20.05.2007
Un État et un espace en recomposition : la Russie.
Depuis le 8 décembre 1991, Fédération de Russie est le nom officiel de la Russie. C’est aujourd’hui encore, le plus vaste Etat du monde avec 17 075 400 km². Cet Etat est ce qui reste de l’URSS, l’une des deux grandes puissances de la guerre froide.
La recomposition de la Russie a-t-elle définitivement remis en cause sa puissance ?
I La recomposition post-soviétique.
a) Les enjeux d’une recomposition territoriale.
La perte de superficie.
L’éclatement de l’URSS en 91 a fait perdre à la Russie un certain nombre de territoires. L’URSS comptait effectivement 22 Millions de km², la fédération de Russie n’en compte plus désormais que 17. L’URSS a donné naissance à 15 nouveaux Etats dont la Fédération de Russie.
La perte de ressources.
Cette fédération ne peut plus compter directement sur des régions agricoles importantes : l’Ukraine ( tchernozium , climat propice à la céréaliculture, le grenier à blé de l’ex-URSS), l’Asie centrale (coton). Mais elle ne contrôle plus, non plus, les ressources énergétiques d’Asie centrale (une partie du pétrole de la Caspienne, Bakou en Azerbaïdjan).
La perte du contrôle des routes des exportations
Désormais, par exemple, 90 % des exportations de pétrole russe vers Europe passent par l’Ukraine. La Russie doit s’acquitter 600 millions de dollars de droits de transit chaque année.
Les tensions territoriales.
Certaines parties de la Russie sont en rébellion contre le pouvoir central. On peut citer République de Sakha ( ex-Yakoutie ) et surtout la Tchétchénie qui a connu deux guerres 1994-1996 et 1999.
b)La remise en cause d’une puissance stratégique .
La perte du contrôle sur le proche étranger.
Sur le plan des alliances, la Russie est désormais entourée d’anciennes démocraties populaires ou Républiques de l’Ex-URSS devenues membres de l’OTAN (La Hongrie, la Pologne et la République tchèque en1999, la Bulgarie, l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie en 2004). La Moldavie, l’Ukraine et la Géorgie ont fait part de leur volonté d’intégrer l’organisation.
Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les EU ont installé des bases en Ouzbékistan, kirghistan Tadjikistan et Géorgie pour lutter contre Al Qaida.
Une puissance nucléaire affaiblie mais réelle.
Les difficultés financières de la Russie ne lui permettent plus d’entretenir une armée puissante. L’ état d’abandon des sous-marins nucléaires soviétiques dans le ports de Mourmansk ou la tragédie du Koursk en sont l’illustration.
Mais la Russie reste une puissance nucléaire majeure (la seconde) . Vladimir Poutine le rappelle régulièrement.
L’évolution du peuplement .
Question : le peuplement est-il un facteur de la puissance de la Russie?
La Russie connaît un certain déclin démographique :
Aujourd’hui, la situation en Russie est inédite : l’accroissement naturel est devenu négatif (solde naturel : –80000). La population est passée de 147 millions en 1989, à 142 millions aujourd’hui.
Un taux de mortalité assez élevé s’explique par une dégradation des conditions sanitaires, un nombre élevé d’homicides et de suicides, par un alcoolisme répandu et une surmortalité accidentelle ( route, travail) ( L’espérance de vie en Russie est faible : 72 ans pour les femmes, 59 ans pour les hommes).
La natalité baisse également, les classes en âge de procréer sont issues d’un processus de ralentissement de la natalité depuis 1950, et la situation sociale difficile n’incite pas les couples à faire des enfants.
Remarque 1 : Denis Eckert insiste sur le fait que ce déclin démographique ne date pas seulement de la période post soviétique. Il était perceptible avant 1991.
Remarque 2 : On parle de déclin démographique. Il faut cependant nuancer ce constat. L’ISF remonte 1,35 enfant par femme en age de procréer aujourd’hui contre 1,2 en 2003.
ISF : (indice synthétique de fécondité) Nombre de femmes en age de procréer.
Remarque 3 : la baisse de population n’est pas généralisée sur l’ensemble de la Russie. Certaines régions gagnent de la population : Moscou ( phénomène migratoire), républiques du Caucase ( croît naturel). A noter cependant, l’anomalie des résultats Tchétchénes qui sont peu crédibles) .
Ces 142 millions de Russes sont inégalement répartis sur le territoire.
- Dans le triangle St Petersbourg-Rostov- Omsk, donc dans la Russie d'Europe pour l'essentiel, on trouve les fortes densités (+ de 50hab/km2). Cette partie de l’Europe représente 80 % de la population.
- On a ensuite une bande de peuplement au sud de la Sibérie et le long des grands fleuves.
- Ailleurs les 2/3 du territoire sont vides avec moins de 1 hab/km2.
L’armature urbaine russe est très déséquilibrée.
La population urbaine en Russie a fortement augmentée, elle représente 74 % de la population mais le réseau urbain russe est très déséquilibré. 10 des 14 villes de plus d’1 million d’habitants sont localisées dans la partie européenne. Le réseau urbain est dominé par Moscou ( 14 millions) et Saint-Pétersbourg ( 5 millions).
Il manque en Russie, un réseau de métropoles régionales.
Remarque 4 : On observe des flux migratoires. Il ne faut pas exagérer l’ampleur du phénomène des pieds rouges. Russes demeurant dans les anciennes républiques de l’URSS désormais indépendantes.
Par contre , les flux migratoires internes des régions périphériques de Sibérie orientale, d’extrême orient ou du Caucase vers la Russie d’Europe sont relativement importants.
Cl : Le poids démographique de la Russie est donc remis en cause par son évolution démographique récente même si des signes positifs semblent perceptibles. Du point de vue du peuplement, on peut également parler de recomposition du territoire.
Conclusion : Il y a donc effectivement recomposition du territoire russe depuis 1991. Visiblement cette recomposition peut remettre en cause les manifestations de la puissance de la Russie.
II Contraintes mais aussi atouts du territoire soviétique.
Question : Le territoire de la Russie contribue-t-il à sa puissance ?
a) Les problèmes posés par les milieux.
Le milieu peut être difficile. Du point de vue du climat, la Russie est un pays nordique : 85% du territoire se situe au nord du 50°N ( la latitude de Dieppe ). Plus on va vers l'Est, plus la continentalité augmente, ce qui entraîne une forte amplitude thermique. Les précipitations sont plutôt faibles. Il fait froid partout en hiver et chaud partout en été ( les températures dépassent souvent 25°C en Sibérie). Les températures sont négatives pendant 5 moins à Moscou, 8 mois à Yakoutsk. Plus d’un tiers du territoire russe a des températures moyennes de janvier inférieures à –30°C. La durée de l’été s’amenuise vers l’est. Au printemps, c’est la saison des « mauvaises routes » ( Raspoutitsa).La fonte des neiges transforme les chemins en bourbiers.
Tout le pays se situe dans la zone tempérée continentale, à part les régions les plus proches de la mer Baltique ( nuances océaniques ), de l'océan pacifique ( plus humides que l'intérieur de la Sibérie sous l'influence de la mousson d'été), des régions situées dans le grand Nord ( climat polaire ) et des marges méridionales du pays (nuances désertiques).
Le relief pose un problème lorsqu'il accentue le froid de l'hiver .L’Oural n’est pas un obstacle majeur. Les hautes montagnes sont situées dans la partie sibérienne du pays et dans le Caucase, ce qui accentue le froid hivernal et rend les étés moins chauds. Les montagnes forment un arc de cercle périphérique qui isole la Russie des pays voisins, les pays du Caucase ou la Chine.
On distingue en Russie trois grands domaines bio-climatiques :
- Le nord est le domaine de la toundra ( formation végétale basse, mousses, lichens, adaptée au climat polaire).
- La taïga ( forêt boréale), principalement constituée de conifères et de bouleaux et la forêt mixte plus riche en feuillus forment la plus grande forêt du monde (2/3 du pays). Le bois est souvent évacué par flottage. Les sols bruns de la forêt mixte sont plus fertiles que les sols gris ( podzol) de la taïga).
- Au sud et à l’ouest, on trouve les Terres noires ( Tchernoziom) , célèbres pour leur fertilité.
Conclusion : les contraintes sont nombreuses mais elles peuvent éventuellement être dépassée grâce à des aménagements.
b) Le plus vaste état de la planète.
La Russie reste le plus vaste Etat de la planète, malgré l’éclatement de l’URSS : 17 M km2 (30 fois la France), 11 fuseaux horaires,10 000 kms d’ouest en est, 9300 kms de Moscou à Vladivostok par le transsibérien, à titre de comparaison, Los Angeles ou Johannesburg sont à 9000 kms de Paris.
Conclusion : le territoire Russe est grand, c’est un atout pour la puissance du pays mais cette immensité n’est un avantage que si le territoire est maîtrisé.
c) Les ressources de l’URSS.
Le sol :
On l’a vu, les sols sont très fertiles dans le triangle utile : « les Terres Noires » ou « tchernozium ou tchernoziom ». L’ agriculture est donc très développée en Russie d’Europe.
Le sous-sol :
Les ressources du sous-sol sont nombreuses et importantes :
Les gisements situés dans la partie européenne sont en cours d’épuisement.( Ex Donbass) Des mines ferment.
En Sibérie, on trouve 80% du charbon (Kouzbass + réserves de Sibérie orientale)
L’Oural est riche en fer d’une telle teneur qu’on observe une AMK (anomalie magnétique de Koursk). Il y a également des réserves de fer en Sibérie (Iakoutie).
On trouve également en Russie une grande quantité des minerais non ferreux.
De plus, en Sibérie centrale, le coût de l’hydroélectricité est si faible qu’on hésite plus à importer de la bauxite de Guinée pour y produire de l’aluminium. C’est un aspect de l’intégration dans la mondialisation.
L’exportation de toutes ces ressources procure à la Russie des devises.
Comme on l’a vu les gisements sont nombreux en Sibérie et en Extrême-Orient mais leur exploitation est souvent difficile et coûteuse.
Enfin et surtout avec 13% des réserves mondiales de pétrole et 45 % des réserves de gaz. La fédération de Russie est l’un des principaux fournisseurs d’hydrocarbures au monde. (Bakou I, II et III).
Les limites de l’exploitation des ressources.
L’exploitation des ressources est depuis longtemps extensive et intensive, sans préoccupations pour l’environnement. Les abus industriels, le gaspillage et le manque de précautions ont des conséquences dramatiques : 30 % des eaux destinées à la consommation sont impropres, 20 % des sols sont contaminés et la radioactivité est préoccupante sur de nombreux sites nucléaires.
Conclusion : les richesses de la Russie sont nombreuses mais elles ne constituent un atout que si des moyens de transport efficaces permettent de les écouler et si leur exploitation se fait dans l’optique d’un développement durable.
III Maîtriser son territoire et « le proche étranger » pour rester une grande puissance.
Moyens et limites de la politique menée dans le proche étranger. ( HS)
La Russie essaie de maintenir le contrôle de son proche étranger. En 1991, a été créée la CEI (Communauté des Etats Indépendants). Elle regroupe 12 des 15 Etats issus du démantèlement ( les Etats Baltes n’en font pas partie). Elle essaye de déstabiliser certaines de ses voisines en soutenant les minorités (arméniens du Haut Karabakh en Azerbaïdjan, Abkhazes en Géorgie).
Des tensions sont apparues avec l’Union européenne au sujet de l’enclave de Kaliningrad en 2002, de la Moldavie et de l’Ukraine en 2004 ( Révolution orange). Mais dans le même temps, l’Union européenne est un partenaire privilégié de la Russie ( 2000, partenariat énergétique afin d’augmenter les importations d’hydrocarbures en provenance de la Russie, 67 % des importations viennent de l’UE)
Le nécessaire développement des transports.
Les insuffisances des transports russes.
Le treillage du territoire russe est inégal. Le réseau de voies de communication terrestres est essentiellement organisé en étoile autour de Moscou. La navigation fluviale est importante en Europe (Volga et réseau des 5 mers [ Réseau de voies navigables mettant en relation mers baltique, blanche, noire d’Azov et Caspienne]), mais ne peut être que limitée en Sibérie, où les fleuves restent gelés trop longtemps et ont une orientation Nord-Sud, alors que les flux économiques sont plutôt Est-ouest. Le seul axe structurant le territoire est le Transsibérien achevé en 1914, complété dans les années 1970 par le BAM (Baïkal Amour Magistral). Ce réseau est désorganisé et vétuste car mal entretenu alors que les conditions climatiques rendent nécessaire un entretien soutenue. L’avion permet d'intégrer des espaces périphériques comme la Sibérie, mais les appareils comme les aéroports sont vétustes.
On note donc l’insuffisance des moyens de transport en Russie même si les travaux d’élargissement et de modernisation du BAM se poursuivent.
Contrôler la source, la pompe et le bout du tuyau : La géopolitique des tubes et des hydrocarbures.
Le contrôle du secteur de l’énergie.
Même si l’économie planifiée et collectivisée a été abandonnée. ( aujourd’hui plus de 70 % du PIB Russe est réalisé par des entreprises privées). L’Etat n’a conservé le contrôle de certains secteurs stratégiques comme l’énergie. Ainsi une entreprise comme Gazprom est dirigée par des oligarques fidèles à Vladimir Poutine.
Oligarques : hommes d’affaire puissants
Pour information, Gazprom est une société par action contrôlée par l’Etat qui possède 16 % des réserves mondiales de Gaz.
Conclusion : La Russie conserve donc avec ses réserves naturelles et le contrôle du secteur de l’énergie des atouts majeurs.
Le contrôle des conduites
En Tchétchénie , les autorités russes ont décidé la construction d’une dérivation Bakou-Novorossisk pour éviter une République désormais peu sure.
En Ukraine, l’année dernière, Moscou a accusé Kiev de pomper illégalement 9 milliards de m 3 de pétrole. La Russie a donc fermé temporairement les vannes en direction de l’Ukraine pour empêcher ces pratiques. Elle a également décidé la construction d’un oléoduc Samara-Novorossisk pour ne pas dépendre que de l’Ukraine.
Pour créer de nouvelles ouvertures, les autorités ont également décidé de créer un terminal gazier à Primorsk, mais la Baltique est régulièrement gelée en Hiver. Il existe donc un projet de gazoduc sous marin en collaboration avec l’Allemagne et la Finlande. Plus au nord le port de Mourmansk qui bénéficie des effets du gulf stream pourrait devenir un autre passage possible pour les hydrocarbures russes.
Enfin, il existe des projets de conduites pour satisfaire la demande asiatique.
Conclusion : Pour s’assurer un autre atout stratégique, la Russie cherche donc à sécuriser la route de ses exportations d’hydrocarbures.
De nouvelles logiques d'organisation de l'espace.
La Russie d’Europe : Un espace central et dominant.
Elle concentre l’essentiel des hommes des activités et des capitaux.
Elle est fortement métropolisée avec en particulier Moscou ( 14 millions d’habitants) et Saint-Pétersbourg ( 5 millions), mais aussi des villes de la Volga ( kazan, Samara, Volgograd)
On observe une domination de Moscou où se concentrent les pouvoirs politique, économique ( 20 % de la production de richesse nationale) et culturel et où s’expérimente aujourd’hui le libéralisme. Ville essentiellement tertiaire, Moscou reçoit 50 % des investissements étrangers en Russie. C’est aussi à Moscou que se manifeste l’enrichissement d’une nouvelle élite russe.
Cette Russie d’Europe possède un réseau de communication dense, amplifié par le système des cinq mers.
On trouve une région industrielle importante en reconversion autour de la Volga.
Les périphéries intégrées de Sibérie occidentale et le long du transsibérien.
- L’Oural, ancienne région d’industries lourdes, est aujourd’hui en crise; les ressources s’y épuisent et la reconversion est difficile.
- La Sibérie occidentale et méridionale, le long de l’axe du transsibérien regroupe 80 % de la population de Sibérie et se consacre à la production agricole et à l’exploitation des ressources en particulier dans la région de Bakou III entre Ob et Ienisseï.
Les périphéries éloignées, des réserves souvent délaissées.
- Dans le grand nord, la Sibérie orientale et l’ Extrême-Orient, les matières premières abondantes, mais leur extraction est difficile et coûteuse .
- On observe le dynamisme relatif de la façade littorale avec le port de Vladivostok, principale base navale russe du pacifique, qui cherche à développer la coopération transfrontalière avec la Chine en particulier .
- Dans ces régions les soldes migratoires sont négatifs.
- Il y a des tentations sécessionnistes comme dans le nord du Caucase.
Conclusion :
Depuis 1991, certains éléments de la puissance de la Russie sont remis en cause. Sa superficie est réduite, son poids démographique est amoindri. La Russie ne maîtrise plus certaines ressources ou certains accès. Son PIB est relativement faible. Son armée a perdu de sa superbe.
