil, l’IDH est le plus souvent inférieur à 0.5 et les densités ne dépassent pas les 11,3 hb/km2.

Alors avec de telles caractéristiques, le Brésil peut-il être considéré comme une puissance ou un etat sous développé ? Si il s’agit d’un Etat sous développé, le retard dans ce domaine marque-t-il l’ensemble de son territoire ? Si non, comment l’Etat Brésilien cherche-t-il à réduire les inégalités spatiales et à se développer? Quelles sont les dynamiques générées par les disparités spatiales et les politiques de développement ?

I Les inégalités de développement au Brésil et leurs conséquences spatiales.

a) Une inégale répartition des hommes et des activités.

On observe une concentration de la population et des activités sur le littoral.Par exemple, le Sud et le Sud Est, c’est 57 % de la population sur 18 % de la surface. Ces régions réalisent 76 % du RNB brésilien.Alors qu’au Centre Ouest et dans le nord de l’Amazonie, la moyenne des densités est de 5 hb/km2 sur 64 % du territoire.

b) Un inégal développement des régions du Brésil.

2/3 des ruraux soit 20 millions de personnes sont pauvres. Ils vivent le plus souvent sans eau et sans électricité. Ces populations sont particulièrement représentées dans le nord est et en amazonie. Par conséquent, l ’IDH du Brésil a beau être de 0.777, à l’échelle régionale, on observe de grands contrastes. Ainsi se distinguent par leur pauvreté et leur retard de développement, le Nordeste et le Nord-Ouest. Le Nordeste est la région la plus pauvre. Certes, les cultures commerciales du littoral sont prospères; mais à l'intérieur, la misère du Sertào rappelle certains traits du Sahel.Au Sud-Est, par contre, on trouve les Etats les plus développés du Brésil.

c) Les flux générés par l’inégal développement.

Ces disparités de développement génèrent des flux migratoires.Des flux migratoires internes d’une part :

En effet on assiste à un important exode rural des régions rurales de l’extrême Sud et du Nord-Est vers les régions urbanisées du Sud et du Sud-Est. Il existe également des phénomènes d’émigration vers les pays voisins. Par exemple, il existe une émigration brésilienne en direction de la Guyane française.

Conclusion : Le Brésil est donc marqué par de profondes inégalités régionales et celles-i générent des flux.

II Les disparités intra-urbaines.

a) La conséquence des flux migratoires internes.

L’exode rural est responsable de l’explosion urbaine au Brésil. Mais il transfère la pauvreté des campagnes vers les villes. Les néo-urbains s’installent dans les favelas des périphéries ou des quartiers taudifiés des centres. Si ces migrations ont touché en priorité les agglomérations du littoral comme Rio, Sao Paulo ou Recife (ainsi, la population vivant dans les favelas de Rio de Janeiro est passée de 169 000 en 1950 à 1 093 000 en 2000), il concerne maintenant la totalité des villes brésiliennes par exemple, 30 %de la population de Belém vivent dans des bidonvilles. On observe ,aujourd’hui une croissance, rapide des villes moyennes.

b) De profondes inégalités spatiales et sociales.

Dans les grandes agglomérations du Brésil coexistent des quartiers caractérisés par une grande richesse et des bidonvilles appelés favelas au Brésil. Les favelas sont devenues de véritables villes dans la ville. Quartiers de misère, d'insalubrité et de violence, les favelas disposent souvent de leur propre organisation sociale, souvent dirigée par des bandes mafieuses. Ces zones de mal-développement échappent parfois totalement au contrôle des autorités publiques. Dans les quartiers où le sous emploi est massif (A Paraisopolis , deuxième favela de Sao Paulo , 20% des 60 000 habitants sont au chômage), les sources de revenus des habitants sont diverses: à côté du secteur informel, certains continuent de travailler quelques semaines par an à la campagne.

III Politiques de développement et d’aménagement du territoire au Brésil.

a) Historique du développement Brésilien.

A l’issu de la période coloniale, le Brésil était un pays à dominante agricole. Dans l'entre-deux guerres, le Brésil a donc d’abord cherché à se développer en exploitant et en exportant ses ressources agricoles et minières. Ensuite, le gouvernement a encouragé les industries de substitution des importations, ce qui a donné naissance à des industries destinées au marché extérieur. Il produit alors des produits manufacturés avec une croissance annuelle de 10 % de 32 à 39 et de 6 % pendant la guerre .

Dés les années 50, mais surtout à partir de 1960 et jusqu'à 1974, le Brésil s’est ouvert. Il a connu une forte croissance économique avec des taux compris entre 5 et 10 % par an ( miracle Brésilien ). La stratégie reposait alors sur le développement des exportations et l’appel à des capitaux étrangers. ( Mercedes-Benz, Fiat, Ford et Volkswagen dans le domaine de l’automobile).

Les crises financières des années 80 et 90 et les politiques d’ajustement du FMI, accélèrent la libéralisation et l’ouverture de l’économie. Depuis 1995, ce sont 150 milliards de dollars qui ont été investis au Brésil . Cependant, ceci renforce sa dépendance vis-à-vis du nord.

b) Les politiques d’aménagement du territoire.

Depuis 1950, elles ont été mises en place pour réaliser l’unité territoriale et promouvoir l’égalité socio-spatiale.En 1959 est créée une nouvelle capitale : Brasilia ( 2.1 millions d’habitants aujourd’hui, pour l’essentiel, il s’agit d’une ville de fonctionnaires) Dans les années 70, est mise en place une politique de colonisation de l’Amazonie avec l’ouverture d’un front pionnier. Le gouvernement brésilien propose aux paysans du Nordeste touchés par la sécheresse de s'installer le long de l’ axe de développement réalisé « la transamazonienne ». L'ancien président brésilien Medici déclare :"Que les hommes sans terres aillent sur la terre sans hommes".

Des plans de réformes agraires (1985, par exemple) sont adoptés mais timidement appliqués. Dans les villes, l’Etat a mis en œuvre des politiques d’urbanisation visant à rebâtir en dur et à équiper les logements de tout à l’égout mais beaucoup reste à faire.

Conclusion : La volonté de développement est donc forte au Brésil. L’Etat joue d’ailleurs dans ce domaine comme dans celui de l’aménagement du territoire, un rôle moteur .

IV Un bilan des politiques de développement.

a) Les progrès et limites du développement brésilien.

Les progrès :

L’affirmation d’une puissance.