La Russie n’est donc plus une superpuissance. Mais le déclin de la Russie est loin d’être total. Ses ressources restent nombreuses même si les capacités de transport sont insuffisantes dans un espace ou la maîtrise du territoire est un défit permanent. La Russie reste une puissance nucléaire. Enfin, on observe une adaptation de la Russie aux nouveaux enjeux logistiques. Si certaines interfaces sont en déclin d’autres ouvertures se développent. La Russie d’Europe témoigne d’un certain dynamisme, Moscou en particulier attire des investissements et de la population. Des infrastructures de transport sont construites ou en projet. De nouvelles fenêtres sur le monde se développent.
A ce titre l’espace Russe peut-être considéré comme un espace en recomposition.
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06.05.2007
L’espace méditerranéen : une interface Nord/Sud
Présentation générale de l’espace méditerranéen : - 3 800 km d’Est en Ouest
- 700 km de largeur maximale
- 18 États sur trois continents soit 200 millions d’habitants. Ou bien 25 Etats et 250 millions d’habitants.
- espace qui met en communication des continents mais aussi des océans
L’espace méditerranéen est-il un interface Nord/Sud ? Marque-t-il une réelle discontinuité entre le nord et le sud ? Est-il également un espace de contact entre la rive nord et la rive sud ? Peut-on réduire à cette opposition nord-sud l’interface méditerranéen ?
Proposition de croquis simplifié
Une proposition de collègue :
http://www.educreuse23.ac-limoges.fr/loewy/swf/Espace_med...
I Un espace marqué par des discontinuité.
a) Une opposition nord-sud du point de vue du développement.
Les pays européens du nord de la méditerranée sont en moyenne plus développés que les pays du Sud . Mais dans cette répartition nord-sud, il y a des exceptions :
Israël est un pays développé sur la rive orientale de la méditerranée : IDH 0.905.
De plus le nord n’est pas développé de façon homogène. En effet, au NO , l'IDH est en moyenne supérieur à 0.8. Sur le versant sud et oriental , il est compris entre 0.5 et 0.8.
Notez que le sous-développement du Sud de l'espace méditerranéen est relatif. Aucun IDH n'est inférieur à 0.6. C'est-à-dire un IDH moyen.
b) Une grande diversité culturelle.
On peut distinguer deux grandes aires religieuses
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Mais en réalité les aires religieuses s’interpénètrent à plus grande échelle. La réalité est donc plus complexe. Islam autochtone des Balkans, communautés chrétiennes du proche-orient. De plus les différentes aires religieuses sont divisées. on peut distinguer une Europe méditerranéenne catholique d'une Europe méditerranéenne orthodoxe. Au sud, l'Islam n'est pas uniforme. Certes, il y a 90 % de sunnites, mais il faut compter également avec des minorités chiites notamment au Liban.
La distinction est également linguistique :
Langues du Nord d’origine indo-européennes et langues du sud d’origine chamito-sémitique. Mais il existe des exceptions.La langue turque est ouralo-altaïque. Israël dispose d’une langue chamito-sémitique réinventée en partie au XX° s.
Cl : un espace marqué par des discontinuités mais qui ne peut se réduire à une opposition Nord-Sud.
c) Un espace de tensions géopolitiques.
Il y autour de la méditerranée de nombreux points chauds :
Il y a des tensions et des conflits internes liées à des revendications nationalistes : Corse.
Il est parfois difficile de distinguer les considérations internes et les enjeux interétatiques de conflits.
Maroc-Algérie-Mauritanie au sujet du Sahara occidental. Cette ancienne colonie espagnole partagée entre le Maroc et la Mauritanie fait l'objet d'un conflit entre le Front Polisario ( mouvement pour l'indépendance soutenu par l'Algérie), le Maroc et la Mauritanie.
Ex-Yougoslavie. Depuis 1991, dans la violence de plusieurs conflits, la Yougoslavie a éclaté en 5 Etats ( accords de Dayton (1995) : RFY (Serbie et Monténégro), Croatie, Slovénie, Bosnie-Herzégovine, Macédoine).
Chypre : Peuplée à 80% de grecs et à 17 % de turcs, Chypre est déchirée en particulier à partir de 1974 à cause de l'affrontement des communautés et de l'intervention des Etats Turc et Grec. Depuis l'île est partagée. Le règlement de la question chypriote est un préalable de l'adhésion de la Turquie dans l'Union européenne.
Le Proche Orient : voir leçon.
Il faut noter également l'existence de conflits frontaliers entre la Libye, la Tunisie, et l'Egypte.
Remarque : l'eau peut également être aujourd'hui un enjeu de ces conflits. C'est le cas entre Israël, le Liban, et la Syrie au sujet du contrôle des eaux , du Yarmouk, du Jourdain et du plateau du Golan.
Des tensions existent également entre la Turquie et la Syrie au sujet de l'utilisation des eaux du Tigre et surtout de l'Euphrate.
II Un espace de contact mais où les flux sont inégaux.
a) Flux migratoires
Ce sont essentiellement des flux Sud-Nord. Car si les migrations politiques existent, elles sont minoritaires par rapport aux migrations économiques. Elles traduisent donc la recherche de meilleures conditions de vie dans le nord.
Les champs migratoires traditionnels sont en cours de recomposition. De nouvelles destinations se développent : Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Suède.D’anciens pays de départ deviennent désormais des pays d’accueil. De plus l’espace méditerranéen sert de relais aux migrations en provenance d’afrique sub-saharienne comme on a pu le voir cette année à Céuta et Melilla ( enclaves espagnoles en Afrique du nord)
Historiquement : le nord a d'abord attiré la rive nord de la méditerranée, puis la rive nord a attiré la rive sud et enfin la rive sud attire l'Afrique subsaharienne.
b) Des flux touristiques.
espace méditerranée est un important espace touristique : La méditerranée reçoit 30%des touristes internationaux. La France reste la première destination touristique au monde.
- Dans l'espace méditerranéen, les principaux pôles sont les suivant : L'Espagne méditerranéenne ( 46 millions de touristes/an) , la France méditerranéenne (17 millions), la Tunisie ( 4 millions) , le Maroc ( 2.2 millions).
Les flux dominant sont des flux nord/nord.
Les flux Nord-Sud se développent en fonction de la proximité et de l’héliotropisme.
Si le tourisme se développe ce n’est pas sans poser des problèmes pour l'environnement : surexploitation des littoraux et concurrence pour l'eau.
c) Les flux commerciaux et financiers.
- La méditerranéen est un lieu d'échanges importants : par exemple, 60 % du pétrole importé en Europe transite par la méditerranée.
- Il existe d'importants échanges entre le nord et le sud. Ceux-ci sont d'ailleurs en hausse. Par exemple chacun des Etats du sud e la méditerranée réalise 60 % de ses échanges avec l'Union européenne. L'UE absorbe 80 % des exportations des PPM, et 50 à 60% des pays du moyen-orient.
- Mais ces échanges sont dissymétriques:
D'abord, dans l'espace méditerranéen, les flux dominant sont des flux N-N. Les flux N-S sont secondaires ( les exportations des pays du nord méditerranéen vers le sud représentent 4 % de leur activité commerciale) et les flux S-S ne représentent que 3 à 4 % des échanges dans l'espace méditerranéen.
Ensuite, les flux produits primaires ( des hydrocarbures en particulier) vont vers le nord, mais les pays de la rive sud importent aussi beaucoup de produits agricoles et de produits manufacturés. Par exemple, Egypte part des produits alimentaires dans les importations 27,4 %.L'Egypte importe plus de céréales qu'elle n'en produit .
L’espace méditerranéen est également donc un espace de trafic maritime intense : 6000 navires transitent chaque jour entre Suez et Gilbraltar. Mais l’espace méditerranéen est pour l’essentiel un espace de transit.
Marseille est le premier port méditerranéen avec 93 MT de marchandises. Mais ses insuffisances en matière de trafic de conteneur traduisent l’existence de Hubs portuaires pour le trafic de conteneurs situés à proximité des principales routes de transit : cf Gioia tauro , Algésiras, Malte , Damiette.
1 Algésiras 18 785 Milliers de T
2 Gioia Tauro 17 897
3 Malte 14500
10 Marseille 5189 .
Les investissements de l'UE vers les PSEM, sont relativement faibles. Ils ne représentent que 5 % des IDE de l'UE vers les PPM. Mais , ils augmentent. Les avoirs de l'UE dans les PPM ( sauf Chypre et Malte) ont augmenté en moyenne de 19% par an entre 1994 et 1999.
PSEM : pays du sud de l'espace méditerranéen.
III Les disparités se traduisent dans l’organisation de l’espace méditerranéen.
a) Une difficile intégration régionale.
Il n'existe pas d' organisation rassemblant l'ensemble de pays de l'espace méditerranéen. Cependant, les relations entre l'UE et les PP M s'organisent . En 1995, la conférence de Barcelone, établit les bases d'une zone de libre échange ( horizon 2010) dans le zone méditerranéen. Des accords d'association sont signés avec le Maroc, la Tunisie, Israël, etc… Remarque : les PPM craignent que leur statut de pays atelier soit remis en cause dans le cadre d'une UE élargie.
PPM (pays Partenaires méditerranéens) : Pays méditerranéens qui sont liés à l'Union européenne par des accords de partenariat et de coopération.
b) Des espaces méditerranéens déséquilibrés.
On observe, le long du littoral méditerranéen une concentration de la population .
Dans l'espace méditerranéen , plus de 60% de la population vit à moins de 10 kms de la mer.
On observe également une tendance à la métropolisation . La métropolisation, c'est le processus de concentration des hommes, des activités et des fonctions dans les grandes agglomérations. On distingue, le long du littoral méditerranéen des mégalopoles de dimension continentale. Barcelone ( 5 millions d'habitants), Le Caire seule mégapole d'Afrique ( entre 12 et 15millions d'habitants).
Il faut noter également que les espaces littoraux sont attractifs. Au nord, on assiste à une manifestation de l'héliotropisme (attraction exercée par les régions ensoleillées) . Au Sud se poursuit un exode rural important dans un contexte d'inégal développement des régions.
On assiste donc à double processus de polarisation et d'anisotropie.
Polarisation : domination et attraction exercée par une agglomération.
Anisotropie littorale :développement qui s'opère de manière axiale le long du littoral.
c) Une typologie de l'espace méditerranéen.
L'Europe méditerranéenne et occidentale : le centre.
L'Arc Latin ( France -Italie-Espagne ) et la Grèce représentent 85 % du PIB méditerranéen. Ce centre a les attributs de la puissance : des métropoles dynamiques ( Madrid-Barcelone-Toulouse-Marseille-Lyon-Turin-Gênes-Rome), le tourisme et l'industrie y sont développés. L'intégration de ces régions dans le mondialisation est effective.
Les périphéries en voie d' intégration :
Il s'agit d'une part des pays de l'Est européen bordant la méditerranée. Pour certains ils intègrent actuellement l'UE ( Slovénie-Malte-Chypre). Ils connaissent cependant un retard de développement par rapport au reste de l'UE.
On peut associer à ces Etats européens, Israël dont le poids économique, politique et militaire est réel.
Les pays du sud de l'espace méditérranéen.
Ils souffrent en général d'un retard de développement, même si certains sont dynamisés par des activités comme la production manufacturière de faible VA mais à fort besoin de main-d'œuvre. Si les relations avec les pays du nord sont réelles elles restent secondaires.
Il convient de répondre point par point à cette question :
L'espace méditerranéen est un lieu d'échanges. Ces échanges sont intenses, mais ils peuvent être dissymétriques comme dans le cas du commerce, des flux migratoires et du tourisme.
Cette dissymétrie est d'ailleurs le reflet de fractures existant en particulier dans le domaine du développement entre le nord et le sud de la mer méditerranée.
Cependant, on observe à plusieurs reprises que l'opposition nord-sud est parfois réductrice. Une grand ediversité caractérise cette région. La rive nord comme la rive sud sont loin d'être uniformes.
Enfin, l'espace méditerranéen est un lieu de partenariat mais aussi de conflits. C'est même l'une des régions les plus conflictuelles au monde.
Donc oui l'espace méditerranéen est une interface nord-sud mais pas seulement.
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27.03.2007
Le Brésil : Un reflet de la diversité des Sud.
Le Brésil est un pays d’une superficie de 8 511 965 km2, avec une population de 172 559 000 habitants. Pour le développement, il se classe au 65ème rang mondial avec un IDH de 0.777. Mais la valeur de ces chiffres est à nuancer dans un pays qui pourrait être considéré comme le troisième des Etats-continents émergents avec la Chine et l’Inde. Par exemple dans le Nord-Ouest du Brésil, l’IDH est le plus souvent inférieur à 0.5 et les densités ne dépassent pas les 11,3 hb/km2.
Alors avec de telles caractéristiques, le Brésil peut-il être considéré comme une puissance ou un etat sous développé ? Si il s’agit d’un Etat sous développé, le retard dans ce domaine marque-t-il l’ensemble de son territoire ? Si non, comment l’Etat Brésilien cherche-t-il à réduire les inégalités spatiales et à se développer? Quelles sont les dynamiques générées par les disparités spatiales et les politiques de développement ?
I Les inégalités de développement au Brésil et leurs conséquences spatiales.
a) Une inégale répartition des hommes et des activités.
On observe une concentration de la population et des activités sur le littoral.Par exemple, le Sud et le Sud Est, c’est 57 % de la population sur 18 % de la surface. Ces régions réalisent 76 % du RNB brésilien.Alors qu’au Centre Ouest et dans le nord de l’Amazonie, la moyenne des densités est de 5 hb/km2 sur 64 % du territoire.
b) Un inégal développement des régions du Brésil.
2/3 des ruraux soit 20 millions de personnes sont pauvres. Ils vivent le plus souvent sans eau et sans électricité. Ces populations sont particulièrement représentées dans le nord est et en amazonie. Par conséquent, l ’IDH du Brésil a beau être de 0.777, à l’échelle régionale, on observe de grands contrastes. Ainsi se distinguent par leur pauvreté et leur retard de développement, le Nordeste et le Nord-Ouest. Le Nordeste est la région la plus pauvre. Certes, les cultures commerciales du littoral sont prospères; mais à l'intérieur, la misère du Sertào rappelle certains traits du Sahel.Au Sud-Est, par contre, on trouve les Etats les plus développés du Brésil.
c) Les flux générés par l’inégal développement.
Ces disparités de développement génèrent des flux migratoires.Des flux migratoires internes d’une part :
En effet on assiste à un important exode rural des régions rurales de l’extrême Sud et du Nord-Est vers les régions urbanisées du Sud et du Sud-Est. Il existe également des phénomènes d’émigration vers les pays voisins. Par exemple, il existe une émigration brésilienne en direction de la Guyane française.
Conclusion : Le Brésil est donc marqué par de profondes inégalités régionales et celles-i générent des flux.
II Les disparités intra-urbaines.
a) La conséquence des flux migratoires internes.
L’exode rural est responsable de l’explosion urbaine au Brésil. Mais il transfère la pauvreté des campagnes vers les villes. Les néo-urbains s’installent dans les favelas des périphéries ou des quartiers taudifiés des centres. Si ces migrations ont touché en priorité les agglomérations du littoral comme Rio, Sao Paulo ou Recife (ainsi, la population vivant dans les favelas de Rio de Janeiro est passée de 169 000 en 1950 à 1 093 000 en 2000), il concerne maintenant la totalité des villes brésiliennes par exemple, 30 %de la population de Belém vivent dans des bidonvilles. On observe ,aujourd’hui une croissance, rapide des villes moyennes.
b) De profondes inégalités spatiales et sociales.
Dans les grandes agglomérations du Brésil coexistent des quartiers caractérisés par une grande richesse et des bidonvilles appelés favelas au Brésil. Les favelas sont devenues de véritables villes dans la ville. Quartiers de misère, d'insalubrité et de violence, les favelas disposent souvent de leur propre organisation sociale, souvent dirigée par des bandes mafieuses. Ces zones de mal-développement échappent parfois totalement au contrôle des autorités publiques. Dans les quartiers où le sous emploi est massif (A Paraisopolis , deuxième favela de Sao Paulo , 20% des 60 000 habitants sont au chômage), les sources de revenus des habitants sont diverses: à côté du secteur informel, certains continuent de travailler quelques semaines par an à la campagne.
III Politiques de développement et d’aménagement du territoire au Brésil.
a) Historique du développement Brésilien.
A l’issu de la période coloniale, le Brésil était un pays à dominante agricole. Dans l'entre-deux guerres, le Brésil a donc d’abord cherché à se développer en exploitant et en exportant ses ressources agricoles et minières. Ensuite, le gouvernement a encouragé les industries de substitution des importations, ce qui a donné naissance à des industries destinées au marché extérieur. Il produit alors des produits manufacturés avec une croissance annuelle de 10 % de 32 à 39 et de 6 % pendant la guerre .
Dés les années 50, mais surtout à partir de 1960 et jusqu'à 1974, le Brésil s’est ouvert. Il a connu une forte croissance économique avec des taux compris entre 5 et 10 % par an ( miracle Brésilien ). La stratégie reposait alors sur le développement des exportations et l’appel à des capitaux étrangers. ( Mercedes-Benz, Fiat, Ford et Volkswagen dans le domaine de l’automobile).