C’est une puissance régionale. Le Brésil représente 50 % de la population et du RNB de l’ Amérique du Sud. La deuxième économie du Sud derrière la Chine.Ses ressources sont importantes ( : 17 % des réserves aquifères mondiales, 480 millions d’hectares de terres en réserve, le 2ème patrimoine forestier, des gisements d’or et de manganèse, le premier gisement mondial de fer ( production annelle de 240 millions de tonnes = 24 % de la production mondiale).

Une forte intégration dans une économie mondialisée.

Il fait partie avec l’Uruguay, l’ Argentine et le Paraguay du MERCOSUR qui depuis 95 est une zone de libre échange.Ses exportations ressemblent à celles des Etats du Nord ( Produit manufacturés = 65,7 %, produits miniers = 10 %, produits alimentaires =9.9 % , produits semi-transformés =8.2 %, produits agricoles bruts = 6.2 %). Le Brésil exporte également des productions audiovisuelles (telenovelas)

Les limites :

Les traits du sous développement :

De profondes inégalités se maintiennent. Il y a au Brésil des populations riches ainsi , 1 % de la population dispose de 13.3% des revenus et 10 % de cette même population dispose de 47.5 % des richesses. En dépit de la croissance agricole, 20% des Brésiliens souffrent de malnutrition. Le sous-développement frappe particulièrement les campagnes où vivent encore 25 % de la population.

Conclusion : Le Brésil est donc une puissance intégrée dans la mondialisation mais connaissant des retards de développement. C’est peut-être pour cela qu’à Porto Alegre il devient la tribune des Sud et de l’alter mondialisme.

b) Les limites du développement choisi.

La politique d'installation de paysans pauvres est souvent un échec. Alors qu'au Brésil 182 millions d'hectares de terres détenus par de grands propriétaires sont improductifs , 5 millions de familles brésiliennes sont sans terre.Les petits paysans (les caboclos) survivent avec difficulté. Certains sont devenus des petits propriétaires (les posseiros) sans titre officiel ou définitif de propriété. Ces derniers sont souvent expulsés par des spéculateurs fonciers ou des éleveurs au prix d'une violence dramatique: environ 260 paysans revendiquant la propriété de leur terre auraient été tués entre 1991 et 1997. Les petits paysans avaient un espoir de voir leur sort s’améliorer avec le nouveau président Lula. Aujourd’hui déçus, ils reprennent leurs manifestations.

Un mode de mise en valeur qui compromet le développement durable.

Défrichements incontrôlés, fragilité des sols, maladies, parasites, difficultés à construire des routes en milieu humide ou absence de débouchés pour les productions sont des limites de la déforestation au Brésil. Ces problèmes ont largement été débattus à la Conférence de Rio de Janeiro ( Sommet de la Terre, 1992)

c) Le maintien de contrastes régionaux. (Typologie).

Le centre : Il est constitué par le Sudeste.Il est caractérisé par de forte densités de population et l’existence de villes de dimension continentale mais de réputation mondiale. Dans cette partie du Brésil se concentrent les activités et les richesses Le « triangle industriel » réalise 70 % de la valeur ajoutée industrielle brésilienne. Ce triangle est donc attractif pour les candidats à l’émigration interne.

La périphéries en difficulté : Le Nordeste.

Caractérisée par de grandes inégalités, c’est le Brésil le plus pauvre. Il comprend un « triangle de la sécheresse » répulsif à l’origine de flux migratoires internes.

La Périphérie intégrée ou en cours d’intégration.

Elle comprend le Sud et le Sud du Centre-ouest. Son développement est lié au volontarisme de l’Etat (Création d’une capitale à Brasilia).Cet espace est en cours d’intégration par le centre.

La périphérie à exploiter ou en réserve Le Nord et le Nord du Centre-Ouest.

On peut distinguer une zone agricole et minière en cours d’intégration grâce à un front pionnier . Mais il manque des volontaires pour l’animer.

Une zone en réserve avec quelques îlots de développement ( nord-ouest).

Conclusion : Le Brésil a beau être une puissance régionale, il reste l’un des pays les plus inégalitaires. On y observe d’une part, de fortes inégalités sociales mais également de grandes disparités spatiales. Celles-ci génèrent des flux migratoires internes et une explosion urbaine mal maîtrisée. Des politiques sont menées pour assurer un meilleur développement mieux réparti sur le territoire. Des flux migratoires sont également suscités vers l’intérieur.

Comme il n’y a pas un sud mais des sud, il n’y a pas un Brésil mais des Brésil.

Proposition de croquis : croquis_bresil.ppt

L'Europe de 1945 à nos jours : des enjeux en évolution ?

 

Au sortir de la seconde guerre mondiale l’Europe est détruite et affaiblie. Les puissances coloniales européennes sont remises en cause alors que l’URSS et les Etats-Unis, les deux grands vainqueurs de la seconde guerre mondiale s’affirment sur la scène internationale.

L’Europe doit être reconstruite de préférence dans la paix alors que se manifeste de façon de plus en plus évidente un nouveau conflit dont le vieux continent devient l’un des théâtres. Les enjeux européens sont donc multiples : comment préserver la paix ? Que devient la souveraineté des Etats européens face à l’influence des deux grands ? La chance de l’Europe réside-t-elle dans un transfert de souveraineté à une instance fédérale ? L’Europe en construction incarne-t-elle un modèle alternatif ? Comment maintenir ou créer une puissance européenne ? Ces questions se posent alors que le contexte change entre 1945 et 2007. En 1947, la guerre froide est clairement enclenchée. En 1951 débute la construction de ce qui deviendra l’Union européenne. En 1989, les démocraties populaires se libèrent les unes après les autres du joug soviétique. En 1991, on assiste finalement à la dislocation de l’URSS.

Pb : Entre 1945 et 2007, se pose-t-on toujours les mêmes questions au sujet de l’Europe ? Les réponses sont-elles toujours les mêmes compte tenu de l’évolution du contexte ?

I 1945-1969 : les routes divergentes de deux Europes sous influences.

a) Une Europe soumise à influences1-La mise en place de l’ordre stalinien à l’est.

La prise du pouvoir ;

En Europe de l’est, la mise en place d’un régime communiste se fait selon trois processus différents :

Dans certains cas, les partisans communistes qui ont résisté à la domination nazie prennent le pouvoir dès la libération : Yougoslavie, Albanie.

Dans d’autres cas plus nombreux la prise de pouvoir est plus progressive et suit un mode opératoire assez semblable :

1 Libération par l’armée soviétique.

2 Participation des communistes à des gouvernements de « front national ». Ils sont minoritaires.

Front national : gouvernement d’union nationale issu de la résistance, regroupant des communistes, des socialistes, des partis paysans, des libéraux et des nationalistes.

3 Noyautage de l’administration et conquête des ministères clefs ( Défense, intérieur, justice)

4 Organisation d’élections truquées : Pologne (janvier 47), Roumanie (novembre 46), Bulgarie (novembre 45).

5 Elimination des adversaires et des autres structures. Calomnies, accusation d’espionnage.

On a donc la mise en application de la tactique du salami ( expression inventée par le communiste hongrois Rakosi) Tactique du salami : expression décrivant l’élimination progressive des pouvoirs extérieurs aux communistes ( Eglise et autres partis) « tranche après tranche , jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien »

A ce moment là, les sociétés civiles sont réduites au silence dans les démocraties populaires. Société civile : toutes les structures non-étatiques qui de la famille jusqu’aux associations et aux églises rassemblent les individus autour d’opinions et d’activités communes. C’est l’ensemble des structures sociales indépendantes de l’Etat.

Exemple : la Roumanie, à la libération est constitué un gouvernement d’union nationale, le FND ( Front national démocratique). Celui-ciréunit le PC, un parti national paysan, un parti national libéral et un parti social démocrate. Quand ils apprennent le projet des communistes de réforme agraire et de nationalisation, le parti paysan et le parti libéral quittent le FND. Dès le 6 mars 1945, Petru Gorza, président du front des Laboureurs, forme un gouvernement prosoviétique. Les communistes ont alors le ministère de l’intérieur, de la justice, de l’économie, des transports et de l’Armée.

Dans le cas de la Tchécoslovaquie, il y a résistance des autres forces politiques. Les communistes réalisent donc le coup de Prague en février 48 pour s’emparer du pouvoir. Coup de Prague : Les communistes utilisent la pression de la rue pour pousser à la démission les ministres modérés. ( Manifestation à l’appel du PC et du Conseil central du Parti communiste).

La soviétisation.

Dans les démocraties populaires de l’Europe de l’est s’impose le modèle soviétique caractérisé par :

Une dictature politique : En principe le pouvoir appartient au peuple par l’intermédiaire du parti communiste. Mais en réalité, un dictateur monopolise le pouvoir (Walter Ulbricht en RFA, Enver Hoxha en Albanie ) et développe un culte de la personnalité.

Dans les démocraties populaires est mis en place un dirigisme économique :

On assiste effectivement à des nationalisations dans les secteurs de l’industrie, des banques et du commerce.

L’économie est planifiée. On développe l’industrie lourde . Création de grands complexes étatisés comme Nowa Huta en Pologne. L’agriculture est collectivisée. Le système administratif est sur développé.A partir de 1947, le qualificatif , démocratie populaire est utilisé pour désigner ce nouveau type de régime.

La satellisation de l’Europe de l’est par l’URSS.

L’URSS soumet l’Europe de l’est à son influence avec différents moyens.

La Finlandisation : après avoir récupéré la Carélie occidentale, l’URSS signe avec la Finlande un traité qui lui donne un droit de regard sur les affaires finlandaises et qui oblige la Finlande à se rallier à l’URSS si cette dernière est attaquée. Attention, la Finlande reste en principe neutre et ne fait pas partie du bloc de l’est.

Le Kominform ( bureau d’information des partis communistes et ouvriers) : octobre 1947- 1956 : C’est l’organe de liaison, sous le contrôle de Moscou, des partis et des pays communistes.

Le COMECON ( CAEM-conseil d’assistance économique mutuelle) 1949 : Il doit assurer la coopération économique au sein du bloc de l’est. Il a pour but d’harmoniser les plans quinquennaux des démocraties populaires avec celui de l’URSS. En réalité, se met en place une division socialiste du travail ( Par exemple, la RDA en principe vitrine du socialisme connaît un développement industriel avancé) au profit des intérêts de l’URSS. Exemples : des usines allemandes sont démontées et expédiées en URSS, le blé de Hongrie est envoyé en URSS, le pétrole roumain est destiné au grand frère.

Le pacte de Varsovie (1955):c’est un système d’alliance militaire réunissant les démocraties populaires d’Europe centrale et orientale autour de l’URSS.2- L’inscription de l’Europe de l’ouest dans la sphère d’influence américaine.

Dans le cadre de leur politique d’endiguement (containment) de l’influence soviétique, les Etats-Unis mettent en place le plan Marshall. Il s’agit d’aider financièrement la reconstruction des pays d’Europe afin qu’ils ne tombent pas dans la sphère d’influence soviétique. Annoncé en 1947 et appliqué en 1948, le plan Marshall prévoit une aide de 17 milliards de dollars sous forme de dons ( 85 % ) et de prêts (15%) destinée à 16 pays. Pour appliquer ce plan est créée l'OECE.
OECE : Organisation européenne de coopération économique, devenue en 1960, organisation de coopération et de développement économique. OCDE.Inquiétés par le « coup de Prague » les États-Unis, le Canada et dix pays d'Europe de l'Ouest signent en avril 49, le traité de Washington et créent ainsi l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN, en anglais NATO) pour contrer une éventuelle agression soviétique. Conclusion : l’Europe est donc à nouveau divisée mais par un conflit d’un genre nouveau. Elle est désormais soumise à deux influences majeures.

b) Le rejet des guerres

Au début des années 50, les fondateurs de l’Europe, des hommes comme le belge Paul Henri Spaak, les français Robert Schuman et Jean Monnet souhaitent préserver la paix. Il proposent pour cela de mettre en commun les productions de charbon et d’acier de l’Allemagne de la France et éventuellement d’autres pays. La CECA ( Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier) est créée en 1951.Ils envisagent également de créer une fédération. Ce mot recouvre au moins deux conceptions :Un système fédéral : c’est sur un territoire défini, la superposition de deux niveaux de pouvoir .

Les Etats réunis possèdent une assez grande autonomie ( justice, éducation). L’Etat fédéral détient lui des pouvoirs importants délégués par les Etats fédérés (défense, diplomatie, monnaie).Une confédération : ensemble permanent d’Etats ayant des objectifs communs mais dont les états membres restent souverains et autonomes.
Souveraineté : Caractère d’un Etat qui n’est soumis à aucun autre Etat.Conclusion : pour garantir la paix les fondateurs de l’Europe proposent dans un premier temps une coopération économique et à plus long terme un projet politique.

 

c) Une différenciation marquée des pays du bloc de l’Est.