Les crises financières des années 80 et 90 et les politiques d’ajustement du FMI, accélèrent la libéralisation et l’ouverture de l’économie. Depuis 1995, ce sont 150 milliards de dollars qui ont été investis au Brésil . Cependant, ceci renforce sa dépendance vis-à-vis du nord.
b) Les politiques d’aménagement du territoire.
Depuis 1950, elles ont été mises en place pour réaliser l’unité territoriale et promouvoir l’égalité socio-spatiale.En 1959 est créée une nouvelle capitale : Brasilia ( 2.1 millions d’habitants aujourd’hui, pour l’essentiel, il s’agit d’une ville de fonctionnaires) Dans les années 70, est mise en place une politique de colonisation de l’Amazonie avec l’ouverture d’un front pionnier. Le gouvernement brésilien propose aux paysans du Nordeste touchés par la sécheresse de s'installer le long de l’ axe de développement réalisé « la transamazonienne ». L'ancien président brésilien Medici déclare :"Que les hommes sans terres aillent sur la terre sans hommes".
Des plans de réformes agraires (1985, par exemple) sont adoptés mais timidement appliqués. Dans les villes, l’Etat a mis en œuvre des politiques d’urbanisation visant à rebâtir en dur et à équiper les logements de tout à l’égout mais beaucoup reste à faire.
Conclusion : La volonté de développement est donc forte au Brésil. L’Etat joue d’ailleurs dans ce domaine comme dans celui de l’aménagement du territoire, un rôle moteur .
IV Un bilan des politiques de développement.
a) Les progrès et limites du développement brésilien.
Les progrès :
L’affirmation d’une puissance.
C’est une puissance régionale. Le Brésil représente 50 % de la population et du RNB de l’ Amérique du Sud. La deuxième économie du Sud derrière la Chine.Ses ressources sont importantes ( : 17 % des réserves aquifères mondiales, 480 millions d’hectares de terres en réserve, le 2ème patrimoine forestier, des gisements d’or et de manganèse, le premier gisement mondial de fer ( production annelle de 240 millions de tonnes = 24 % de la production mondiale).
Une forte intégration dans une économie mondialisée.
Il fait partie avec l’Uruguay, l’ Argentine et le Paraguay du MERCOSUR qui depuis 95 est une zone de libre échange.Ses exportations ressemblent à celles des Etats du Nord ( Produit manufacturés = 65,7 %, produits miniers = 10 %, produits alimentaires =9.9 % , produits semi-transformés =8.2 %, produits agricoles bruts = 6.2 %). Le Brésil exporte également des productions audiovisuelles (telenovelas)
Les limites :
Les traits du sous développement :
De profondes inégalités se maintiennent. Il y a au Brésil des populations riches ainsi , 1 % de la population dispose de 13.3% des revenus et 10 % de cette même population dispose de 47.5 % des richesses. En dépit de la croissance agricole, 20% des Brésiliens souffrent de malnutrition. Le sous-développement frappe particulièrement les campagnes où vivent encore 25 % de la population.
Conclusion : Le Brésil est donc une puissance intégrée dans la mondialisation mais connaissant des retards de développement. C’est peut-être pour cela qu’à Porto Alegre il devient la tribune des Sud et de l’alter mondialisme.
b) Les limites du développement choisi.
La politique d'installation de paysans pauvres est souvent un échec. Alors qu'au Brésil 182 millions d'hectares de terres détenus par de grands propriétaires sont improductifs , 5 millions de familles brésiliennes sont sans terre.Les petits paysans (les caboclos) survivent avec difficulté. Certains sont devenus des petits propriétaires (les posseiros) sans titre officiel ou définitif de propriété. Ces derniers sont souvent expulsés par des spéculateurs fonciers ou des éleveurs au prix d'une violence dramatique: environ 260 paysans revendiquant la propriété de leur terre auraient été tués entre 1991 et 1997. Les petits paysans avaient un espoir de voir leur sort s’améliorer avec le nouveau président Lula. Aujourd’hui déçus, ils reprennent leurs manifestations.
Un mode de mise en valeur qui compromet le développement durable.
Défrichements incontrôlés, fragilité des sols, maladies, parasites, difficultés à construire des routes en milieu humide ou absence de débouchés pour les productions sont des limites de la déforestation au Brésil. Ces problèmes ont largement été débattus à la Conférence de Rio de Janeiro ( Sommet de la Terre, 1992)
c) Le maintien de contrastes régionaux. (Typologie).
Le centre : Il est constitué par le Sudeste.Il est caractérisé par de forte densités de population et l’existence de villes de dimension continentale mais de réputation mondiale. Dans cette partie du Brésil se concentrent les activités et les richesses Le « triangle industriel » réalise 70 % de la valeur ajoutée industrielle brésilienne. Ce triangle est donc attractif pour les candidats à l’émigration interne.
La périphéries en difficulté : Le Nordeste.
Caractérisée par de grandes inégalités, c’est le Brésil le plus pauvre. Il comprend un « triangle de la sécheresse » répulsif à l’origine de flux migratoires internes.
La Périphérie intégrée ou en cours d’intégration.
Elle comprend le Sud et le Sud du Centre-ouest. Son développement est lié au volontarisme de l’Etat (Création d’une capitale à Brasilia).Cet espace est en cours d’intégration par le centre.
La périphérie à exploiter ou en réserve Le Nord et le Nord du Centre-Ouest.
On peut distinguer une zone agricole et minière en cours d’intégration grâce à un front pionnier . Mais il manque des volontaires pour l’animer.
Une zone en réserve avec quelques îlots de développement ( nord-ouest).
Conclusion : Le Brésil a beau être une puissance régionale, il reste l’un des pays les plus inégalitaires. On y observe d’une part, de fortes inégalités sociales mais également de grandes disparités spatiales. Celles-ci génèrent des flux migratoires internes et une explosion urbaine mal maîtrisée. Des politiques sont menées pour assurer un meilleur développement mieux réparti sur le territoire. Des flux migratoires sont également suscités vers l’intérieur.
Comme il n’y a pas un sud mais des sud, il n’y a pas un Brésil mais des Brésil.
Proposition de croquis : croquis_bresil.ppt
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09.03.2007
Des mondes en quête de développement : Unité et diversité des Suds.
Développement : il désigne l’accroissement des richesses associé à l’amélioration des conditions de vie d’une population sur un territoire et va donc au delà de la simple croissance économique.
Pb : Le sud est-il homogène ? Existe-t-il des caractéristiques communes aux Suds ?
Comment sortir du sous développement ? Existe-il un ou des modèles de développement ?
Quelles sont les idées reçues sur lesquelles il faut revenir au sujet de la question du développement ?
I Les origines du sous développement.
a) Les facteurs naturels.
Les facteurs naturels sont-ils des éléments d’explication ? Les risques naturels sont-ils responsables du sous-développement ?
Par risques naturels on entend, par exemple, les séismes, sécheresse, les irruptions vocaliques, les cyclones et les inondations torrentielles. Il est vrai que ces phénomènes sont nombreux à affecter les pays en développement en particulier en méditerranée et dans la zone tropicale. Mais il ne faut pas faire de déterminisme. Les risques naturels n’expliquent pas a eux seuls le sous-développement. C’est surtout l’absence de moyens de prévention qui rend les populations vulnérables comme nous avons pu le constater à l’occasion du Tsunami du 26 décembre 2004. De plus, un Etat particulièrement exposé comme le japon a pu devenir une puissance mondiale. C’est donc un contre exemple.
b) Les explications économico-historiques.
Quels sont dans l’histoire, l’organisation de ces pays, les éléments d’explication qui ont pu contribuer à leur sous-développement ?
Remarque : aucune de ces explications n’est suffisante à elle seule et il existe parfois des liens de causalité entre certaines d’entre-elles.
L’héritage colonial. Dans de nombreuses colonies, les puissances coloniales n’ont pas cherché à développer le secteur industriel et ont essentiellement exploité les produits primaires. Il est possible d’évoquer à ce sujet l’attitude des britanniques face à l’éventuel développement industriel de l’Inde avant son indépendance.
Le poids excessif des produits primaires dans le PIB des pays pauvres. Héritiers de l’économie coloniale, beaucoup de pays exportent des produits miniers ou agricoles à faible valeur ajoutée. Ils dépendent d’ailleurs souvent de cours fixés dans des Bourses de commerce situées dans les pays développés ( Ex : Chicago Board of Trade). Ces prix varient beaucoup et rendent les revenus incertains.
Le poids de la dette. Pour se développer ces pays se sont souvent endettés. Le remboursement de la dette handicape les pays pauvres car elle monopolise une grande partie de leurs ressources 5 service de la dette).
La corruption. Le détournement de l’argent public au seul profit de dirigeants ou de fonctionnaires rend difficile le développement des infrastructures nécessaires à certains pays. Ce phénomène est perceptible en Algérie, pays riche en hydrocarbures où les cadres, militaires pour la plupart, drainent l’essentiel de la manne pétrolière.
L’instabilité politique : Ce sont souvent des espaces politiquement instables cela aggrave la marginalisation de ces Etats que les investisseurs peuvent fuir ( voir carte des risques )
Les guerres : En Afrique, en Asie et en Amérique latine de nombreuses guerres aux causes multiples empêchent le développement. Le Zaïre de Mobutu devenu République démocratique du Congo sous Laurent-Désiré Kabila en offre un triste exemple.
Cette liste des causes du sous-développement n’est malheureusement pas exhaustive.
II Les caractéristiques du monde sous développé.
Comment se manifeste le sous-développement dans le monde ?
a) La mesure du développement.
Le PIB a longtemps été utilisé pour hiérarchiser les pays en fonction de leur développement mais cet indicateur est insuffisant car il mesure avant tout la richesse des Etats et son augmentation donne uniquement une idée de la croissance.
PIB Produit intérieur brut: valeur de la production créée par un pays à l'intérieur de son territoire.
Il est calculé en faisant la somme des valeurs ajoutées des différentes branches auxquelles on ajoute la taxe à la valeur ajoutée.
PIB PPA : C’est le PIB à parité de pouvoir d’achat, il permet une comparaison plus rigoureuse des PIB des pays, car il tient compte de la différence des prix des produits dans les pays et des inégalités de pouvoir d’achat des monnaies.
IDH : indice de développement humain
Il est calculé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) qui retient :
le niveau de santé ( espérance de vie à la naissance )
le niveau d’instruction ( taux d'alphabétisation et nombre moyen d’années d’études )
le revenu, représenté par le PIB par habitant.
L’indice obtenu est compris entre 0 et 1. Plus l'indice est proche de 1, plus le développement est avancé.
IPH : indice de pauvreté humaine
Le PNUD utilise des indicateurs indirects, qui mesurent l'impact de la pauvreté sur la population, et qui servent à calculer des indicateurs composites de pauvreté des revenus et des humains IPH-1 et IPH-2 (indice de pauvreté humaine).
l'IPH-1, plutôt adapté au classement des pays pauvres, est calculé à partir des indicateurs suivants :
indicateur de longévité pourcentage de décès avant 40 ans.
indicateur d'instruction le pourcentage d'analphabétisme
indicateur de conditions de vie P31 est le pourcentage de personnes privées d'accès à l'eau potable ;
P32 est le pourcentage de personnes privées d'accès aux services de santé ;
P32 est le pourcentage d'enfants de moins de cinq ans souffrant d'insuffisance pondérale (modérée ou aiguë).
l'IPH-2, plutôt adapté au classement des pays riches (il est utilisé pour la plupart des pays de l'OCDE), calculé à partir des indicateurs suivants
indicateur de longévité pourcentage de décès avant 60 ans.
indicateur d'instruction pourcentage d'illettrisme.
indicateur de conditions de vie le manque de conditions de vies décentes
indicateur d'exclusion le pourcentage de personne en chômage de longue durée
L'unité des IPH est le pour cent (%), mais il ne s'agit pas d'un pourcentage de la population, il s'agit juste de l'homogénéité de la formule. Plus un IPH est élevé, plus un pays « est pauvre ».
En 2000, l'IPH-1 (pays en développement) variait de 6,5 (Singapour) à 62,5 (Niger) ;
l'IPH-2 (pays développés) variait de 6,7 (Suède) à 15,8 (États-Unis).
Il existe d’autres critères d’évaluation du développement comme la structure de la population active.
b) Les caractères socio-démographiques des mondes en développement.
Quelles sont les caractéristiques communes aux Etats en développement ?
Le poids démographique.
La population des pays en développement est importante : 4.8 milliards d’habitants soit 85 % de l’humanité.
Sa croissance reste forte.
Explications :
Les pays en développement achèvent ou réalisent leurs transitions démographiques.Transition démographique : passage d’un ancien régime démographique caractérisé par des niveaux de natalité et de mortalité élevés à un nouveau régime démographique caractérisé par des niveaux de natalité et de mortalité faibles. Entre temps, dans la phase dite de transition proprement dite, l’accroissement naturel augmente du fait du décalage entre la baisse précoce de la mortalité et celle plus tardive de la natalité.
- La mortalité baisse.
Grâce aux progrès médicaux et à l’amélioration des niveaux de vie.
Notez cependant que la mortalité infantile reste souvent élevée.
Notez également que l’épidémie du SIDA fait des ravages dans les pays du Sud. 90 % des personnes infectées par la maladie vivent dans le Sud. Or l’Afrique rudement touchée par la maladie ne représente que 2% des dépenses de médicaments dans le monde.
- La natalité reste élevée. 25 %° e moyenne.
On observe cependant, suite à des politiques antinatalistes ( politiques de l’enfant unique en Chine ( ISF 1.8), politique anti-nataliste en Inde depuis 76 (ISF : 3.2) ou grâce aux progrès de la scolarisation, des baisses de la fécondité.
Des pays en cours de transition urbaine.
La transition urbaine : C’est le processus par lequel comme dans les pays développés, la majorité de la population devient urbaine. En moyenne, il y a dans les pays en développement 40% de citadins contre 75 % dans les pays développés.
La population se concentre dans les grandes métropoles qui n’ont pas toujours les moyens de satisfaire les besoins de toute la population.
On observe alors la constitution de quartiers d’habitat précaire et sous équipés. ( Bidonvilles- favellas).
L’inégal accès à l’éducation.
La solarisation est souvent faible en particulier celle des filles. Le taux de scolarisation des filles illustre bien le niveau de développement car il reflète la place accordée aux femmes dans la société et il détermine souvent les comportements démographiques ( Taux de scolarisation élevé = réduction du nombre d’enfants par femme en âge de procréer).
La scolarisation est un facteur de développement important. Dans les NPI d’Asie, le taux de scolarisation dépasse les 90%.
La pauvreté de masse liée au sous emploi.
Le chômage et le sous emploi sont chroniques. Cela a pour conséquences des situations de grande pauvreté. En 2003, 2.8 millions d’habitants vivent avec moins de 2 dollars par jour et 1.3 milliards avec moins d’1 dollar. 800 000 000 de personnes sont sous alimentées.
En 2000 au moins 1 milliard d’individus n’ont pas accès à l’eau potable. La pollution de l’eau est responsable de 80 % des maladies et d’1/3 des décès dans les pays en développement.
Sous-nutrition : déficit en nourriture, à la fois quantitatif ( moins de 2000 calories par personne et par jour) et qualitatif (moins de 10 g de protéines animales par personne et par jour).
Malnutrition : déficit en nourriture surtout qualitatif ( moins de 20g de protéines animales par personne et par jour ; manque de vitamine), mais aussi en partie quantitatif ( moins de 2500 calories par personne et par jour).
Dans les pays en développement, le secteur informel est aussi très développé. Secteur informel : ensemble des activités qui ne fonctionnent pas selon les normes de l’économie développée mais en parallèle et au moindre coût. En Afrique, on estime que l'économie informelle fait vivre ou survivre un grand nombre d'actifs (90 % à Cotonou ; 51 % à Douala ; 37 % à Bamako ...)
De fortes inégalités sociales et spatiales.
(Voir exemple du Brésil)
Se côtoient des régions développée et bien intégrées dans l’économie mondiale.
Ainsi que des îlots de richesse et des quartiers de taudis et de bidonvilles.
Dans ces espaces, la criminalité peut se développer. Par exemple, Sao Paulo au Brésil est la ville réputée la plus dangereuse au monde.
III Politiques de développement.
Un ou des modèles ? Comment les formes de développement différencient-elles les sud ?
a) différents modèles idéologiques.
On peut distinguer les politiques selon, l’idéologie politique et économique dominante.
Développement socialiste de type collectiviste ( Chine -> 78, Vietnam -> 90’S)
Développement capitaliste ( Mexique, Côte d’Ivoire)
Développement mixte ou intermédiaire ( Inde )
b) différents moyens différents processus.
On peut les classer également en fonction des moyens choisis :
Le développement agricole. Il est nécessaire au développement car il permet de satisfaire les besoins alimentaires des populations. Il permet également de réer une classe moyenne qui pu investir dans la petite et moyenne entreprise. Révolution verte en Inde.
Modèle des « industries industrialisantes »
Exemples :Chine avant 1979, Inde, Algérie.
Cela consiste à privilégier le développement le plus souvent à partir des ressources nationales, des industries de bas ( sidérurgie, chimie) qui doivent produire un effet d’entraînement sur les industries d’aval. Il s’agit d’un développement autocentré.
Développement autocentré : Modèle dont le développement est basé en priorité sur les ressources et le marché national au détriment de l’intégration aux échanges internationaux.
Industrialisation par substitution des importations :
Exemples : Brésil, NPI d’Asie orientale dans la première phase de leur processus de développement » « vol des oies sauvages ».
Il s’agit de privilégier la production nationale de biens de consommation ( textile, automobile, électroménager) pour limiter les importations.
Industrialisation sur la promotion d’exportations.
- Pour certains pays, il s’agit d’exploiter et d’exporter des ressources primaires.
Exemples : Pays exportateurs de pétrole, Côte d’Ivoire (Café, Cacao).
Seulement ces pays sont soumis aux aléas de la conjoncture internationale et à la variation des cours.
- Pour d’autres pays, il s’agit d’exporter des produits manufacturés.
Corée du Sud, Taiwan, Hong Kong et Singapour.
L’avantage de ces pays a longtemps reposé sur le faible coût de la main d’œuvre.
Attention : cette présentation des modèles est réductrice. Il en existe d’autres et de nombreux Etats combinent les politiques ou les suivent successivement.
Des politiques de développement inégalement efficaces.
En Algérie les effets de la politique des industries industrialisantes est décevante : La grande industrie s’est développée mais pas l’agriculture et l’industrie de consommation ( les produits agricoles et de consommation représentent 80 % des importations. Le chômage des moins de 30 ans est de 75 %.
La côte d’Ivoire après avoir connu un développement rapide « miracle ivoirien » connaît depuis quelques années compte tenu de l’instabilité des cours ( au plus bas pour le café depuis 1965) et de la guerre civile, nue baisse de son IDH.
c) Typologie des pays en développement.
Les expressions PED ( Pays en développement), PSD ( pays sous-développés), PVD ( pays en voie de développement ) désignent tous les pays en quête de développement
Une première proposition de classement :
PMA ( expression crée en 71 par l’ONU) pays caractérisés par une grande pauvreté, des populations largement analphabètes, une faible intégration dans l’économie mondiale, une grande vulnérabilité aux famines aux épidémies et aux risques naturels. Ils sont aujourd’hui 49 contre 24 en 71. Sur ces 49 Etats, 34 sont africains. Parmi ces PMA, on peut citer, l’Ouganda, Haïti, le Rwanda.
Les NPI sont des Etats dont l’industrialisation rapide repose sur le développement des exportations avec l’aide active de l’Etat. Ils sont également bien intégrés dans les flux de marchandises de services et de touristes. L ' IDH de ces pays est supérieur à 0,7. On les trouve en Amérique latine ( Brésil, Mexique ) et en Asie (Thaïlande, Malaisie, Indonésie ).
Les pays exportateurs de pétrole. Ce sont beaucoup enrichis après les deux chocs pétroliers, mais ils n’ont pas toujours eu de véritable politique de développement. On les a longtemps qualifiés de pays "riches mais non-développés" Paul Bairoch, même si leur niveau de développement a énormément augmenté.
Etats-Continents émergents. Ce sont des Etats à fort développement industriel et technologique. La Chine et l’Inde très peuplés ( 1.3 et 1.1 milliard d’habitants), arme atomique et population majoritairement rurale. Le Brésil pourrait aussi être classé dans cette catégorie.
Un grand nombre de pays intermédiaires. ce sont des pays qui n’ont pas les handicaps des PMA mais qui tardent cependant à se développer durablement ou qui connaissent des difficultés depuis la dislocation de l’URSS. Exemples : Pays du Maghreb, pays d’Asie centrale et du Caucase issus de l’URSS.
Conclusion : Il est donc difficile de parler d’un Sud. On observe une grande variété des situations qui est le reflet de la diversité des politiques de développement adoptées et des origines multiples du sous-développement.
Pour visionner une proposition de croquis: croquis_inegal.ppt
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02.03.2007
La mégalopole japonaise et son rôle dans la mondialisation.
La mégalopolisation est le processus d'étalement urbain qui permet aux villes de participer à un réseau mondial et qui permet à l'espace concerné une ouverture sur l'espace mondial. Cela lui donne ainsi le rôle d'une interface.
Une mégalopole : est donc caractérisée par une urbanisation en continu sur plusieurs centaines de km, structuré autour d'un système efficient de transports.
C'est un espace qui n'est pas toujours homogène mais qui possède un marché boursier, des centres d'accumulation et de reproduction du capital (banques, bourse) Il possède des centres de commandement, de création, d'innovation , des systèmes d'appui aux entreprises ( conseil-audit) et un marché de produits et de services d'échelle au moins nationale. Enfin c'est un lieu cosmopolite avec une forte propension à la consommation.
La mégalopole japonaise correspond-elle à cette définition ? Comment s'organise cette mégalopole japonaise ? Quel est le poids de la mégalopole dans l'espace japonais ? Quelles relations entretient-elle avec sa périphérie ? Constitue-elle une interface active entre le Japon, l'Asie orientale et le reste du monde ? Contribue-telle à la puissance japonaise ? Quels sont les problèmes posés par le développement de la mégalopole japonaise et éventuellement leurs solutions ?
I La mégalopole Japonaise, structure et origines.
a) Les facteurs et l'historique du développement de la mégalopole japonaise.
Le développement de la mégalopole s'est affirmé surtout à partir de 1930 avec l'essor industriel urbain. C'est au sud de Tokyo vers Yokohama et Kawasaki ou à l'est vers Chiba que le paysage urbain s'est d'abord déployé avec le plus d'agressivité.
Le long des voies ferrées et des routes du littoral, le long de la baie de Tokyo. Après 1955 , les extensions urbaines se sont poursuivies et pendant la période de haute croissance (1955-1973) les industries lourdes se sont développées sur le littoral. Ce mouvement a été confirmé avec l'ouverture économique du Japon et le développement de ses exportations à partir des années 60. L'extraversion économique participe donc au développement de la mégalopole japonaise.
La concentration du tertiaire dans les grandes métropoles est, elle aussi, ancienne : En 1965, dans le centre de Tokyo on dénombrait 2.6 millions de japonais ( en 1995, ils étaient 3.2 millions).
b) Les caractéristiques globales de la mégalopole japonaise.
La mégalopole est un ensemble constitué de plusieurs agglomérations assez proches pour former une grande région urbaine.
Cette mégalopole prend la forme d'une bande de 1200 km de Tokyo à Fukuoka. Elle est large de 10 à 50 km par endroits.
La mégalopole : c'est entre 90 millions et 100 millions d'habitants. Les densités de population y sont supérieures à 330 hb/km2.
c) L'articulation de la mégalopole autour d'un réseau dense de voies de communication.
La mégalopole est irriguée par de nombreuses voies de communication routières et ferroviaires. Par exemple, le Shinkansen traverse la mégalopole de part en part. Il relie Tokyo à Osaka depuis 1954 ( 500 km).
d) Typologie des espaces de la mégalopole japonaise et distribution des activités.
- Une inégale distribution des hommes, des fonctions et des activités.
La répartition des activités industrielles est inégale. La sidérurgie surtout à l'ouest, l'automobile surtout à l'est, du textile au centre. Les plus grands pôles industriels sont Tokyo-Yokohama-Kawasaki ; Nagoya ; Osaka-Kobe-Tokyo ; Kita-Kuyshu-Fukuoka.
La mégalopole est aussi inégalement peuplée. On observe, en effet, un déséquilibre entre l'est et l'ouest. Le poids démographique de l'est est plus élevé.
Les fonctions supérieures sont inégalement partagées.
Les fonctions de commandement se situent plutôt à l'est à Tokyo Osaka et Nagoya. Enfin, l'ouest a essentiellement une vocation industrielle.
- 3 pôles urbains :
Ainsi , 43% des japonais vivent dans 3 pôles urbains de la mégalopole. Celui de Tokyo (Kawasaki, Yokohama), celui d'Osaka.
(Kobe-Kyoto) et celui de Nagoya.
Plus précisément, 3 mégapoles se distinguent : Grand Tokyo ( 30,7 M d'hb), Grand Osaka (16.3 M d'hb), Grand Nagoya ( 8.8 M d'hb).
Dans ces mégapoles, les soldes naturels sont positifs. La population y est jeune.
- Tokyo : la mégapole, concentre les hommes et les fonctions.
La population de Tokyo s'élève à 30 millions d'habitants environ soit près d'un ¼ de la population japonaise (125 800 000 habitants). La densité de population y est très élevée : 1228 habitants au km2.
Tokyo est le principal centre de décision du Japon.
Les organes de l'État se concentrent dans le quartier de Kasumigaseki. Il y a là une bourse de dimension mondiale, le Kabuto-cho ; mais Tokyo est avant tout un centre financier de dimension nationale. Il y a à Tokyo des centres d'affaires (Marunouchi, Shinjuku) ou de commerce Ginza.
Tokyo est un énorme centre qui abrite 30% de toutes les entreprises japonaises, 12 % des magasins, 17% des employés de commerce, et effectue 30,5% des ventes annuelles de tout le pays.
II La mégalopole Japonaise dans l'espace économique mondial.
a) La mégalopole : un espace productif majeur dans le monde.
Le Japon réalise 15 % de la production mondiale. La mégalopole contribue à l'essentiel de cette performance.
Elle réalise ainsi 85% de la production japonaise et la mégapole Tokyo représente à elle seule 30 % du PIB japonais.
La mégalopole a donc un poids économique majeur dans le monde.
Avec le Kabuto-cho et les principales banques qui se trouvent dans la mégalopole, depuis 1989, le Japon est le premier investisseur mondial à l'étranger. Il détient 900 milliards de $ d'actifs à l'étranger. C'est le premier créancier du monde.
b) Une interface active qui contribue à la puissance commerciale du Japon.
Le commerce est un autre aspect de cette puissance. Le Japon réalise 9.5% des exportations mondiales en valeur. Il est au troisième rang mondial des pays exportateurs. Aujourd'hui, les échanges avec l'Asie représentent 40% des échanges japonais. Depuis 1990, l'Asie dépasse l'Amérique du Nord comme client du japon.
Une bonne partie de ces marchandises transite par les ports japonais. Les plus importants sont Nagoya (168Mt) et Yokohama (125 Mt)(2003).
Les flux engendrés par les ports font de la mégalopole l'une des grandes façades maritimes du monde.
III Limites de la mégalopole japonaise et aménagement du territoire.
a) Les contraintes du milieu et adaptation.
Elles ne sont pas négligeables. La mégalopole est sur la route des typhons venus du sud.
Les risques sismologiques sont nombreux. Le Japon se situe, en effet, à la rencontre de trois plaques tectoniques (pacifique, philippine, eurasiatique). Le séisme de Kobé fit plus de 6000 victimes en 1995. Les constructions répondent en principe à des normes anti-sismiques rigoureuses.
Enfin, les tremblements de terre dans le pacifique sont parfois responsables de Tsunamis. Certains ports sont donc équipés de portes anti-tsunamis.
Cependant, avec Philippe Pelletier, il faut revenir sur le mythe du miracle Japonais, Etat devenu puissance en dépit d'énormes contraintes. En effet au Japon, les contraintes sont souvent associées à un bienfait. L'insularité n'a pas toujours été un handicap dans l'histoire du Japon. L'activité volcanique est à l'origine de la fertilité de certains territoires et explique l'importance du thermalisme dans la culture japonaise.
b) Face aux problèmes d'exiguïté et d'engorgement : Les mutations de l'espace
D'une manière générale au Japon se pose un problème d'exiguïté.
La superficie du Japon est de 378 000 km2. Philippe Pelletier rappelle qu'il existe des espaces au Japon qu'on peut considérer comme désertés : Ils représentent 48 % du territoire mais n'abritent que 6,3 % de la population. Le problème n'est donc pas celui du manque de place mais plutôt celui ds pentes supérieures à 15 % forment les trois quarts du pays qui rendent quantité d'espaces difficilement exploitables. Les plaines occupent 1seulement 6 % du territoire. La plus grande de ces plaines, celle du Kantô, n'excède pas 15 000 kilomètres carrés. Le Japon manque donc d'espace pour ses 125 800 000 habitants.
L'espace disponible est donc très occupé. Le problème de manque de place se double donc de problèmes d'engorgement.
Il manque à Tokyo 450 000 logements. Les 2/3 des personnes qui travaillent dans le centre de la ville de Tokyo doivent consacrer plus de 60 minutes aux transports même si le réseau ferroviaire et le métro sont développés.
Plusieurs réponses sont données à ces problèmes :
Terre-pleins :
Le Japon a développé certaines activités sur l'eau. Par exemple, pendant la période de haute croissance de 1955 à 1973, l'Etat a développé des combinats pour faciliter l'intégration de l'industrie lourde. Ces combinats souvent occupaient des terre-pleins. S'y sont développées des activités dépendant des importations en matières premières et en sources d'énergie. D'abord la pétrochimie, puis la sidérurgie.
Les mutations des fonctions des terres-pleins.
On constate aujourd'hui que ces terres-pleins en particulier depuis 1973. Depuis cette date, une loi soumet à conditions la construction de terres-pleins, ont de plus en plus des fonctions tertiaires et urbaines. On voit se développer les aéroports ( Kansai- baie d'Osaka), les centres d'affaire et de loisir ( Kasai- Tokyo)
Desserrement :
Le plan technopolis ( 1983-1998) combine 26 nouvelles villes et activités technologiques en bordure ou en périphérie de la mégalopole.( Cité scientifique de Tsukuba, Cité scientifique et culturelle de Kansaï) Il est à noter que les deux premières universités sont en périphérie de la mégalopole Il y a à Tokyo de grandes universités comme celle du kanto constituée de deux unités Tsukuba et Utsunomiya.
Aoujourd'hui, on observe une nouvelle localisation des activités de haute technologie. NEC vers l'ouest et le sud ouest de la mégapolopole , Hitashi vers l'est.
A kyushu , s'est constituée la silicon Island du Japon mais ce n'est pas un espace de recherche et développement.
Se constitue ainsi une métapole : c'est à dire un espace urbain et rurbain dont une partie des habitants, des activités économiques et des territoires sont intégrés dans le fonctionnement quotidien d'une métropole (5 p 234).
Redéploiement intra-urbain autour de Tokyo:
On observe un redéploiement des fonctions tertiaires pour éviter l'engorgement du CBD. Autour de Tokyo se multiplient les sous-centres et le villes -noyaux d'affaire ( Yokohama, Kawasaki, Chiba).
c) Un environnement remis en cause.
Dans la baie de Tokyo, et la baie d'Osaka, la pêche côtière et l'aquaculture sont rendus impossibles à cause de la pollution.
Il s'agit par exemple de pollution au mercure comme à Minamata de 1953 à 1970. D'après les statistiques publiées par le Massachusetts Institute of Technology, cette catastrophe fit 111 victimes dont 46 morts. C'est la conséquence de la pollution de la mer par le méthylmercure déversé dans la baie par les usines d'engrais de la société Shin Nippon Chisso, qui fut condamnée, après une longue procédure, à indemniser les plaignants.
Conclusion
Malgré les contraintes évoquées en dernier lieu dans cette leçon, le mégalopole japonaise est bien un espace urbanisé de façon quasi continue qui ,compte tenu de ses fonctions de commandement et de son rôle d'interface, est un espace majeur dans le monde contribuant à la puissance japonaise. Cependant cet espace n'est pas homogène si on tient compte du poids de Tokyo et des deux autres pôles urbains. Aujourd'hui, assiste à un desserrement des activités au bénéfice de la périphérie proche.
Pour voir un croquis simplifié de la mégalopole japonaise. megalopole.2.ppt
Pour voir un croquis animé sur la mégalopole japonaise réalisé par un collègue.
Bibliographie :
Le Japon, une puissance en question , Philippe Pelletier, La Documentation Photographique n° 8029,2002 .
Le japon , Philippe Pelletier , Géographie Universelle .
Le Japon , Idem , Armand Colin ;
Le japon en fiches gérard Bacconnier , Paris , Bréal
15:35 Publié dans Terminale Géographie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Aspects et limites de la puissance de l’espace économique de l’Union européenne.
L’Union européenne est une organisation politique et économique. Elle réunit 25 Etats , représente 455 millions d’habitants et s’étend sur une superficie de 4 millions de Km2.
Cet ensemble ne doit en aucun cas être confondu avec l’Europe en général.
Au sujet de l’intégration de l’Union européenne dans l’espace économique mondial, il est possible de se poser plusieurs séries de questions. Les premières sont destinées à évaluer le poids de cet espace économique. L’Union européenne est-elle une grande puissance économique ? Quelles sont donc les aspects de cette puissance et ses éventuelles limites ?
La deuxième série de questions porte sur l’organisation de l’espace économique européen et sur sa contribution à la puissance européenne. Quels sont donc les espaces centraux qui participent à la puissance européenne ? Quels sont les espaces périphériques ?