Par exemple, en Yougoslavie Tito met en place un autre modèle dès 1948. On parle de titisme. Le titisme désigne en Yougoslavie l’attitude du gouvernement de Tito qui se caractérise à l’extérieur par une certaine indépendance vis à vis de l’URSS, une promotion du non-alignement et à l’intérieur par une voie originale du socialisme qui privilégie l’autogestion des usines par les ouvriers.

Après la mort de Staline en 1953 , Tito rencontre son successeur Khrouchtchev qui déclare alors que « plusieurs voies sont possibles vers le socialisme ».

Dans les années 50 et 60 apparaît une contestation de la tutelle soviétique menée par des dirigeants réformateurs des démocraties populaires appuyés par une société civile en développement . RDA : en 1953, des émeutes éclatent en Allemagne à l’annonce d’un relèvement des normes de production. Il s’agit d’un mouvement ouvrier et étudiant. Pologne : En 56, Gomulka un ancien dirigeant écarté du pouvoir durant la période stalinienne est rappelé au pouvoir sous la pression de la rue. Il commence la décollectivisation des terres et renoue des relations avec les soviétiques. Hongrie : En 56, en Hongrie, c’est dans les mêmes conditions qu’Imre Nagy arrive au pouvoir en 56 dans une contexte d’insurrection généralisée. Il proclame le retour au pluripartisme et dénonce le pacte de Varsovie.Tchécoslovaquie. En janvier 68, Alexandre Dubcek qui semble incarner un « socialisme à visage humain » devient secrétaire général du PC tchécoslovaque. Il est soutenu par un mouvement populaire. Il mène une politique de réforme tout en affirmant sa loyauté à l’égard des soviétiques. Le retour au pluralisme, aux libertés de la presse, et de réunion sont envisagés. C’est le « Printemps de Prague ».

Mais dans tous les cas on assiste bien vite à une normalisation.

Les autorités soviétiques (Khrouchtchev puis Brejnev) font très vite comprendre que l’émancipation des démocraties populaires a des limites.

En 1953 en RDA, Ulbricht appelle les soviétiques pour réprimer le mouvement et se maintenir au pouvoir. L a répression fait des centaines de morts.

En 1956, Les chars russes écrasent l’insurrection de Budapest le 4 novembre 1956. Des milliers de morts et de blessés, 15000 déportés, 100000 à 200000 exilés.

En 1968, le 20 août, les troupes du pacte de Varsovie occupent la Tchécoslovaquie. Dubcek est arrêté. Le parti est épuré.

La situation est donc normalisée dans les démocraties populaires.Normalisation : expression utilisée pour désigner le retour « aux formes normales de la démocratie socialiste », c’est à dire la mise au pas du pays.

Dans les années 60, Brejnev développe également la notion de souveraineté limitée.

Souveraineté limitée : principe Brejnévien selon lequel la souveraineté de chaque Etat passe après les intérêt de la communauté socialiste ( bloc de l’Est).

d)Les limites du processus d’intégration en Europe de l’ouest.

L’intégration économique se poursuit à l’ouest. Le traité d’Union lancé à Messine en 1955 se concrétise en 1957 par la mise en place du Marché commun. ( Communauté Economique Européenne) à l’occasion du traité de Rome. La CEE ne rassemble alors que six pays. Dans ce contexte, la PAC ( Politique Agricole Commune) est mise en place en 1961 .

Si la CEE compte une assemblée parlementaire constituée de députés parlements nationaux. L’intégration politique n’en resta pas moins limitée. Par exemple, le projet de CED ( Communauté Européenne de défense) échoue en 1954 face à l’opposition en France de Communistes et de Gaullistes.

Les craintes sont les suivantes :

La peur d’un réarmement de l’Allemagne.

La perte d’une souveraineté française.

La mise en place d’une défense Atlantiste dominée dans le cadre de l’OTAN par les Etats-Unis.

En retirant la France du commandement intégré de l’OTAN , De Gaulle a aussi manifeste la souveraineté de la France.

En outre, il qui voit dans le Royaume-Uni un allié systématique des Etats-Unis oppose son veto à l’admission du ce pays dans la CEE. Les britanniques fondent donc une zone de libre échange : l’AELE en 1959. A l’ouest aussi, il existe donc des Europes.

Conclusion : De 1945 à 1969, l’Europe est divisée. L’Europe de l’est est satellisée par l’URSS qui impose non sans difficultés son modèle. L’Europe de l’ouest s’inscrit dans la sphère d’influence américaine. A l’ouest, justement une intégration économique sert le projet politique de maintenir la paix. La construction politique reste alors limitée. L’attachement aux souverainetés nationales reste grand.

II Le rapprochement des europes ( 1969-1989)

a) Le rapprochement entre les deux allemagnes, un aspect de la détente

Jusqu’en 67,les relations entre la RFA et la RDA sont très mauvaises. Les deux Etats ne se reconnaissent pas mutuellement. Mais à partir de 1969, Willy Brandt chancelier de RFA de 1969 à 1973 prône l’Ostpolitik qui aboutit à la reconnaissance mutuelle des deux Allemagnes en 1970.

En 1972, les deux Allemagnes signent un traité par lequel elle reconnaissent leurs frontières respectives. Elles se garantissent également une non ingérence dans leurs affaires intérieures.

Les deux Allemagne sont admises à l’ONU en 1973.

b) En Europe de l’Ouest la construction d’un autre modèle.

Dans ce contexte l’Europe, s’affirme comme un nouveau modèle entre les deux autres. Le modèle Européen est un modèle libéral mais où l’Etat à un rôle redistributif important dans le cadre de l’Etat providence.

On observe cependant des variantes : le modèle est plus libéral au Royaume Uni en particulier sous Margaret Thatcher. Le modèle allemand est fédéral et fonctionne sur le principe d’une économie sociale de marché ( économie libérale- protection sociale garantie- dialogue social ouvert avec de puissants syndicats) , le modèle français est plus centralisé. L’Etat intervient alors beaucoup dans le domaine économique.

Durant cette période de 1972 à 1986, l’Europe connaît une nouvelle impulsion et poursuit son élargissement. En 1972,l’ élargissement est ratifié. Le Royaume Uni, le Danemark et l’Irlande entre dans la CEE. En 1981, ils seront rejoints par la Grèce puis par l’Espagne et le Portugal en 1986. Dans le domaine économique , en 1978 est crée le système Monétaire Européen (SME) avec une unité de compte commune qui préfigure l’euro : l’écu. Politiquement également, l’intégration se poursuit puisqu’en 1979, le Parlement européen est élu au suffrage universel. L’acte unique ratifié en 1986 crée le conseil Européen. Un vrai pouvoir politique est installé au sein de l’Europe. Cet approfondissement renforce le caractère original de cette organisation qui n’est plus seulement une zone de libre échange et un marché unique. Elle devient également une organisation politique.

c) Un bloc de l’est de plus en plus poreux mais toujours menaçant.

Le rideau de fer semble en effet de plus en plus perméable et fragilisé :

Le contexte a en effet changé :

En 1972 s’ouvre en effet, à Helsinki, la conférence sur la sécurité et la coopération en Europe à laquelle participe l’URSS.

Dans l’acte final de la conférence signé en Août 1975, 32 pays européens , les E-U, le Canada et l’URSS s’engagent à respecter les principes comme la souveraineté des Etats et les droits de l’Homme.

De plus, le système économique des pays d’Europe de l’est montre ses limites. Il y a pénurie, inflation ( 60% /an en Yougoslavie) et dans certains cas apparition du chômage. Enfin, au sujet de la Pologne, en 1978 , le polonais Karol Wojtyla devient pape (Jean-Paul II). Il soutient l’opposition au régime communiste. Il fait un voyage en Pologne en 79.

Dans ce contexte, la contestation se développe dans la société civile. En 1977, 257 citoyens tchécoslovaques signent une Charte qui, sur les bases de l’acte final de la conférence d’Helsinki, réclame le respect des libertés fondamentales. C’est la Charte 77. Le leader de ce mouvement est l’auteur dramatique Vaclav Havel.

En Pologne, en 1980, les ouvriers de Gdansk se mettent en grève et créent le premier syndicat indépendant Solidarnosc (leader Lech Walesa). Le mouvement est brisé en 1981 par le général Jaruzelski qui décrète « l’état de guerre ». 10000 personnes sont arrêtées.

Cependant, l’URSS reste menaçante et l’Europe est toujours un enjeu de la guerre froide. En particulier lorsqu’on assiste à un refroidissement. La crise des Euromissiles en témoigne. L’URSS déploie des SS20 en Europe de l’est. L’OTAN réplique en installant des fusées Pershing. En dépit des manifestations pacifistes, la course à l’armement est relancée.

Elle finit par épuiser l’URSS. A son arrivée au pouvoir Michael Gorbatchev considère qu’il est nécessaire de signer un traité de non prolifération Washington 1987. Il engage des réformes ( Perestroïka-Glasnost ) et annonce aux dirigeants des démocraties populaires qu’ils ne pourront plus compter sur l‘intervention de l’Armée rouge en cas de crise grave. Il déclare également aux dirigeants hongrois qu’une sortie du pacte de Varsovie est envisageable.Conclusion : Même si cette partie du monde reste pendant cette période un enjeu de la guerre froide, un rapprochement est perceptible entre les différentes europes. A l’ouest, le processus d’intégration se poursuit par des élargissements et un début d’approfondissement. Emerge alors un autre modèle. Les occidentaux peuvent le présenter aux sociétés civiles du bloc de l’est qui semble de moins en moins monolithique.

 III Les enjeux de la construction européenne depuis 89. Vers une intégration complète.

a)1989-1991 : l’implosion de la zone d’influence socialiste, la fin d’une division européenne.

En 1989, suite à de nouvelles grèves le gouvernement polonais, reconnaît le syndicat Solidarnosc et permet des élections pluralistes. La victoire de Solidarnosc entraîne la nomination d’un premier ministre non communiste, Mazowiecki.

En Hongrie, le Parti Communiste abandonne son rôle dirigeant. L’opposition gagne les premières élections pluralistes en juillet. Le 2 mai 1989 le e « rideau de fer » est ouvert.En RDA, de nombreux allemands de l’est profitent de l’ouverture du rideau de fer en Hongrie pour émigrer en RFA. D’importantes manifestations ont lieu à Dresde et à Leipzig. Finalement, Honecker accepte l’ouverture des frontières en novembre 89, c’est la chute du mur de Berlin. ( 9 novembre 1989).En Tchécoslovaquie, la «  Révolution de velours » entraîne la démission des dirigeants communistes et l’élection à la présidence de la République de Vaclav Havel, le 29 décembre 1989.

En Roumanie, Ceausescu, refuse de céder le pouvoir. Il est lâché par l’armée et Moscou. Son départ se fait sous la pression populaire. Il est fusillé le 25 décembre après un jugement sommaire.

Cl : L'implosion de la zone d'influence soviétique ouvre la voie à l'élargissement de l'Union européenne à l'est.

b) 1989-2003 : la poursuite de la construction européenne.

En Europe de l’ouest, la construction économique se poursuit.

En 1992 est adopté le traité de Maastricht. Dans le domaine économique, les conséquences sont les suivantes :

En 1993, le marché commun issu du traité de Rome devient un marché unique sans frontières intérieures avant 1993.Marché commun : non donné à l’Union douanière de la CEE.Union douanière : zone de libre échange tarif extérieur communMarché unique : Union douanière avec libre circulation des hommes et des capitaux

En 1999 est créée une monnaie unique, l’Euro. La Banque centrale européenne (BCE) est établie. Elle est indépendante des gouvernements, elle définit la politique monétaire et veille à la stabilité des prix. En 2002, les euros entrent en circulation dans 12 pays ( 13 depuis janvier 2007).

La libre circulation des personnes se met progressivement en place.

Les accords de Schengen signés en 1985, rentrent en vigueur en 1995. Ils permettent une libre circulation entre 8 puis 13 des 15 pays membres à l’époque et un renforcement des contrôles aux frontières extérieures.

La politique agricole commune est réorientée pour devenir moins productiviste et plus conforme au principe de développement durable. Conclusion : La construction d’une Europe économique garde donc une certaine avance sur la construction politique.

Poursuite de l’intégration politique.

Le traité de Maastricht renforce l’intégration politique. L’Union européenne est créée et ses compétences sont élargies, mais le traité de Maastricht n’a pas abouti pour autant à la formation d’une fédération.

Certes les Etats se soumettent aux décisions communautaires dans certains domaines ( commerce, monnaie, agriculture, la pêche, le transport). Dans d’autres s’applique également le principes de subsidiarité. Mais des domaines importants échappent encore à la supranationalité. C’est le cas, par exemple, de la politique étrangère même si il est depuis longtemps prévu de mettre en place une PESC ( politique étrangère et de sécurité commune), et de la défense même si des embryons de corps d’armée européens existent. Ainsi, en 1999, l’UE se révèle dans l’incapacité d’intervenir militairement au Kosovo. L’OTAN intervient.Principe de subsidiarité : l’Union européenne n’intervient que si l’action isolée d’un état membre se révèle insuffisante pour atteindre les objectifs.