L’ensemble des espaces de l’Union européenne contribuent-ils à sa puissance ?
Enfin, pour terminer, on peut s’interroger sur les conséquences de l’élargissement sur l’organisation de l’espace économique de l’Union européenne et sur la puissance de l’ensemble ?
I Les aspects de la puissance européenne. Une puissance essentiellement économique.
Comment se manifeste la puissance économique de l’Union européenne ? Document 1 p 163.
a) Un système productif performant.
Avec un PIB annuel cumulé supérieur à 70 000 milliards de dollars, l'Union européenne dépasse les États-Unis et constitue désormais l'espace économique le plus puissant du monde.
Industrie.
L'Union européenne arrive nettement en tête pour la valeur de la production industrielle.
Elle réalise 20% de l’acier mondial. La chimie européenne est la première du monde. Mais cette industrie est en cours de reconstruction. Dans certains cas, cette restructuration passe par des délocalisations vers des pays où la main d’œuvre est moins chère et moins protégée d’un point de vue social.
Il y a dans l’Union européenne des firmes transnationales (Renault, Danone, Daimler) des grands groupes européens qui jouent un rôle majeur ( ARCELOR (Sidérurgie) ; EADS (Espace, Aéronautique et Armement), Altadis (Tabacs). Mais dans le domaine de l’industrie, il n’existe pas de politique commune.
Agriculture. Document 2 p 168.
L'Union européenne est la deuxième puissance agricole mondiale. Elle dégage des excédents importants pour l'exportation, ce qui la place en concurrence avec les États-Unis.
Pb : Cette agriculture subventionnée concurrence les productions des pays en développement.
La logique productiviste connaît des limites ( coût des subventions, excédents, pollutions) qui expliquent la réorientation de la politique agricole commune.
Agriculture Productiviste : Une agriculture productiviste vise une production agricole maximale, les rendements les plus élevés, ce qui implique une forte mécanisation et un emploi massif d'engrais et de traitements chimiques.
Services.
L’Union européenne produit également des services 7 pays sont parmi les premiers exportateurs de services dans le monde . L’Union européenne est le premier pôle touristique mondial. Il représente 10 % des emplois en Espagne par exemple.
b) Une puissance commerciale. Document 1 p 158
L'Union européenne est le premier pôle mondial d'échanges commerciaux.
En 2002, (UE à 15) , elle réalisait 19 % des exportations et 18 % des importations mondiales de biens et de services contre 14 % et 23,2 % pour les Etats-Unis et 8,4% et 6,5% pour le Japon.
Document 4 p 163. Ce constat doit être nuancé par le fait que les échanges intra-communautaires représentent une part importante du commerce de l’Union européenne. D’ailleur,s le commerce intra-européen s'est accru beaucoup plus rapidement que le commerce extra-européen. Cela semble logique dans la mesure ou l’Union européenne représente depuis l’élargissement un marché de 455 millions de consommateurs.
Les principaux partenaires commerciaux de l'Union sont les Etats-Unis (Les exportations dégagent ici un solde favorable à l'Europe), la zone asiatique ( solde commercial négatif). La part des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) dans le commerce européen a nettement diminué.
c) Une puissance financière réelle.
L'Union européenne est le premier pôle mondial émetteur d'investissements directs à l'étranger (IDE) 50 % de la masse mondiale des IDE en 2000. Les investissements européens ont considérablement augmenté dans les pays de l'Accord de Libre-Echange Nord-Américain (ALENA), de l'Asie industrialisée ou émergente et, dans une moindre mesure, en Europe de l'Est.
L'Union européenne est également le premier pôle récepteur de l'investissement direct dans le monde. Ces investissements proviennent en particulier des États-Unis et du Japon.
Mais il convient de noter que , la majorité des IDE des pays européens sont des investissements intra-européens. Cela permet de relativiser l’importance de la puissance de l’Union européenne.
On trouve également des bourses importantes Londres , Paris , Francfort.
Conclusion : les aspects de la puissance européenne sont donc multiples. Cela contribue à faire d’elle un des pôles de la triade.
II Limites et incertitudes de la puissance de l’Union européenne.
a) L’euro en question.
La contribution de l’euro à la puissance européenne est ambiguë . En effet, la parité de l’euro témoigne de la confiance accordée à cette monnaie nouvelle. Elle permet également de réduire le coût de la facture énergétique puisque la plupart des transactions concernant les hydrocarbures se font en dollar. Cependant, le court élevé de l’euro par rapport au dollar pénalise les exportations européennes vers les Etats-Unis.
b) Qualité de la recherche développement mais insuffisance des investissements.
La recherche et développement de l’Union européenne est performante les programmes Eurêka (programme de coopérations transnationales industrielles et technologiques) et Galileo ( programme de lancement de satellites de positionnement et de navigation) en témoignent. Le conseil européen de Barcelone a décidé de consacrer 3 % du PIB à la recherche-développement. Cependant, les investissements dans la recherche développement sont insuffisants. L’UE risque de prendre du retard dans le domaine technologique. L’Europe est également victime d’un phénomène de « brain drain » en direction des Etats-Unis.
c) Les disparités régionales. Documents 2 p 159 , 1 et 2 p 160.
Remarque : Cette partie pourrait faire, à elle seule, l’objet d’un développement. Le parti est donc pris de l’intégrer dans cette leçon afin de démontrer que l’inégal niveau d’intégration dans l’espace économique mondial des régions européennes est une limite de sa puissance .
On observe, en effet en Europe de fortes disparités régionales. Ainsi qu’une intégration inégale des espaces dans l’économie mondiale.
Les espaces centraux de l’Union européenne : un ensemble multipolaire.
Des espaces.
![]()
Ils sont caractérisés par une population importante et un semis urbain denses, un niveau élevé d’industrialisation.
Localisation : Nord de la dorsale européenne, Sud de la dorsale européenne.
Attention : le développement de cette dorsale est ancien. Certaines régions comme le Nord-Pas-de-Calais, La Lorraine, la Ruhr, le Lancashire en Angleterre ont connu des crises graves et sont donc en cours de reconversion.
Des métropoles. Document 5-7-8 p 165.
Elles concentrent les hommes, les activités et les fonctions de commandement. Comme dans la plupart des aires de puissance et même ailleurs, on observe en effet un important phénomène de métropolisation. Dans le domaine des investissements, en Espagne par exemple, Madrid et Barcelone accaparent 80 % des IDE du pays.
Cette concentration des fonctions permet d’établir une hiérarchie urbaine. On distingue en effet, des métropoles de dimension mondiale qui participent à la puissance de l’Union européenne comme Paris, Londres voir Francfort ( Bourse et siège de la BCE). Il y a également des villes de dimension européenne, comme Munich, Rome, Madrid, Barcelone, Bruxelles et éventuellement Strasbourg (Parlement européen). ![]()
Métropolisation : concentration des hommes et des activités dans les grandes métropoles .
Des réseaux :
Le long de la dorsale européenne les réseaux de communication sont particulièrement importants et complets. Mais dès qu’on s’éloigne de ce cœur économique des lacunes et des discontinuités apparaissent. Des projets sont d’ailleurs mis en œuvre pour relier les réseaux nationaux. TGV-Est, Axe Lyon-Turin, TGV Montpellier-Barcelone-Madrid.![]()
Des interfaces : Documents p 186.
La façade de la dorsale européenne est l’une des plus actives du monde. Avec un trafic de conteneurs s’élevant à 6,5 millions d’Euros en 2002, Rotterdam (Pays-Bas) est l’un des premiers ports mondiaux
. Cette façade maritime s’ouvre d’ailleurs sur l’axe maritime le plus actif au monde. ![]()
Des régions transfrontalières actives :
Des périphéries plurielles.
Avant de réaliser une typologie de ces périphéries. Il convient d’effectuer deux remarques.
Premièrement, les périphéries ne constituent pas un ensemble homogène. Elles sont plus ou moins intégrées.
Deuxièmement même si dans l’ensemble le niveau de développement des nouveaux pays membres est en moyenne plus faible et même si les structures économiques et sociales sont encore différentes (secteurs primaire : 22 % de la population active ; industriel :33 % ; services 47% ) , c’est se tromper que d’assimiler l’ensemble des espaces issus de l’élargissement à une périphérie marginalisée .
Les périphéries intégrées.
A l’ouest : Ces périphéries qui peuvent être proches (Nord-Est de la France) ou éloignées (Irlande) sont fortement polarisées, caractérisées par un moindre développement et par une certaine dépendance vis à vis de décisions, d’investissements ou de marchés extérieurs.
Localisation : Sur la façade méditerranéenne, Catalogne, Région de Rome, Andalousie, Languedoc Roussillon PACA
Pour les régions intérieures : Périphérie de la Dorsale européenne ( Bassin Parisien- Est de la France, Bavière, Basse saxe , Thuringe en Allemagne) , Communauté autonome de Madrid.
On peut également citer l’Irlande. Qui a attiré des capitaux étrangers et a développé sont industrie électronique.
A l’est.
Il s’agit des capitales nationales de l’est et des régions intégrées récemment proche de la dorsale européenne. Ces régions ont un rôle important car, elles bénéficient de délocalisations en provenance de régions occidentales. Elles attirent donc les IDE. ![]()
On observe donc un phénomène d’attraction vers l’est avec peut-être une migration du centre de gravité européen.
Une région nordique apparaît autour de la Baltique avec l'intégration des pays Baltes et de la façade maritime de la Pologne aux économies de la Finlande, de la Suède et du Danemark.
Une région centre-européenne se constitue autour de l'Allemagne et de l'Autriche avec, côté PECO (pays d'Europe centrale et orientale), la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie et en partie la Slovénie. Un observe ici un comme effet d'axe : d'une part vers les Balkans, en direction de la Turquie ; d'autre part, vers la Russie via la Pologne. Ces deux axes se rejoignent en Allemagne à hauteur de Francfort.
On a donc là une conséquence de l’élargissement sur l’organisation de l’espace européen.
Deux exemples : Riga en Lettonie est plus équipée en bornes WIFI que Paris par exemple.
Réactivation de la région transfrontalière entre l’Allemagne et la Tchécoslovaquie.
Les périphéries marginalisées ou espace ultrapériphériques.
A l’ouest. Ces espaces sont caractérisés par un faible peuplement et par une longue dominante agricole. Ce sont des espaces qui bénéficient des politiques d’aménagement du territoire et des fonds structurels européens.
Fonds structurels européens : Fonds financiers européens qui permettent d’aider les régions en difficulté.
Localisation : Sud-ouest français , intérieurs espagnol et portugais, Mezzogiorno italien , régions septentrionales de la Scandinavie, Est Allemand.
A l’est.
Ce sont des périphéries nouvelles issues de l’élargissement . Au total, l’ensemble des nouveaux pays membres de l’UE devront recevoir 80 % des fonds structurels d’aide au développement.
Localisation : 10 Nouveaux pays membres en dehors de leurs capitales et de leurs régions frontalières dynamiques.
Les régions ultramarines : Elles ont en commun d’être très éloignées des métropoles européennes et de souffrir d’une difficile mise en place du principe de continuité territoriale.
Conclusion : L’Union européenne n’est pas simplement divisée en trois zones ( la dorsale européenne, l’UE de l’ouest et l’UE de l’est) mais on peut distinguer trois types d’espaces : Les centres, les périphéries intégrées et les périphéries marginalisées, dispersés dans l’ensemble de l’Europe. De plus, on constate que l’espace économique de l’Union européenne est de plus en plus multipolaire. La carte des espaces économiques européens est donc plus complexe qu’il n’y paraît.
d) Elargissement et perspectives d’avenir.
L’intégration des nouveaux pays conforte donc les inégalités qui existaient déjà dans l’ensemble européen.
Le coût du développement de ces pays est élevé. Certains estiment que pour cela il sera nécessaire de tripler le budget de l’ Union européenne ( Aujourd’hui 1,27 % du PIB européen) pour permettre ce développement.
Par contre, l’intégration des 10 nouveaux pays permet l’extension du marché même si pour l’instant le pouvoir d’achat de leurs populations sont relativement faibles.
Conclusion :
La puissance économique de l’Union européenne est donc indéniable. Elle se manifeste de plusieurs façons. C’est un espace important de production de biens et de services, ses entreprises sont influentes dans le monde. C’est un pôle financier majeur. L’UE a en outre une place déterminante dans le commerce mondial. Cette puissance est cependant concurrencée par les autres pôles et par certains outils de leur puissance comme le dollar.
La contribution des espaces européens à la puissance de l’Union européenne est inégale. On distingue, en effet, des centres puissants et de dimension mondiale, des périphéries intégrées qui contribuent à la puissance européenne et des espaces marginalisés du fait de leur éloignement, de leur isolement ou de la crise qu’ils traversent. Ces disparités sont confortés par l ’élargissement de l’Union européenne qui entraîne l’intégration de régions en difficulté et en cours de conversion. Cependant, il serait caricatural de réduire les espaces issus de l’élargissement à cette seule situation. Certains comme les capitales des nouveaux pays s’intègrent bien dans l’espace européen voire mondial. Enfin, les 10 nouveaux adhérents peuvent renforcer le poids de l’Union européenne sur la scène internationale. Il s’agit maintenant de le vérifier dans d’autres domaines comme celui de la politique internationale où l’unité européenne est encore loin d’être réalisée.
14:06 Publié dans Terminale Géographie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Aspects et limites de la puissance de l’espace économique de l’Union européenne.
L’Union européenne est une organisation politique et économique. Elle réunit 25 Etats , représente 455 millions d’habitants et s’étend sur une superficie de 4 millions de Km2.
Cet ensemble ne doit en aucun cas être confondu avec l’Europe en général.
Au sujet de l’intégration de l’Union européenne dans l’espace économique mondial, il est possible de se poser plusieurs séries de questions. Les premières sont destinées à évaluer le poids de cet espace économique. L’Union européenne est-elle une grande puissance économique ? Quelles sont donc les aspects de cette puissance et ses éventuelles limites ?
La deuxième série de questions porte sur l’organisation de l’espace économique européen et sur sa contribution à la puissance européenne. Quels sont donc les espaces centraux qui participent à la puissance européenne ? Quels sont les espaces périphériques ?
L’ensemble des espaces de l’Union européenne contribuent-ils à sa puissance ?
Enfin, pour terminer, on peut s’interroger sur les conséquences de l’élargissement sur l’organisation de l’espace économique de l’Union européenne et sur la puissance de l’ensemble ?
I Les aspects de la puissance européenne. Une puissance essentiellement économique.
Comment se manifeste la puissance économique de l’Union européenne ? Document 1 p 163.
a) Un système productif performant.
Avec un PIB annuel cumulé supérieur à 70 000 milliards de dollars, l'Union européenne dépasse les États-Unis et constitue désormais l'espace économique le plus puissant du monde.
Industrie.
L'Union européenne arrive nettement en tête pour la valeur de la production industrielle.
Elle réalise 20% de l’acier mondial. La chimie européenne est la première du monde. Mais cette industrie est en cours de reconstruction. Dans certains cas, cette restructuration passe par des délocalisations vers des pays où la main d’œuvre est moins chère et moins protégée d’un point de vue social.
Il y a dans l’Union européenne des firmes transnationales (Renault, Danone, Daimler) des grands groupes européens qui jouent un rôle majeur ( ARCELOR (Sidérurgie) ; EADS (Espace, Aéronautique et Armement), Altadis (Tabacs). Mais dans le domaine de l’industrie, il n’existe pas de politique commune.
Agriculture. Document 2 p 168.
L'Union européenne est la deuxième puissance agricole mondiale. Elle dégage des excédents importants pour l'exportation, ce qui la place en concurrence avec les États-Unis.
Pb : Cette agriculture subventionnée concurrence les productions des pays en développement.
La logique productiviste connaît des limites ( coût des subventions, excédents, pollutions) qui expliquent la réorientation de la politique agricole commune.
Agriculture Productiviste : Une agriculture productiviste vise une production agricole maximale, les rendements les plus élevés, ce qui implique une forte mécanisation et un emploi massif d'engrais et de traitements chimiques.
Services.
L’Union européenne produit également des services 7 pays sont parmi les premiers exportateurs de services dans le monde . L’Union européenne est le premier pôle touristique mondial. Il représente 10 % des emplois en Espagne par exemple.
b) Une puissance commerciale. Document 1 p 158
L'Union européenne est le premier pôle mondial d'échanges commerciaux.
En 2002, (UE à 15) , elle réalisait 19 % des exportations et 18 % des importations mondiales de biens et de services contre 14 % et 23,2 % pour les Etats-Unis et 8,4% et 6,5% pour le Japon.
Document 4 p 163. Ce constat doit être nuancé par le fait que les échanges intra-communautaires représentent une part importante du commerce de l’Union européenne. D’ailleur,s le commerce intra-européen s'est accru beaucoup plus rapidement que le commerce extra-européen. Cela semble logique dans la mesure ou l’Union européenne représente depuis l’élargissement un marché de 455 millions de consommateurs.