L’intégration politique connaît donc encore des limites. La répartition des pouvoirs dans les institutions européennes donne le sentiment qu’elles souffrent encore d’un déficit démocratique même si les traités d’Amsterdam (1997) et de Nice (2000) renforcent le rôle du parlement.

c) 1990-2007 : les enjeux de l’élargissement européen.

Après l’implosion de la zone d’influence soviétique, l’organisation géopolitique de l’Europe est bouleversée. D’abord,un certain nombre d’anciens pays du Pacte de Varsovie adhèrent à l’OTAN, La Hongrie, la Pologne et la République tchèque en1999, la Bulgarie, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie en 2004.

Ensuite, l’Union européenne connaît un nouvel élargissement en accueillant notamment d’anciennes démocraties populaires.

Dès 1990,en réalisant son unification, l’Allemagne rattache des landër qui constituaient la RDA à l’UE.

En 1993, à Copenhague sont définis les critères d’adhésion à l’UE : appartenance géographique, respect et garantie des libertés fondamentales et du droit des peuples, acceptation de tous les textes communautaires.

En 1995, trois pays « neutres » dans le contexte de la guerre froide intègrent l’Union européenne ( Finlande, Autriche, Suède). L’AELE se vide encore un peu plus de sa substance même si la Norvège et la Suisse par exemple refusent d’intégrer l’Union européenne.

En 2004, 10 pays rejoignent l’Union européenne : Estonie, Lituanie, Lettonie, Pologne, République Tchèque, Slovaquie, Hongrie, Slovénie, Chypre, Malte. La plupart d’entre eux appartenaient au bloc de l’est En 2007,c’est au tour de la Roumanie et de la Bulgarie.

Les enjeux de cet élargissement sont nombreux.

Les avantages espérés de ce processus sont les suivants : une extension en Europe de l'aire de prospérité et de paix créée par l' Union Européenne. Un développement du marché européen qui passerait de 375 millions de consommateurs à 500 millions. Une augmentation du poids de l’UE sur la scène internationale .

Mais l’élargissement de l’UE suscite également quelques craintes : le coût exagéré de l' aide au développement de pays dont le niveau de vie en moyenne est de 23 % inférieur à la moyenne communautaire, la nouvelle répartition des aides de l’Union européenne au bénéfice des nouveaux états membres, la délocalisation des activités industrielles à valeur ajoutée faible ou moyenne vers ces pays, le développement des phénomènes migratoires.

d) 2004-2007 : le débat sur l’Europe de demain.

En 2004 le débat sur le traité constitutionnel fait émerger plusieurs questions :

La première porte sur l’organisation politique de l’Europe de demain. Doit-elle être plus fédérale ou les souverainetés nationales doivent-elles êtres maintenues ?

Une vaste zone de libre échange à plusieurs vitesses ( Schengen , Euro). Ce principe est souvent défendu en GB et au Danemark au nom du libéralisme économique et d’un certain attachement à la souveraineté nationale.

D’autres proposent la constitution d’une fédération européenne avec la mise en place d’un gouvernement européen. On pourrait parler d’Etats-Unis d’Europe. On trouve des partisans de ce modèle fédéral partout en Europe et particulièrement en Allemagne.

Les souverainistes, eux, souhaitent une Europe des nations sans transfert de compétences supplémentaires . Le paysage politique français compte plusieurs partis souverainistes.

On observe donc en Europe, une opposition entre souverainistes et tenants de la supranationalité.Confédération d’Etats : certains domaines sont de la responsabilité européenne d’autres des Etats.Supranationalité : principe qui caractérise une organisation placée au dessus des institutions nationales et dont les décisions s’imposent aux Etats membres.Souverainistes : partisan de la défense de la souveraineté nationale, de la compétence des Etats.

Se pose également la question du modèle économique et social de l’Union européenne de demain.

L’Union européenne de demain sera-t-elle un espace économique où domineront des logiques libérales soucieuses de compétitivité à l’échelle mondiale ?

Peut-on maintenir un haut niveau de prestations et de protection sociales pour garantir de bonnes conditions de vie pour le plus grand nombre de ses ressortissants ?

Les deux logiques, libérales et sociales, sont elles compatibles ou inconciliables ?

Conclusion :

Finalement en 2007, même si les processus d’intégration, d’approfondissement et d’élargissement sont très avancés, se posent encore un certain nombre de questions présentes dès le début de la période étudiée. Par exemple, Robert Schuman et Jean Monnet parlaient souvent d’Etats-Unis d’Europe. On constate aujourd’hui que le sujet divise encore les tenants d’une Europe fédérale et les partisans du maintien des souverainetés nationales. La guerre froide est terminée pourtant l’extension d’une Europe atlantiste vers l’est suscite quelques interrogations en particulier lorsque l’Europe est divisée face à la politique étrangère américaine. Dans le contexte de la guerre froide, le modèle Européen pouvait sembler alternatif en conciliant économie de marché et politique sociale. Ce modèle doit-il s’effacer maintenant que le bloc soviétique s’est effondré ? Un certain nombre d’enjeux traversent donc l’histoire de l’Europe de 1945 à nos jours. Si certaines questions restent en suspens, un acquis demeure : la paix.

 Proposition de croquis : EuropesEurope.ppt

 

La métropolisation et les territoires de l’Union européenne.

 

Avec 80 % d’urbains, l’Europe possède un taux d’urbanisation élevé. Le semis urbain fait apparaître la densité de villes la plus forte au monde. Il ne permet pas cependant de comprendre les relations que les agglomérations entretiennent entre elles et avec leurs territoires.

En Europe, comment le phénomène de métropolisation contribue-t-il à l’organisation et à la différenciation des territoires ?

Ville : les définitions de la ville diffèrent en Europe.

En France, une ville est une commune de plus de 2000 habitants.

En Suède, il s’agit de commune de plus de 200 habitants. En Belgique le nombre d’habitants doit dépasser les 5000. Agglomération : En France, l’INSEE définit ainsi les agglomérations urbaines multi communales : ensemble de communes ( ville-centre et communes de banlieue) contiguës ( qui se touchent) ou l’habitat est continu ( - de 200 m entre les habitations) et la population supérieure à 2000 habitants. Semis urbain : C’est la répartition des villes dans un espace. Territoire : espace produit , construit , habité , vécu par une société.Taux d’urbanisation : c’est le nombre d’urbains rapporté à la population totale. C’est la proportion de personnes vivant dans les villes dans l’ensemble la population. I

I La métropolisation est un processus de concentration.

a) Une concentration de population.