Les principaux partenaires commerciaux de l'Union sont les Etats-Unis (Les exportations dégagent ici un solde favorable à l'Europe), la zone asiatique ( solde commercial négatif). La part des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) dans le commerce européen a nettement diminué.
c) Une puissance financière réelle.
L'Union européenne est le premier pôle mondial émetteur d'investissements directs à l'étranger (IDE) 50 % de la masse mondiale des IDE en 2000. Les investissements européens ont considérablement augmenté dans les pays de l'Accord de Libre-Echange Nord-Américain (ALENA), de l'Asie industrialisée ou émergente et, dans une moindre mesure, en Europe de l'Est.
L'Union européenne est également le premier pôle récepteur de l'investissement direct dans le monde. Ces investissements proviennent en particulier des États-Unis et du Japon.
Mais il convient de noter que , la majorité des IDE des pays européens sont des investissements intra-européens. Cela permet de relativiser l’importance de la puissance de l’Union européenne.
On trouve également des bourses importantes Londres , Paris , Francfort.
Conclusion : les aspects de la puissance européenne sont donc multiples. Cela contribue à faire d’elle un des pôles de la triade.
II Limites et incertitudes de la puissance de l’Union européenne.
a) L’euro en question.
La contribution de l’euro à la puissance européenne est ambiguë . En effet, la parité de l’euro témoigne de la confiance accordée à cette monnaie nouvelle. Elle permet également de réduire le coût de la facture énergétique puisque la plupart des transactions concernant les hydrocarbures se font en dollar. Cependant, le court élevé de l’euro par rapport au dollar pénalise les exportations européennes vers les Etats-Unis.
b) Qualité de la recherche développement mais insuffisance des investissements.
La recherche et développement de l’Union européenne est performante les programmes Eurêka (programme de coopérations transnationales industrielles et technologiques) et Galileo ( programme de lancement de satellites de positionnement et de navigation) en témoignent. Le conseil européen de Barcelone a décidé de consacrer 3 % du PIB à la recherche-développement. Cependant, les investissements dans la recherche développement sont insuffisants. L’UE risque de prendre du retard dans le domaine technologique. L’Europe est également victime d’un phénomène de « brain drain » en direction des Etats-Unis.
c) Les disparités régionales. Documents 2 p 159 , 1 et 2 p 160.
Remarque : Cette partie pourrait faire, à elle seule, l’objet d’un développement. Le parti est donc pris de l’intégrer dans cette leçon afin de démontrer que l’inégal niveau d’intégration dans l’espace économique mondial des régions européennes est une limite de sa puissance .
On observe, en effet en Europe de fortes disparités régionales. Ainsi qu’une intégration inégale des espaces dans l’économie mondiale.
Les espaces centraux de l’Union européenne : un ensemble multipolaire.
Des espaces.
![]()
Ils sont caractérisés par une population importante et un semis urbain denses, un niveau élevé d’industrialisation.
Localisation : Nord de la dorsale européenne, Sud de la dorsale européenne.
Attention : le développement de cette dorsale est ancien. Certaines régions comme le Nord-Pas-de-Calais, La Lorraine, la Ruhr, le Lancashire en Angleterre ont connu des crises graves et sont donc en cours de reconversion.
Des métropoles. Document 5-7-8 p 165.
Elles concentrent les hommes, les activités et les fonctions de commandement. Comme dans la plupart des aires de puissance et même ailleurs, on observe en effet un important phénomène de métropolisation. Dans le domaine des investissements, en Espagne par exemple, Madrid et Barcelone accaparent 80 % des IDE du pays.
Cette concentration des fonctions permet d’établir une hiérarchie urbaine. On distingue en effet, des métropoles de dimension mondiale qui participent à la puissance de l’Union européenne comme Paris, Londres voir Francfort ( Bourse et siège de la BCE). Il y a également des villes de dimension européenne, comme Munich, Rome, Madrid, Barcelone, Bruxelles et éventuellement Strasbourg (Parlement européen). ![]()
Métropolisation : concentration des hommes et des activités dans les grandes métropoles .
Des réseaux :
Le long de la dorsale européenne les réseaux de communication sont particulièrement importants et complets. Mais dès qu’on s’éloigne de ce cœur économique des lacunes et des discontinuités apparaissent. Des projets sont d’ailleurs mis en œuvre pour relier les réseaux nationaux. TGV-Est, Axe Lyon-Turin, TGV Montpellier-Barcelone-Madrid.![]()
Des interfaces : Documents p 186.
La façade de la dorsale européenne est l’une des plus actives du monde. Avec un trafic de conteneurs s’élevant à 6,5 millions d’Euros en 2002, Rotterdam (Pays-Bas) est l’un des premiers ports mondiaux
. Cette façade maritime s’ouvre d’ailleurs sur l’axe maritime le plus actif au monde. ![]()
Des régions transfrontalières actives :
Des périphéries plurielles.
Avant de réaliser une typologie de ces périphéries. Il convient d’effectuer deux remarques.
Premièrement, les périphéries ne constituent pas un ensemble homogène. Elles sont plus ou moins intégrées.
Deuxièmement même si dans l’ensemble le niveau de développement des nouveaux pays membres est en moyenne plus faible et même si les structures économiques et sociales sont encore différentes (secteurs primaire : 22 % de la population active ; industriel :33 % ; services 47% ) , c’est se tromper que d’assimiler l’ensemble des espaces issus de l’élargissement à une périphérie marginalisée .
Les périphéries intégrées.
A l’ouest : Ces périphéries qui peuvent être proches (Nord-Est de la France) ou éloignées (Irlande) sont fortement polarisées, caractérisées par un moindre développement et par une certaine dépendance vis à vis de décisions, d’investissements ou de marchés extérieurs.
Localisation : Sur la façade méditerranéenne, Catalogne, Région de Rome, Andalousie, Languedoc Roussillon PACA
Pour les régions intérieures : Périphérie de la Dorsale européenne ( Bassin Parisien- Est de la France, Bavière, Basse saxe , Thuringe en Allemagne) , Communauté autonome de Madrid.
On peut également citer l’Irlande. Qui a attiré des capitaux étrangers et a développé sont industrie électronique.
A l’est.
Il s’agit des capitales nationales de l’est et des régions intégrées récemment proche de la dorsale européenne. Ces régions ont un rôle important car, elles bénéficient de délocalisations en provenance de régions occidentales. Elles attirent donc les IDE. ![]()
On observe donc un phénomène d’attraction vers l’est avec peut-être une migration du centre de gravité européen.
Une région nordique apparaît autour de la Baltique avec l'intégration des pays Baltes et de la façade maritime de la Pologne aux économies de la Finlande, de la Suède et du Danemark.
Une région centre-européenne se constitue autour de l'Allemagne et de l'Autriche avec, côté PECO (pays d'Europe centrale et orientale), la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie et en partie la Slovénie. Un observe ici un comme effet d'axe : d'une part vers les Balkans, en direction de la Turquie ; d'autre part, vers la Russie via la Pologne. Ces deux axes se rejoignent en Allemagne à hauteur de Francfort.
On a donc là une conséquence de l’élargissement sur l’organisation de l’espace européen.
Deux exemples : Riga en Lettonie est plus équipée en bornes WIFI que Paris par exemple.
Réactivation de la région transfrontalière entre l’Allemagne et la Tchécoslovaquie.
Les périphéries marginalisées ou espace ultrapériphériques.
A l’ouest. Ces espaces sont caractérisés par un faible peuplement et par une longue dominante agricole. Ce sont des espaces qui bénéficient des politiques d’aménagement du territoire et des fonds structurels européens.
Fonds structurels européens : Fonds financiers européens qui permettent d’aider les régions en difficulté.
Localisation : Sud-ouest français , intérieurs espagnol et portugais, Mezzogiorno italien , régions septentrionales de la Scandinavie, Est Allemand.
A l’est.
Ce sont des périphéries nouvelles issues de l’élargissement . Au total, l’ensemble des nouveaux pays membres de l’UE devront recevoir 80 % des fonds structurels d’aide au développement.
Localisation : 10 Nouveaux pays membres en dehors de leurs capitales et de leurs régions frontalières dynamiques.
Les régions ultramarines : Elles ont en commun d’être très éloignées des métropoles européennes et de souffrir d’une difficile mise en place du principe de continuité territoriale.
Conclusion : L’Union européenne n’est pas simplement divisée en trois zones ( la dorsale européenne, l’UE de l’ouest et l’UE de l’est) mais on peut distinguer trois types d’espaces : Les centres, les périphéries intégrées et les périphéries marginalisées, dispersés dans l’ensemble de l’Europe. De plus, on constate que l’espace économique de l’Union européenne est de plus en plus multipolaire. La carte des espaces économiques européens est donc plus complexe qu’il n’y paraît.
d) Elargissement et perspectives d’avenir.
L’intégration des nouveaux pays conforte donc les inégalités qui existaient déjà dans l’ensemble européen.
Le coût du développement de ces pays est élevé. Certains estiment que pour cela il sera nécessaire de tripler le budget de l’ Union européenne ( Aujourd’hui 1,27 % du PIB européen) pour permettre ce développement.
Par contre, l’intégration des 10 nouveaux pays permet l’extension du marché même si pour l’instant le pouvoir d’achat de leurs populations sont relativement faibles.
Conclusion :
La puissance économique de l’Union européenne est donc indéniable. Elle se manifeste de plusieurs façons. C’est un espace important de production de biens et de services, ses entreprises sont influentes dans le monde. C’est un pôle financier majeur. L’UE a en outre une place déterminante dans le commerce mondial. Cette puissance est cependant concurrencée par les autres pôles et par certains outils de leur puissance comme le dollar.
La contribution des espaces européens à la puissance de l’Union européenne est inégale. On distingue, en effet, des centres puissants et de dimension mondiale, des périphéries intégrées qui contribuent à la puissance européenne et des espaces marginalisés du fait de leur éloignement, de leur isolement ou de la crise qu’ils traversent. Ces disparités sont confortés par l ’élargissement de l’Union européenne qui entraîne l’intégration de régions en difficulté et en cours de conversion. Cependant, il serait caricatural de réduire les espaces issus de l’élargissement à cette seule situation. Certains comme les capitales des nouveaux pays s’intègrent bien dans l’espace européen voire mondial. Enfin, les 10 nouveaux adhérents peuvent renforcer le poids de l’Union européenne sur la scène internationale. Il s’agit maintenant de le vérifier dans d’autres domaines comme celui de la politique internationale où l’unité européenne est encore loin d’être réalisée.
Pour voir les croquis :
L'Europe dans le monde : image023.jpg
L'inégale contribution des territoires à la puissance européenne : image025.jpg
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04.02.2007
La mégalopole japonaise
Exercice
Pour télécharger le document Kobe.jpg
Le port de Kobé avant 1995.
Présentez le document.
Situez la ville de Kobé.
Décrivez plan par plan le document.
Pourquoi peut-on dire que ce paysage représente une interface ?
Quelles sont les contraintes qui apparaissent sur ce documents et les solution apportées en matière d’aménagement du territoire ?
Quelles sont les contraintes qui n’apparaissent pas sur ce document et dont pourtant la ville de Kobé a souffert ?
Proposez un croquis d’interprétation ( exemple celui réalisé pour la ville de Houston)
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02.02.2007
L’Asie orientale : une aire de puissance en expansion.
Pour voir une proposition de croquis : CARTO.2.PPT
L’Asie orientale (AO) est définie comme la façade orientale de l’Eurasie. Cependant, le programme fait rapidement apparaître des problèmes de définition du sujet en nous invitant à l’étude non seulement de la Chine littorale et de la Corée du Sud mais aussi de Taiwan, du Japon en négligeant la Russie orientale et l’Asie du Sud-est. L’espace limité par les instructions officielles comprend donc une façade littorale tronquée et des espaces insulaires.
Ce n’est pas la moindre des interrogations suscitées par le sujet. La puissance d’un Etat correspond à sa capacité d’influer sur les autres. Les critères de la puissance sont nombreux : l’ampleur du territoire et sa maîtrise, le poids démographique, l’influence stratégique et la force militaire , la richesse économique et financière, la capacité d’innovation technologique, le rayonnement culturel, linguistique, intellectuel ou idéologique. Une aire de puissance peut alors être définie comme un ensemble d’Etats ou de régions qui en combinant ces critères occupe une place prépondérante dans l’organisation géographique du monde. L’aire géographique définie plus haut correspond-elle à ces critères ?
Autre ambiguïté, l’AO est qualifiée d’aire de puissance en expansion. De quelle expansion s’agit-il ? S’agit-il d’une expansion économique ou spatiale ? Assiste-t-on à la combinaison des deux phénomènes ?
Les questions posées par ce sujet sont donc nombreuses.
Elles peuvent être résumées de la façon suivante :L’Asie Orientale est-elle vraiment une aire de puissance en expansion ?
Elles peuvent être schématisée de la façon suivante :
| Echelles | Notions | Unité | Puissance | Expansion |
| Locale Les différentes régions des Etats de l’AO.
| Les espaces de l’AO sont-ils homogènes ? | Quels espaces régionaux contribuent à la puissance de l’AO ? | Quelles sont les conséquences territoriales de l’expansion ? | |
| Régionale Aire de l’Asie orientale. | Toutes les Etats de l’ AO connaissent-ils une expansion ? Quels sont les pôles majeurs de l’AO ? Quels sont les espaces périphériques ? | Quels sont les facteurs endogènes, internes de la puissance de l’AO ? Quels sont les pôles d’impulsion du développement de l’AO ? Comment se manifeste la puissance de l’ AO ? Quels flux animent l’AO ? | Sur quelle aire s’étend l’expansion économique de l’AO ? L’expansion économique connaît-elle des limites ? | |
| Mondiale L’AO et le reste du monde. | L’AO constitue-elle une aire de puissance par rapport au reste du monde ? Concurrence-t-elle l’Europe et les Etats-Unis ? Existe-il une construction régionale dans l’AO ? | Quels sont les facteurs exogènes, externes de la puissance de l’AO ? | Quelles sont les conséquences dans un espace économique mondialisé de l’expansion de l’Asie pacifique ? | |
En répondant à ces questions, on parvient à répondre à la problématique du sujet.
I Les facteurs de puissance de l’Asie orientale. Diversité des facteurs, des phases et des foyers. (12 p 219)
Quels sont les facteurs endogènes, internes de la puissance de l’AO ?
Quels sont les pôles d’impulsion du développement de l’AO ?a) Les facteur endogènes. -Des pôles anciens de développement. La Chine un foyer de civilisation ….. La Chine « Pays du Milieu » a étendu son influence sur la quasi totalité de la zone. Au 18ème siècle, l’empire connaît son extension maximale (Tibet, Mongolie Corée, Indochine). Dans l’Asie sinisée qui correspond en gros à l’Asie orientale sont diffusés l’écriture idéographique, des modèles urbains, la baguette, le confucianisme, le bouddhisme Mahayana « Grand véhicule ». Lorsqu’elle devient communiste en 49, elle entend son nouveau modèle en Asie ( VietNam, Corée du Nord, Laos) L’émigration chinoise. Certains la qualifie de diaspora mais le terme est impropre. Cette émigration représenterait en Asie orientale, 25 millions de personnes. Ils représentent 30% de la population en Malaisie. Ces chinois « d ‘outremer » contribuent à la croissance asiatique car ils entreprennent beaucoup et constituent des réseaux commerciaux et financiers très efficaces. ……relayé par le Japon. Le Japon s’est d’abord affirmé comme une puissance expansionniste de la fin 19ème à 1945. ( Sakhaline, Kouriles, Taiwan , Corée, Mandchourie, Chine). Pendant la seconde guerre mondiale fut constituée une sphère de co-prospérité qui s’étendait jusqu’en Asie du Sud-est. Au sortir de la 2nd GM, le Japon est affaibli et dépendant des Etats-Unis.
Il connaît ensuite un développement rapide selon un processus qui s’est ensuite imposé comme un modèle dans d’autres pays d’Asie. C’est la théorie du vol des oies sauvages : Années 50 : importation des matières premières et des technologies (rôle important de l’Etat, aide américaine) Années 50 et 60 : développement de l’industrie locale essentiellement une industrie de base, satisfaction de la demande intérieure. Années 60, 70 et 80 : développement des exportations d’abord vers les pays du tiers-monde, puis vers les pays développés grâce à une augmentation de la VA. Années 70, 80 et 90 : délocalisation d’industries d’abord vers les pays ateliers du sud-est asiatique puis vers les marchés fermés des pays développés ( EU, UE). (8 p 217) Remarque progressivement on assiste dans l’industrie de ces pays là à processus de remontée des filières de production. Le processus s’amorce dans les années 60, chez les « Quatre Dragons » ( Taiwan, Corée du Sud, Hongkong, Singapour). Par exemple, Mitsubishi implante dans les années 60, le premier chantier de construction navale en Corée. Ce pays est devenu ensuite leader mondial dans ce domaine. Le modèle se diffuse ensuite, dans les années 70 chez les « Bébés Tigres » ( Thaïlande, Malaisie, Indonésie, Philippines). Aujourd’hui, le rôle du Japon en AO se confirme puisqu’il est le premier donateur de l’aide au développement. C’est aussi le premier investisseur. Mais le Japon investit moins en Asie 20,7% qu’aux Etats-Unis 39% ou en Europe 33%. (1999).
La Chine et le Japon se sont relayé finalement dans le rôle de pôle dominant et moteur en AO. Dans la deuxième moitié du 20ème siècle, le développement a concerné le Japon puis Hong Kong, la Corée Taiwan et enfin, les « Bébé Tigres » . On serait donc tenté de ce point de vue là d’élargir la définition géographique de l’AO. Dans le processus de développement, il faut noter au Japon , à Taiwan, en Corée du Sud et en Chine l’importance de l’Etat qui est souvent à l’origine des modes de développement.
-Des populations nombreuses dont la croissance est maîtrisée et les besoins alimentaires satisfaits. Le poids démographique de l’AO est élevé. Deux milliards d’hommes habitent les Etats riverains de l’Asie de l’est mais si on ne s’intéresse qu’aux régions littorales où elle est concentrée ( p 212), cette population représente 700 millions de personnes. Il convient de noter que la croissance de cette population qui a longtemps été forte est désormais maîtrisée. La transition démographique est désormais réalisée dans la plupart des pays suite à des politiques plus ou moins volontaristes ( lois eugéniques au Japon 1948 , politique anti-nataliste en Chine). On peut distinguer deux ensembles de pays (Japon , Corée du Sud, HongKong, Singapour, Taiwan, Chine : ISF< ou = à 1,8) ; ( Philippines, Malaisie, Thaïlande, Vietnam, Indonésie : ISF> 2,1).
Cette population est une ressource majeure dans la puissance asiatique. Dans les « Bébés Tigres » et en Chine , le coût de la main d’œuvre est le principal atout . Au Japon et chez les quatre dragon,s la main d’œuvre est très qualifiée mais souvent très chère. Le coût de la main d’œuvre est plus élevé au Japon qu’en France, par exemple. Pour qu’une forte population ne soit pas un handicap, il faut que le préalable agricole soit d’abord réglé.
Ces régions du monde connaissaient depuis le néolithique des systèmes de mise en valeur agricole efficaces basés sur la maîtrise de l’eau et le développement de techniques améliorantes obtenant de hauts rendements. C’est le cas de la riziculture inondées qui a permis une double interaction : les hauts rendements ont permis de nourrir des populations nombreuses. Cette population nombreuse a constituée la main d’œuvre nécessaire à cette agriculture exigeante.
Ces techniques de production furent par la suite améliorées. Tous les pays d’AO ont connu après la seconde guerre mondiale, une Révolution agricole. Elle a eu lieu dans les années 50 en Corée, dans les années 60 en Indonésie et en Chine dans la fin des années 60. Ainsi, tous les pays de l’AO sont en situation de satisfaction des besoins alimentaires de leurs populations.
La population est donc un facteur de puissance partagé dans l’AO, d’autant plus que les problèmes de satisfaction des besoins alimentaires sont dans l’ensemble réglés. -Des ressources naturelles importantes et exploitées. Certes, le Japon est pauvre en ressources naturelles , mais il convient de rappeler que la Chine est le premier producteur mondial de charbon, et que l’Indonésie est riche en hydrocarbures. Elle se classe au 5ème rang mondial pour la production de pétrole. L’AO peut donc aussi compter sur d’autres ressources que les ressources humaines. En dehors du Japon, les sous-sols sont riches. b) les facteurs exogènes. Quels sont les facteurs exogènes, externes de la puissance de l’AO ? Quelles sont les conséquences dans un espace économique mondialisé de l’expansion de l’Asie pacifique ? De l’imitation à l’innovation : Dans les années 50 et dans les années 60, effectivement les pôles de puissance asiatiques se sont développés en imitant les technologies occidentales. Mais ces technologies et ces techniques ont souvent été améliorées et dépassées. Pour prendre un exemple, le développement Japonais a d’abord reposé sur le recours au Fordisme puis les entreprises japonaises ont mis au point le Toyotisme qui fut lui même diffusé.
Aujourd’hui, Taiwan, le Japon ou la Corée sont des pôles d’innovation avancée. ( Hsinchu à Taiwan- Tsukuba au nord-est de Tokyo[6 p 234]) (Technologies de la communication, du multimédia) De l’aide à la compétition : Les Etats-Unis ont joué un rôle important dans le développement des Etats non communistes de l’Asie orientale. Il s’est agi d’une aide au développement puis d’investissements contribuant à la diffusion du modèle américain. Il faut noter que le modèle américain a connu à partir des années 50 un grand succès au Japon et dans les 4 Dragons. Aujourd’hui encore, l’AO reçoit de nombreux investissements en provenance des Etats-Unis mais aussi d’Europe. Mais ces IDE ne se répartissent pas de façon homogène. Ainsi la Chine, et plus particulièrement la Chine littorale, est la bénéficiaire de la plupart de ces investissements. Il faut noter également que les pays d’AO investissent aux E-U et en Europe. Le Japon et la Chine, par exemple, sont les deux premiers investisseurs étrangers dans les bons du Trésor américain. De la sorte, ils contribuent grandement au financement des déficits des Etats-Unis. Désormais, les Etats de l’AO, les EU et les pays de l’UE sont concurrents. Des différends commerciaux ont souvent opposé les États‑Unis et l'Union européenne au Japon dans les années 80 et 90.
Les technologies, les capitaux ont permis l’émergence économique de l’AO. Les pays de l’AO ont fait leurs ces facteurs de croissance et de puissance. Face aux autres aires de puissance américaine et européenne, les pays de l’AO sont donc désormais des partenaires-concurrents.
II Les dénominateurs communs de la puissance de l’AO. Comment se manifeste la puissance de l’ AO ? a) Une croissance économique en question. (2 p 215) L’AO constitue-elle une aire de puissance par rapport au reste du monde ? Toutes les Etats de l’ AO connaissent-ils une expansion ? L’expansion économique connaît-elle des limites ? Des croissances exceptionnelles. On observe, en effet, des croissances exceptionnelles. La Chine a connu pendant des années des rythmes de croissance deux fois supérieurs à ceux de la France pendant les Trente Glorieuses. Croissance moyenne du PNB/ht 1990-2000 : 8.8% Dans les années 90, le Vietnam a connu pendant plusieurs années une croissance supérieure à 10 % par an. Croissance moyenne du PNB/ht 1990-2000 : 6% Ces croissances exceptionnelles confortent l’image d’une Asie orientale en expansion.
Des croissances inégales. Il y a des pays dont la croissance est modérée. On peut distinguer de ce point de vue là deux catégories de pays : Les pays avancés : Corée du Sud , Singapour. Les pays les plus pauvres : Philippines, Cambodge.
Dans l’aire orientale, le rythme de la croissance est donc inégal. Il donc difficile de parler d’ aire de croissance uniforme. Un poids économique inégal. Ainsi le Japon est aujourd’hui un des pôles majeurs de la triade en réalisant par exemple 15% du commerce mondial et 6% du commerce mondial. La Chine semble être aujourd’hui la quatrième puissance industrielle dans le monde.
Des croissances compromises. ( p 221) Depuis 1991, le Japon connaît un marasme économique profond dont il peine à sortir.
De plus, la crise financière et économique a frappé de plein fouet l’Asie capitaliste. La Thaïlande, la Malaisie, l’Indonésie (pays en décollage) sont les plus touchés. La Corée du Sud, le Japon, la Chine le Vietnam, HongKong, Taiwan et Singapour sont relativement moins touchés.
On peut distinguer plusieurs catégories de causes. Causes conjoncturelles : - Bulles spéculatives ( éclatent en 90-91).
Catastrophe naturelle (Kobé 95 9 p 237). Placements douteux ( banques japonaises) Dérèglement monétaire ( origine Thaïlandaise de la crise de 97-98). Causes structurelles : - Endettement public.
Crise des débouchés. Crise du système productif. La Chine et le Vietnam ont été relativement épargné par la crise de 97-98 mais les limites de la croissance chinoise commencent à apparaître. Par exemple, dans le domaine social, les salariés n’acceptent plus les conditions de traitement et dans la zone franche de Shenzhen cette année une longue grève a permis une augmentation des salaires de 170 % pour atteindre 30 euros mensuels. Enfin, on peut enfin s’interroger sur les conséquences du tsunami sur l’économie de l’Indonésie.
Les crises asiatiques, les catastrophes peuvent donc remettre en cause l’image d’une aire en expansion économique.
b) Intégration économique et dynamiques de développement régional. Quels flux animent l’AO ? Sur quelle aire s’étend l’expansion économique de l’AO ? D’importants flux de marchandises animent cette zone. Elle est caractérisée par un niveau élevé d’intégration commerciale. Ces pays échangent entre eux des matières premières ( Le Japon achète du bois d’Asie du Sud-est, du pétrole indonésien raffiné à Singapour) et des produits semis finis ( composants , produits pétrochimiques intermédiaires). Les produits finis sont destinés aux pays industrialisés.
Ainsi, en 2000, 49 % des exportations des pays asiatiques furent réalisés en Asie orientale.
Des routes maritimes au trafic intense. Le principal axe quitte l’océan pacifique, gagne la mer de Chine méridionale par les détroit s de Luçon et de Taiwan et rejoint enfin l’océan Indien par le détroit de Malacca. Ceci explique l’importance de ports comme Kaohsiung à Taiwan, et surtout de Singapou,r premier port mondial.
Pour donner une idée de l’intensité du trafic, l’Asie Orientale représente 40 % du trafic de conteneurs dans le monde. On observe également d’importants flux de capitaux. Taiwan par exemple investit beaucoup en Chine notamment dans la région du Delta des Perles. Singapour est la première place financière de l’Asie du Sud-Est. Des flux migratoires animent également l’AO : En Chine, il s’agit d’une immigration interne en provenance des régions intérieures. Une part de ces populations n’étant pas inscrite officiellement et installée dans les agglomération des provinces littorales, elles sont qualifiées de « flottantes » par les autorités. Le phénomène d’immigration en provenance de Corée du Nord reste mineur compte tenu de la population chinoise. Au Japon, les immigrés proviennent généralement d'Asie (Corée, Chine, Philippines). Il faut compter également l’arrivée de nikkeijin descendants des émigrés japonais du Brésil ou du Pérou. Les flux qui animent l’AO sont donc nombreux. Ils concernent un espace qui s’étend largement au delà de la Chine littorale, du Japon, de la Corée du Sud , de Singapour et de Taiwan. L’ Asie orientale est donc une aire de développement à la fois interdépendante et ouverte sur le monde caractérisée par des courants d’échanges intra-régionaux.
III Les disparités régionales de l’Asie orientale : une inégale contribution des régions à la puissance de l’AO. a) les déséquilibres territoriaux. Les espaces de l’AO sont-ils homogènes ? Quels espaces régionaux contribuent à la puissance de l’AO ? Toutes les régions des Etats de l’Asie orientale sont-elles concernées par l’expansion ? 3 exemples :
Le cas chinois. - Les politiques maoïstes du « grand bond en avant » (1958) et de la « révolution culturelle » (1966-1979) prétendaient corriger le déséquilibré entre 1e littoral et 1’intérieur . Ce fut cependant un échec. A partir de 1979 la politique d'ouverture aux capitaux étrangers ne concerne que les côtes ou des ZES sont créées.
ZES : Zones économiques spéciales: Zones économiques côtières ouvertes par la Chine communiste aux investissements étrangers . Les entreprises étrangères y bénéficient du faible coût de la main d’œuvre et d’une fiscalité avantageuse . Entre 1980 et 1992, d’autres villes et d’autres régions vont être ouvertes d’abord sur le littoral puis à l’intérieur. - 3 Chines peuvent être distinguées : La Chine fermée, en réserve, les provinces de l’ouest. 56 %de la superficie, 11 % de la population, 7 % du PIB, 1 % des IDE. Elle est faiblement peuplée par des minorités nationales. Les autorités souhaitent développer ces régions stratégiques dont le sous-sol est riche. Constitution d’un front pionnier. La Chine en développement, les provinces du centre, la Chine intérieure. 30 % de la superficie, 48 % de la population, 34 % du PIB, 11 % des IDE.
C’est une Chine assez densément peuplée à double vocation primaire et industrielle. La Chine ouverte, la Chine littorale, les provinces côtières, la Chine développée. 14 % de la superficie, 41 % de la population , 59 % du PIB, 88 % des IDE.
C’est la Chine la plus développée, la plus dynamique et la plus attractive pour les migrants de l’intérieur et pour les capitaux étrangers. Elle s’organise en trois pôles. -Les 3 pôles dominant de la Chine littorale : Pékin- Tianjin : le centre politique du « Pays du Milieu ». Autour de la capitale (7,5 millions d'habitants), une ensemble très peuplé 25 millions d’habitants et urbanisée (50 % la population). C’est un espace majeur ( 12 % du PIB de la Chine), au développement ancien (Tangshan ,ville née du charbon est en reconversion) qui doit devenir avec les jeux olympiques de 2008, et les aménagements urbains qui les accompagnent, la vitrine de la Chine nouvelle. Shanghai: la tête d’un nouveau dragon ? Projection de l’extrait de Thalassa. Au débouché du Yangzi, La ville (14 millions d'habitants) la plus moderne et la plus dynamique de Chine. (25 % du trafic portuaire de la Chine en fret, 25 % du trafic conteneurs, 6 % du PIB de la Chine. C’est une ville qui se modernise à grande vitesse ( quartier d’affaire de Lujiazui, dans la zone du Pudong, l'Exposition universelle de 2010) Le delta de la rivière des Perles. Ce delta est une « aire économique ouverte » multipolaire (Hong Kong, Canton, Shenzen , Macao). Il regroupe 25 millions d'habitants et réalise 12 % du PIB chinois. Cet espace entretient des relations très privilégiées avec Taiwan. Taiwan : voir Ensemble documentaire. La mégalopole Japonaise : voir leçon suivante. Grâce à ces trois exemples, on observe d’abord l’existence de profonds déséquilibres entre les différentes régions des pays de l’AO. Les espaces qui contribuent à la puissance des Etats sont le plus souvent littoraux. Là, comme ailleurs dans le monde, les processus de littoralisation et de métropolisation se confirment. Il existe enfin des périphéries plus ou moins intégrées.
b) Aménagements du territoire. Les problèmes posés par l’organisation de ces territoires suscitent des politiques ou des projet destinés à aménager le territoire. Quels sont les enjeux de ces aménagements ? 3 enjeux : Maîtriser l’espace, ces atouts et ses contraintes. Les pays d’Asie orientale sont confrontés à des contraintes naturelles, séismes, excès climatiques, immensité, insularité . Ils ont également des ressources à exploiter. Des infrastructures sont donc mises en œuvre pour tenir compte de cette situation. Le Barrage des Trois Gorges sur le Fleuve Yangzi ( 3ème au monde) a quatre objectifs : produire 85 milliards de KWh , améliorer la voie navigable pour conduire des navires de 10 000 tonnes au cœur de la Chine, protéger les habitants en aval du fleuve par le stockage des débits de crue, transférer 40 Km3 d’eau vers les régions du nord. Les interrogations sont nombreuses sur ses conséquences sur l’environnement.
Les infrastructures japonaises. Pour réduire les problèmes liés à l’insularité ont été crées un pont de 10 km entre Honshu et Shikoku ( 3 p 233). Des portes anti-tsunamis équipent certains ports japonais. Contrôler la croissance urbaine et gérer l’exiguïté. Il est possible d’évoquer sommairement deux attitudes, l’une qui consiste à créer des terre-pleins, l’autre qui encourage le desserrement des activités vers la périphérie proche.
On peut distinguer : les terre-pleins industriels
Ces terre-pleins qu’il ne faut pas appeler polders ( ceux-ci sont sous le niveau de la mer) sont créés en amenant des matériaux prélevés dans les montagnes dans la mer afin de constituer des plate-formes industrielles. Les terre-pliens à vocation tertiaire du Japon.
On peut citer le cas de deux aéroports : le Kansai dans la baie d’Osaka, le nouvel aéroport Chek Lap KoK de Hong Kong le parc du Kasai à Tokyo ( 5 p 241)
L’encouragement au desserrement. Au Japon, l’Etat encourage le développement par implantation de technopôles ( plan Technopolis 1985-2000) par exemple de la périphérie proche de la mégalopole ( plaine du Kanto, Tokai, Kansai, nord Shikoku et Kyushu).
Notez le cas particulier de Singapour qui déplace la pauvreté ou les fonctions ingrates dans les espaces frontaliers (Johore, archipel de Riau). Equilibrer l’organisation du territoire. Voir le plan de développement de Taiwan. En Chine, les autorités ouvrent désormais les provinces intérieures et cherchent à développer un axe ferroviaire à grande vitesse entre Pékin et Shenzhen en passant par ces mêmes provinces.
Conclusion : A l’échelle régionale, les politiques des autorités cherchent donc à corriger les déséquilibres au profit des périphéries. Il y a donc une volonté d’étendre le développement aux régions le plus souvent intérieures.