En Europe, cette tendance à l’agglomération de population se vérifie, notamment dans la mégalopole européenne qui compterait 200 millions de citadins. Mégalopole : ensemble constitué de plusieurs agglomérations assez proches pour former une grande région urbaine.

En France, ce phénomène se confirme

Les métropoles abritent 40 % des habitants sur 1 % du territoire. C’est d’ailleurs la population des plus grandes agglomérations qui augmente le plus rapidement. Les villes de 20000 à 200000 progressent de 0,25 % par an , tandis que les villes de plus de 200000 progressent de 0,45 % /an France

b) une concentration des activités et des fonctions supérieures.

En Europe, les géographes observent une tendance à la concentration des services de niveau supérieurs (aéroports, places financières, foires internationales, congrès internationaux, musées, touristes, sites culturels, universités, maison d’édition, etc..) et des fonctions de commandement (sièges sociaux des plus grands groupes européens) dans les plus grandes agglomérations : Londres, Paris , Madrid, Amsterdam, Milan).Tertiaire supérieur : le tertiaire supérieur comprend : le tertiaire industriel péri productif (services supérieurs aux entreprises dans les domaines des services financiers, logistiques, de l'information et de la communication, de l'ingénierie, etc.) ; le tertiaire directionnel et de régulation (contrôle et réglementation des systèmes politiques et administratifs, économiques, sociaux) ; le tertiaire de la formation et de la culture.

A l’échelle nationale, le phénomène s’observe également. Paris abrite 382 sièges sociaux des 500 premières firmes françaises, réalise 91 % des transactions financières. On y paie les 2/3 de l’impôt sur le bénéfice. On y réalise 55 % de la recherche industrielle. Dans le domaine des emplois supérieurs la part de Paris baisse même si elle représente encore 63 % . Finalement, en France, la métropolisation du territoire se fait au profit de Paris et de quelques villes souvent dans les espaces frontaliers ou littoraux.

D’une manière générale, on observe donc une tendance à la concentration dans les métropoles européennes des fonctions de commandement. Est-il alors possible de classer les métropoles européennes ?

II Confirmation et renforcement de la hiérarchisation des métropoles.

En 2000, un rapport commandé par la DATAR ( aujourd’hui DIACT) sur le classement de 62 villes Européennes, proposait une hiérarchisation en 5 classes.

Au sommet figurent Londres et Paris avec 83 et 81 points. Ce sont des métropoles mondiales ou villes globales ( Même si Saskia Sassen qui a popularisé l’expression considère que Paris n’est pas une ville globale. métropoles mondiales ou villes globales : Ce sont des métropoles se situant au niveau supérieur de la hiérarchie urbaine à l'échelle mondiale, où se concentrent les pouvoirs centraux des entreprises et de l'économie mondiale. Elles sont productrices d'activités et de richesse. Selon les auteurs, il existerait trois ou quatre métropoles mondiales : Tokyo, et New York, Londres et éventuellement Paris.

Ces espaces urbains fonctionnent en système, d'où l'image d'un archipel ( AMM- Archipel Métropolitain Mondial) constitué d'"îles" qui concentrent entre elles l’essentiel du trafic aérien et des flux de télécommunication : 90 % des opérations financières s’y décident et 80 % des connaissances scientifiques s’y élaborent. Olivier Dollfus en identifie une demi-douzaine.

Ensuite la hiérarchie fait apparaître des villes de dimension européenne comme Madrid, Amsterdam, Milan, Barcelone, Berlin, Rome, Bruxelles, Vienne, ou Munich. Il convient de noter qu’il ne s’agit pas toujours de capitales.

D’autres villes ont plutôt une dimension nationale : Lisbonne, Athènes, Copenhague

Enfin apparaissent des métropoles régionales comme Lyon , Marseille, Toulouse, Florence. Métropole régionale : ce sont des métropoles car on y observe des phénomènes de concentration dans les domaines de la démographie, des pouvoirs économiques et politiques. Cependant leur aire d’influence est plus réduite que celle des métropoles d’un niveau supérieur.

La métropolisation se traduit donc également par une hiérarchisation. Dans ce contexte, quelles relations entretiennent-elles entre elles et avec leurs territoires ?

III La constitution de réseaux et de systèmes urbains.

Réseau urbain ou système de villes : L'expression évoque les relations qu'entretiennent les villes entre elles à travers les voies qui assurent leurs échanges, les flux qui en traduisent l'intensité. Elle met ainsi l'accent sur les supports techniques de ces relations.

 

a) Des relations d’échanges.

L’étude des communications téléphoniques des trafics ferroviaires, routiers ou aérien permet de constater que les villes échangent entre elles des d'informations, des marchandises, des personnes. Les infrastructure de transport et de communication sont donc très importantes dans les réseaux urbains.

Ceci explique, par exemple, l’importance des lignes grande vitesse dans les relations entre grandes métropoles. ( Eurostar Paris-Londres, Thalys Paris-Bruxelles). Les lignes grandes vitesse réduisent les distances-temps entre les métropoles, les « rapprochent » les unes des autres.

b) Des relations de concurrence.

Dans ce contexte, les métropoles ont, en effet des relations de concurrence. Elle cherche à attirer par la variété et la qualité de leurs services. On peut évoquer par exemple, la compétition que se livre les villes dans le domaine des musées. Georges Frêche à Montpellier évoque fièrement le musée Fabre face aux Abattoirs de Toulouse. Son modèle pour son projet de musée d’art contemporain reste le musée Guggenheim à Bilbao. La ville d’Amiens en Picardie s’est longtemps battue pour obtenir une gare TGV. C’est Lille qui l’a obtenue alors que le trajet vers Londres est moins direct.

c) Le rôle de la métropolisation dans l’organisation des territoires.

Cette organisation concerne d’abord les territoires de la métropole elle-même. Paul Claval dans le Dictionnaire de l’urbanisme et de l’aménagement, note que la concentration des activités et des fonctions de commandement dans les métropoles entraîne une flambée spéculative dans les centres-ville et conduit à ne conserver dans les espaces centraux que les fonctions de décision et de contacts. Seules peuvent encore y résider les catégories les plus aisées de la population. On parle alors de gentryfication.