IV Une difficile construction régionale .
a) Une AO fragilisée par des tensions internes. Il y a en effet dans cette région du globe des tensions inter-étatiques et des facteurs d’insécurité. Il y a d’abord des conflits internes. Résistance des Ouighours dans le Xinjiang et des Tibétains en Chine , mouvements séparatistes en Indonésie ( Aceh, Kalimantan, Irian Jaya). Il y a aussi des conflits inter-étatiques territoriaux.
Pour citer quelques exemples : Conflits frontaliers : (Chine - Vietnam, Corée du Nord - Corée du Sud, Thaïlande - Laos, Thaïlande- Cambodge, Indonésie-Malaisie) Territoires disputés : Kouriles ( Russie-Japon), Takeshima - Tok Do (Japon -Corée du Sud, Senkoku- Dai Yu Tai (Japon , Taiwan, Chine) îles Paracel (Chine –Vietnam), îles Spratly Chine – Vietnam, Brunei, Malaisie, Taiwan, Indonésie) Cette région est enfin caractérisée par des actes de piraterie : 247 en Asie en 2003, 121 le long des côtes indonésienne. On peut, pour résumer, distinguer trois zones de tensions majeures : la péninsule coréenne, le détroit de Taiwan et la mer de Chine. Les puissances géostratégiques : Le Japon a longtemps limité son rôle géopolitique après la seconde guerre mondiale. L’article 9 de la constitution lui interdisait l’usage de la force pour régler les problèmes internationaux. Ce pays change désormais d’attitude. Son armée désignée comme une force d’autodéfense peut être considérée comme la 4ème armée au monde. Des troupes japonaises ont participé à la coalition en Irak. Désormais, l’Etat-major Japonais considère que le premier ennemi potentiel est la Chine.
La Chine : c’est une puissance nucléaire et l’une des forces de son armée repose sur l’importance de ses effectifs. Dans ce domaine, elle apparaît comme la future grande puissance. Les Etats-Unis jouent aussi dans la région un rôle important. La 7ème flotte américaine est prête à défendre dans la région les intérêts du Japon , de Taiwan et de la Corée du Sud. Dans ce contexte, l’unité de cette région du globe semble hypothétique. Pourtant des tentative de construction régionales apparaissent.
b) Les tentatives de constructions régionales Existe-il des organisations régionales dans l’AO ? On peut évoquer l’ASEAN, Association des Etats du Sud-Est asiatique ,créée en 1967 dans le contexte de la guerre froide. Elle réunit Brunei, le Cambodge, l’Indonésie, le Laos, Myanmar ( Birmanie), la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le Vietnam. La Chine est associée aux négociations mais à l’origine l’ASEAN a été construite en opposition à la domination Chinoise. A terme, en 2010-2015, il est envisagé de créer une vaste zone de libre échange associant les pays précédemment cités à la Chine, au Japon et à la Corée du Sud. AFTA ( Asian Free Trade Area). L’APEC, Coopération Economique de l’Asie Pacifique, associe tous les pays de notre ensemble à l’Australie, aux Etats-Unis, à la Russie, au Canada , au Mexique et au Chili. C’est une organisation informelle qui permet entre autres aux E-U d’affirmer le leadership dans la région. L’AO est donc concernée par plusieurs expériences de construction régionale dans le domaine économique, mais il n’y a pas dans l’AO d’intégration politique comme dans l’Union européenne. De plus aucune de ces organisations n’a une identité correspondant exactement à l’aire de l’Asie orientale.
Conclusion générale : L’Asie orientale est-elle véritablement une aire de puissance en expansion ? La réponse à cette question est donc loin d’être simple et unilatérale : A l’évidence, les Etats de cette région du globe ont connu des développements et des croissances rapides selon au moins deux modèles qui en font des partenaires-concurrents de poids face aux deux autres aires de puissance majeures : l’Europe et les Etats-Unis. On constate également que cette aire connaît une expansion spatiale réelle vers d’autres régions et d’autres Etats. On est à ce sujet tenté d’élargir la définition de l’Asie orientale aux pays de l’Asie du Sud-Est qui connaissent un développement rapide.
Seulement, nous avons démontré que l’Asie orientale est loin d’être uniforme. Les rythmes de croissance sont inégaux et on peut distinguer trois pôles majeurs : Le Japon, seconde puissance économique mondiale dont le système est aujourd’hui remis en cause, mais qui continue à dominer économiquement la région. Singapour centre financier et nœud de communication majeur.
Les régions littorales chinoises qui attirent des capitaux du monde entier et qui concurrencent désormais le Japon.
Il convient de noter également l’existence, malgré des politiques volontaristes d’aménagement du territoire de fortes disparités régionales internes aux Etats de l’AO. Il est vrai que l’intégration économique dans cette région du monde est forte. Les flux de natures diverses sont nombreux, les échanges importants. C’est d’ailleurs dans le domaine économique que s’amorce une construction régionale. Mais l’AO reste divisée par d’importants conflits géopolitiques. On peut donc en Asie orientale être partenaires économiques et ennemis potentiels.
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14.01.2007
Qu'est ce que l'Europe rhénane ?
Introduction :
L'Europe rhénane est constituée par l'ensemble des pays et des régions du nord de l'Europe occidentale traversés par le Rhin. Elle concerne donc 9 états ( Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, France, Allemagne , Autriche, Suisse, Liechtenstein) pour être plus précis deux régions françaises ( Lorraine et Alsace), 20 cantons suisses et 5 landër allemands ( Rhénanie du Nord Westphalie, Rhénanie-Palatinat, Hesse, Bade-Wurtemberg, Sarre). Elle représente également une superficie de 237 491 Km2.
Problématique :
Malgré ce morcellement, on peut se poser la question de savoir ce qui fait l'unité de l'Europe Rhénane et de ce qui la distingue des autres espaces européens ? Cette particularité repose-t-elle, par exemple, sur la contribution de ce cœur économique à la puissance de l'UE ? Compte tenu de sa position et du nombre des Etats qui la constitue, on peut se demander également si cette dorsale est une interface maritime et terrestre active ?
Enfin, on peut s'interroger sur l'organisation de cet espace. Comment est-il structuré ? Est-il homogène ? Est-il continu ?
I Une artère majeure en Europe.
a) Un axe fluvial à l'origine.
Le Rhin et les fleuves du bassin rhénan ont très tôt canalisé les trafics des régions qu'ils traversaient.
Le Rhin qui est long de 1380 km, n'est navigable que sur 883 km (embouchure - Bâle)mais par des convois de 3000 à 16000 tonnes. C'est la première voie de communication de l'Europe occidentale. Le trafic sur le Rhin a atteint, en effet, 324 millions de tonnes en 2001
Sur ce fleuve, 30000 bateaux circulent chaque année. L'essentiel des marchandises transportées est constitué par les produits de l'industrie lourde vers l'amont et par les matériaux de construction (sables, graviers) vers l'aval. Le transport de conteneurs représente 1,43 million d'EVP.
EVP : équivalent vingt pieds. Unité de charge correspondant à un conteneur de 6 mètres de long et d'une capacité de 20 tonnes.
Cet axe est complété par les autres voies d'eau du bassin hydrographique rhénan comme la Meuse. Au total, le bassin hydrographique rhénan représente 180000 km2.
Bassin hydrographique : territoire drainé par un cours d'eau et l'ensemble de ses affluents.
Des ports majeurs.
Duisburg en Allemagne est le premier port fluvial mondial avec un trafic supérieur à 50 millions de tonnes de marchandises.
Karlsruhe, Cologne, Ludwigshafen, Strasbourg, Mulhouse-Ottmarsheim, Colmar-Neuf Brisach, Bâle (15 % du commerce extérieur Suisse) sont les ports secondaires.
Certains de ces ports comme Duisburg constituent des plates-formes multimodales
Plate-forme multimodale : Plate-forme qui associe plusieurs modes de transport, maritime, fluvial, ferroviaire, routier, réunis dans un même lieu (port, aéroport)
b) C'est aussi un axe de communication complet.
L'axe fluvial est en effet complété par des axes terrestres parallèles.
Ainsi, les autoroutes parallèles au Rhin entre Mannheim et la Ruhr supportent un trafic supérieur à 70000 véhicules par jour.
Plus de 200 trains de marchandises et autant de voyageurs longent quotidiennement le fleuve. Conclusion : L'axe rhénan est donc un axe majeur européen d'orientation méridienne qui relie l'Europe méditerranéenne à l'Europe du Nord-Ouest. Comment expliquer le dynamisme de cet axe de communication ? II Le cœur de la puissance européenne.
L'intensité du trafic de l'axe rhénan s'explique, entre autres, par le fait qu'il draine une région riche, active et densément peuplée qui constitue un centre économique de l'Europe Occidentale. a) Une puissance économique ancienne.
L'urbanisation et le développement économique de l'Europe rhénane est ancien. On peut distinguer au moins deux grandes phases :
- Le Moyen-Age qui correspond à une phase de développement du commerce dans les villes flamandes et les régions de la ligue hanséatique.
Ligue hanséatique : ligue de marchands réunissant des marchands de l'Europe germanique et de l'Europe du nord.
-Le XIXéme siècle, au cours duquel se poursuit l'urbanisation dans le contexte de la Révolution Industrielle.
b) Une concentration de population et de villes.
Un peuplement fort.
Le développement économique a profité d'un peuplement dense et celui-ci a lui-même permis un peuplement fort. Les densités sont en effet élevées. Elles sont régulièrement supérieures à la moyenne européenne ( 117 habitants au Km2) avec, par exemple, pour la Rhénanie du Nord-Westphalie une densité moyenne de 531 habitants au Km2.
Un semis urbain d'une exceptionnelle densité.
Aujourd'hui avec 75 agglomérations de plus de 500000 habitants dans un espace trois fois plus petit que la France,
Des concentrations urbaines.
Elle constitue une partie de la mégalopole qui s'étend de Londres à Milan.
Mégalopole : aire urbaine géante en général de plus de 10 millions d'habitants plus ou moins continue aboutissant à une exceptionnelle concentration de personnes, d'activités et de pouvoirs.
On observe également la formation de plusieurs conurbations.
Conurbation : région urbaine comprenant plusieurs villes dont les banlieues se rejoignent.
On peut en donner au moins deux exemples : la conurbation Rhin-Ruhr en Allemagne. La fusion des grandes agglomérations de Düsseldorf-Münchengladbach -Wuppertal et de Cologne-Bonn a formé une conurbation d'environ 10 millions d'habitants et de 89 communes.
La Randstad Holland ( conurbation de Hollande) aux Pays-Bas qui réunit les villes de Amsterdam, Rotterdam, La Haye, Utrecht, Leyde, Delft.
La constitution d'un réseau de métropoles.
On trouve dans l'Europe Rhénane un grand nombre de métropoles.
Métropole : pôle urbain majeur doté de fonctions de commandement et d'activités de niveaux nationale et international et exerçant un rayonnement sur un vaste territoire.
Ces métropoles concentrent des fonctions économiques et politiques.
Exemples : Des centres politiques de dimensions nationales (Bruxelles, Luxembourg, Amsterdam) et européennes [Bruxelles ( commission européenne et sessions du parlement européen), Strasbourg (parlement européen) Luxembourg ( cour de justice et secrétariat permanent de l'UE)] et internationale (Bruxelles (OTAN) , Genève ( une des capitales de l'ONU avec New York, Nairobi et Vienne), La Haye (Tribunal international de l'ONU)
Des centres économiques majeurs. ( Zurich, Francfort, Amsterdam, Anvers, Bruxelles, Luxembourg) sont des métropoles financières majeures.
Ces métropoles forment un réseau urbain polycentrique relié par de nombreuses voies de communication et par des flux de capitaux, de biens de services et d'informations.
c) Un espace qui contribue à la puissance européenne.
La grande intensité de l'activité industrielle.
Grâce à la présence de gisements minéraliers et houillers on trouve dans cette région d'importants bassins industriels comme la Ruhr, la Sarre et la Lorraine.
Ces bassins où se sont pendant longtemps développés des industries comme la sidérurgie, le textile et la chimie lourde, connaissent d'importantes crises et sont en cours de reconversions.
L'Europe rhénane reste cependant un espace industriel majeur dans le domaine de la mécanique, de la chimie et de la haute technologie avec les sièges de grandes entreprises comme BASF, Mercedes (Stuttgart) .
C'est donc aussi un espace d'une grande richesse, les pays du BENELUX, la Suisse, les régions rhénanes d'Allemane et de France représenteraient 30 % du RNB de l'Union européenne ( attention la Suisse ne fait pas partie de l'UE). Conclusion : L'Europe Rhénane est donc bien un cœur économique qui contribue à la puissance de l'Union européenne, qui concentre également richesse et population.
Ce cœur économique est le lieu d'échanges nombreux et constitue l'arrière-pays d'une façade maritime très puissante. III Une zone de contact majeure en Europe
a) De nombreux nœuds de communication et une interface terrestre active.
L'Europe rhénane est depuis longtemps marquée par de nombreuses frontières. Le Rhin lui-même a pu constituer l'enjeu de conflits majeurs ( rappeler sur ce thème, les assurances d'Hitler à Daladier à la veille du second conflit mondial). Aujourd'hui l'Europe Rhénane est une interface terrestre active marquée par de nombreuses relations transfrontalières.
Les grandes métropoles sont reliées par des réseaux de communication transfrontaliers.
Le Thalys (TGV) par exemple, relie Paris ( Hors Europe Rhénane), Bruxelles, Amsterdam ou Cologne.
On voit également émerger des régions économiques transfrontalières comme la SAR-LOR-LUX ( Sarre-Lorraine-Luxembourg) ou la regio Balensis ( Bâle-Mulhouse). On peut évoquer aussi la région Trirhena a cheval sur l'Allemagne, la France et la suisse.
Les mouvements pendulaires transfrontaliers de main d'œuvre sont nombreux de la France vers l'Allemagne et la Suisse, par exemple. ( Ne parlez surtout pas de migrations journalières, c'est un contre sens).
On trouve de part et d'autre de cette Europe Rhénane de nombreux nœuds de communication
Francfort est le premier carrefour autoroutier allemand. A Francfort se croisent, en effet, l'axe Hambourg-Bâle et l'axe Bonn-Berlin.
En Suisse, Bâle est également un point de rupture de charge majeur en amont du Rhin.
Francfort est le premier aéroport européen pour le fret et le deuxième pour le transport de passagers.
Enfin certains de ces nœuds de communication sont partagés. C'est la cas de l'Aéroport international de Bâle-Mulhouse.
C'est également une zone ouverte sur ses espaces périphériques.
On peut en donner deux exemples grâce aux transports. En effet, le nord-est de la France par la Meuse et l'Europe Danubienne par le canal Rhin-Main-Danube sont reliés à l'Europe rhénane.
Cependant, malgré le développement d'infrastructures de ferroutage et de franchissement ( St Gothard, Simplon) en Suisse, on note tout de même que cette dorsale est moins ouverte au sud du fait des contraintes liées au relief qu'au nord où elle bénéficie d'une façade maritime importante. b) Au nord, une interface maritime ouverte sur le monde.
Du Havre en France ( Hors Europe rhénane) à Hambourg en Allemagne, l'ensemble des ports constitue le Range nord-européen. Le long de ce range sont transbordés 600 million de tonnes de marchandises chaque année. On a donc là l'une des façades maritimes les plus actives au monde.
Les facteurs de ce dynamisme sont multiples :
Un arrière-pays ou hinterland riche, peuplé et productif qui importe et exporte beaucoup.
Un arrière-pays drainé par des axes de communication majeurs donc l'axe rhénan constitue la colonne vertébrale.
Une façade portuaire relié à l'axe maritime le plus fréquenté au monde.
Arrière-pays : (Hinterland) partie continentale en arrière d'un port maritime constituant son aire d'approvisionnement et de desserte.
Les principaux ports de la fenêtre maritime de l'Europe Rhénane sont les suivant :
Rotterdam : avec un trafic de 328 millions de tonnes, c'est le premier port au monde en concurrence ave Singapour. L'importation de pétrole représente 40 % de son trafic.
Anvers est le deuxième port européen avec 130 millions de tonnes de marchandises.
Amsterdam est le 5ème port européen.
Tous ces ports sont en concurrence pour servir un même arrière-pays : l'Europe rhénane. Conclusion :
L'Europe rhénane est donc un espace relativement homogène et quasi continu marqué par la densité de son peuplement et de son semis urbain. La mégalopole qui s'est ainsi constituée est également caractérisée par l'intensité de son activité économique. Cet espace est structuré par un axe majeur, l'axe rhénan, autour duquel s'est constitué un réseau de communication au maillage étroit reliant des métropoles de dimension nationale, européenne et mondiale. On constate que l'Europe rhénane est une interface très active plus ouverte au nord, à l'ouest et à l'est qu'au sud.
Proposition d'élargissement du sujet ( c'est le cas de le dire). Jusqu'en 2004, l'Europe Rhénane était grosso modo au cœur de l'Union européenne. L'élargissement à l'est de l'Union européenne peut-il avoir un impact sur le poids économique et politique de cet espace et peut il avoir des répercutions sur son organisation territoriale ?
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