On observe aussi un rayonnement des métropoles sur leur périphérie. Elles attirent des personnes, des marchandises en provenance des régions qu’elles polarisent. Elles desserrent aussi parfois autour d’elles un certain nombre d’activités (aéronautique en Midi-Pyrénées) ou de fonctions ( décentralisation universitaire). Un exemple nous en est donné par l’aire de chalandise de Toulouse. Elle s’étend bien au delà de l’aire urbaine notamment dans la direction du Gers. Un rapport de la CCI du Gers démontre que dans le bassin de consommation de l'Isle-Jourdain qui représente un chiffre d'affaires de 29 770 000 euros, les consommateurs réalisent déjà une partie de leur achats en particulier en matière d'équipement des personnes, dans le département voisin. L'agglomération toulousaine représente déjà 35 % de l'évasion d'achats dans le bassin. Ce phénomène risque d'être renforcé par la création du mégacentre commercial. ( Source : schéma d'équipement commercial du département du Gers-CCI 32 -juillet 2004)

Aire de chalandise, aire d'attraction : Zone dans laquelle se recrutent les clients des activités commerciales et de services d'une ville ou d'une métropole. L'aire est d'autant plus vaste que la ville ou la métropole a de l'influence. Elle est généralement limitée par une influence concurrente. En fonction des activités considérées, ces aires se superposent ou se recoupent

Par métropolisation, on peut donc désigner aussi un phénomène de polarisation,de rayonnement sur un territoire.

On constate par ailleurs que les métropoles sont également en concurrence pour l’extension des zones d’influence. Les territoires périphériques des régions polarisées par les métropoles sont souvent tiraillées entre deux influences.

Exemple : voir la leçon sur Midi-pyrénées.

 

Cependant, il reste des espaces interstitiels qui échappent à cette polarisation. Cette situation est souvent liée à un phénomène d’enclavement. Dans la compétition qui anime désormais les territoires ces derniers se retrouvent alors marginalisés.

Compte tenu du fait que les métropoles sont souvent des nœuds de communication, elles jouent souvent pour les régions qu’elles polarisent le rôle d’interfaces. C’est par exemple, le rôle de Lyon qui relie la région Rhône-Alpes avec Paris et l’Europe du Nord et de l’est. Mais cette fonction d’interface a des limites. Les axes terrestres de circulation rapide rapprochent plus les pôles métropolitains entre eux qu’ils ne renforcent l’ensemble des régions. Seuls sont favorisés les territoires bénéficiant d’une connexion rapide. On observe au contraire dans certains cas des effets-tunnels. Des territoires sont traversés où longés sans être desservis. C’est le risque que courrait l’ouest du département du Gers si une bretelle d’accès n’était pas créée pour un raccordement sur l’autoroute Pau-Langon. Interface : zone de contact entre deux espaces différents.

La métropolisation contribue donc à la différenciation des territoires.

d) Une typologie des systèmes urbains.

Système urbain : cette expression désigne dans un espace donné l’ensemble des villes, les relations qu’elles entretiennent entre elles ( hiérarchiques d’échange, de concurrence ou de collaboration), et l’organisation des territoires qu’elles déterminent.

A l’échelle européenne, on observe que le système urbain est dominé par deux métropoles Londres et Paris et par la mégalopole européenne. Ce sont des espaces centraux qui concentrent des activités et des fonctions de commandement parfois de niveau mondial. Ces territoires jouent effectivement leur rôle d’interface en mettant en relation l’Europe avec le reste du monde.

Ces métropoles sont relayées par des métropoles de dimension européenne ou nationale.

A l’échelle nationale, on observe en Europe différents types de systèmes urbains.

Il existe un modèle Parisien ou modèle monocentrique où la capitale par son poids démographique et les fonctions qu’elle rassemble exerce son influence sur une vaste région qui se confond presque avec l’ensemble du territoire national.

Exemples : ( France, Autriche, Hongrie, Islande Espagne).

En France ce phénomène s’explique par une tradition centralisatrice confirmée à la révolution avec les Jacobins. Pour information, dans le cas de la France, on peut parler de macrocéphalie parisienne. En terme d’emploi le rapport entre Paris et les villes suivante est de 7,1 avec Marseille et de 7,5 avec Lyon. En terme d’habitants, ce rapport est de 2,6 avec Marseille (commune) et de 4,7 avec Lyon. Il existe également un modèle rhénan ou polycentrique où plusieurs villes se partagent le premier rang et exercent leur influence sur des régions de dimensions comparables.

Il existe aussi un modèle intermédiaire où une grande ville partage son influence avec d’autres grandes villes ( Italie du Nord, Espagne du Nord)

A l’échelle régionale en France, Félix Damette propose la typologie suivante :

 

Un système polarisé autour de Lille, métropole hégémonique de sa région.

Un système polarisé maillé en Rhône-Alpes, débordant sur l'Auvergne et la Bourgogne, centré sur Lyon mais avec des relations fortes entre les autres villes comme Grenoble, Saint Etienne.

Des bipôles équilibrés, dans le Bassin Aquitain autour de Toulouse et Bordeaux, chacune polarisant sa région mais les deux étant fortement reliées l'une à l'autre, en Provence-Alpes-Côte d'Azur, autour de Marseille et Nice, les deux métropoles tissant là aussi des relations très fortes.

Des bipôles dissymétriques dans l'est autour de Strasbourg et Nancy et dans l'ouest autour de Nantes et Rennes;

Des systèmes multipolaires, enfin, qui peuvent être hiérarchisés comme en Normandie et dans le Languedoc ou équilibrés dans le Val-de-Loire.Conclusion :

La métropolisation a donc différents aspects. Elle désigne une tendance observée partout dans le monde et donc en Europe de concentration de la population et des fonctions de commandements dans les villes de niveau supérieur. En ce sens, la métropolisation renforce les hiérarchies urbaines existantes.

La métropolisation est aussi un processus de développement des relations de natures variées entre les villes constituées en réseaux. Enfin par métropolisation, on désigne également la polarisation d’une région par une ville, le rayonnement de cette dernière sur un territoire.

La métropolisation contribue donc à structurer les territoires mais aussi à les différencier en fonction du niveau des relations qu’ils entretiennent avec la métropole. Certains se rapprochant de la lumière d’autres restant dans le noir.

 

Bibliographie :

Bonnet J., les grandes métropoles mondiales .

Guglielmo R., les grandes métropoles du monde .

Jean-Claude Boyer, Les capitales européennes , DP n°8020.

Félix Damette , "la France en Villes"

Lacour C. et Puissant S. La Métropolisation croissance diversité et fractures, Anthropos.

N. Cattan, D. Pumain, C. Rozenblat, T. Saint-Julien, Le système des villes européennes, ANTHROPOS, 1994.

Dezert, Metton, Steinberg, La Périurbanisation en France, Sedes, 1991